‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessinsChapitre 154 sur 192 · L’ENFANT JÉSUS, SAUVEUR DU MONDE · texte numérisé non relu

L’ENFANT JÉSUS, SAUVEUR DU MONDE

La Haye. Collection Steengracht van Duivenvoorde. Panneau ovale. H. 59, L. 45,5.

e Christ enfant est assis sur un coussin rouge, posé sur un nuage clair, qui s’assombrit dans le bas du tableau. Autour de sa tête, le ciel est d’un bleu vif. Le Sauveur est tout nu ; une mince bande de toile blanche entoure un des bras ; les cheveux sont très blonds, le teint est rose et blanc, les chairs potelées. La main droite est levée, bénissant la terre; la main gauche repose sur le coussin.

Le tableau date de la première moitié de la carrière du maître, vers 1620. Il parut dans la vente Randon de Boisset (Paris, 1777), où il fut adjugé à Poulin pour la somme de 149g francs, et dans la vente Nogaret (Paris, 1780), où Donjeu l’acquit à 1200 francs.

Photographie : H. W. Wollrabe.

Cet enfant Jésus est gravé par S. a Bolswert, sans le nom de Rubens. Dans la petite estampe, l’enfant est en partie couvert d’une draperie et sa nain gauche repose sur le globe terrestre.

Il existe une gravure sans nom de peintre ni de graveur, décrite par Morhelm Schneevoogt (Histoire et allégories sacrées, n° 67), où l’enfant Jésus st représenté debout, une draperie sur le dos et sur les reins, l’une main levée t l’autre tenant le globe. Dans les nuages au-dessus et au-dessous de lui on oit de nombreuses têtes d’anges. Il n’y a point de raison pour admettre ette composition dans l’œuvre de Rubens.

184b L’ENFANT JÉSUS, SAUVEUR DU MONDE.

St. Pétersbourg. Galerie du duc de Leuchtenberg.

Panneau. H. 62,6, L. 48,7.

ne répétition de la même composition se trouve dans la galerie du duc de Leuchtenberg, à St. Pétersbourg. Waagen, en la mentionnant, dit que le coloris est d’une clarté éclatante, mais que la facture est n peu molle pour Rubens (1).

Gravure: V. S. (Histoire et allégories sacrées) 63, N. Muxel.

Smith (Cat. II, 798) mentionne encore un Sauveur du monde, vendu chez ihristie, en 1818, au prix de 235 guinées. Ce tableau, provenant de la ollection de M. Veluvi, aurait été peint pour le duc de Mantoue.

L’enfant Jésus embrasse St. Jean.

Le petit St. Jean, recouvert d’une peau d’agneau, la laine tournée en edans, a mis un genou en terre et croise les bras sur la poitrine, dans une ttitude de vénération pour l’enfant Jésus, debout devant lui. Celui-ci approche 1 bouche de celle de son jeune compagnon et porte les deux mains aux Dues de St. Jean pour le caresser. Le petit Jésus est tout nu, une draperie otte derrière sa tête et tombe jusqu’à terre. A côté de St. Jean, on voit sur

(1) WAAGEN : Die Gemaeldesammlung in der Kaiserlichen Ermitage \u St. Petersburg. '. 383.

le sol la croix et la banderole portant les mots : Ecce Agnus Dei qui tollit

peccata mundi. Son agneau se tient derrière lui. A côté du petit Jésus, le globe terrestre gît par terre. Dans un paysage que l’on voit du côté de St. Jean, on aperçoit un arbre.

La pose du St. Jean, le jet de la draperie de Jésus, la banderole avec l’ Agnus Dei : tout dans cette composition dénote un travail de Van Dyck.

Gravures: V. S. (Vierges) 8g, et (Allégories sacrées) 84, Goepfert (Dédicace: A S. A. S. Madame la princesse héréditaire Landgrave de Hessen-Darmstadt) ; (Vierges) go, Anonyme. Non décrit: Anonyme, de dimensions plus grandes que la précédente.

Le musée de Weimar possède un dessin de Rubens représentant l’enfant Jésus et St. Jean assis, se tenant embrassés étroitement.

i85. JÉSUS ET ST. JEAN JOUANT AVEC. UN AGNEAU.

Gênes. Palais Balbi.

Panneau. H. 85, L. 57.

u milieu du tableau, St. Jean, portant une toison de brebis autour de la ceinture, est monté sur un agneau qu’il tient par le cou.

L’enfant Jésus assis sur un tapis rouge, au pied d’un arbre et sous une paroi de rocher proéminente, pose la main sur la tête de l’agneau. La scène se passe dans un paysage : à droite, le roc en partie couvert de végétation ; à gauche, une échappée de vue sur le ciel, un arbre assez grand et quelques autres plus petits. A l’horizon reluit un chaud soleil.

Le tableau, de tonalité très fraîche et claire, est fort bien conservé.

Il existe de nombreuses répétitions de cette composition.

Le musée de Berlin en possède deux. La première, n° 771 (Panneau. H. 48, L. 60) ; la seconde, n° 776 (Toile. H. 114, L. i5o).

La galerie de Schleissheim, n° 684, en possède une troisième.

Dans la vente de la galerie du duc de Marlborough, une quatrième fut acquise par lord Ardilaun, à 5o liv. st.

Waagen en signale une cinquième dans la collection de M. Wombwell, dont il vante la composition agréable et l’exécution qui n’est pas sans élégance (1).

(1) WAAGEN : Treasures of art in England. II, 3o8.

En 1877, Madame veuve Chs Geerts en exposa une à Anvers ; M. Menke d’Anvers en possède une autre; deux autres encore sont signalées dans Combe Abbey, la résidence de lord Craven, et dans une collection particulière de Vienne (1).

La plupart de ces répétitions, œuvres de disciples ou d’imitateurs de Rubens, diffèrent par des détails de peu d’importance.

Gravures: Y. S. (Vierges) gi, C. Jegher (sur bois) ; 92, Anonyme (C. Galle exc.); g3, Anonyme (à l’eau-forte) ; 94, E. Thelot; g5, Anonyme (Gaspar Huberti exc.) Cette dernière planche est en hauteur, les autres en largeur. Le cabinet des estampes de la bibliothèque nationale de Paris possède une épreuve de la gravure de Jegher retouchée par Rubens.

Voir planche 66.

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