LA SAINTE FAMILLE
JÉSUS, MARIE, JOSEPH, STE. ANNE
(L’enfant Jésus debout sur les genoux de sa mère.)
Madrid. Musée, i56o.
Toile. H. 1 1 5 , L. 90.
a Vierge est assise tenant, debout sur ses genoux, l’enfant Jésus qui regarde sa mère avec tendresse, lui passe une des mains autour du cou et pose l’autre sur son sein nu. Ste. Anne est derrière l’enfant et de la main lui touche le dos. St. Joseph est accoudé sur le dossier du siège de la Vierge. Le fond est formé par un ciel d’un gris obscur et par un portique de même nuance.
La vénération avec laquelle la Vierge regarde son enfant, ainsi que le contentement empreint sur la figure de Ste. Anne, sont admirablement rendus.
Marie porte une robe d’un rouge vif et au-dessus de celle-ci une draperie bleu-clair, qui, dans la partie inférieure, se colore d’un singulier reflet jaunâtre. L’enfant est entièrement nu. Les deux figures sont peintes dans une tonalité très vigoureuse, qui ne manque point cependant de douceur ; les ombres sont chaudes et transparentes. La Vierge a les chairs plus fermes et plus vivement colorées, l’enfant est de carnation plus moelleuse.
Le tableau se trouvait jadis à l’Escurial, dans les appartements du prieur. Francisco de los Santos en fait un grand éloge (1).
Gravures : V. S. i33, S. a Bolswert (Titre : Dilectus meus) ; 134, Anonyme (Geeraard Donck exc.) ; i35, Anonyme ; i36, P. Pontius ; 137, Anonyme (J. Sandrart exc.) ; i38, Anonyme ; i3g, Alex. Voet.
La gravure de Pontius rend exactement le tableau. Celle de S. a Bolswert et les autres planches, copiées d’après cette dernière, ajoutent, du côté où se trouve l’enfant, un berceau et une échappée de vue sur le paysage. Elles montrent la Vierge jusqu’aux pieds, tandis que le tableau la représente jusqu’aux genoux. Le portique diffère également. Dans la gravure d’Alex. Voet, Ste. Anne manque.
Photographies: A. Braun; J. Laurent.
Le musée de Turin (n° 3g3) possède une copie de cette Sainte Famille où Ste. Anne est omise. Toile. H. 101, L. g6.
(1) FRANCISCO DE LOS Santos : Descripcion del real Monasterio de San Loren\o de el Escorial. Madrid, 1698. P. 75.
Gravé par JEAN WITDOECK.
Pl. 77
Gravure: V. S. 121, C. Ferreri.
Smith signale un autre exemplaire d’une Sainte Famille, semblable à celle de Turin, dans la collection du comte Spencer à Althorp.
Nous en avons rencontré un troisième exemplaire chez un marchand de tableaux, à Anvers.
Dans la vente Simon-Emil-Moritz Oppenheim (Cologne, 14 octobre 1878) se trouvait une grisaille de ce tableau. Dans le catalogue de la vente, elle était reproduite par la phototypie. Elle venait de la collection Lyversberg de Cologne. Bois. H. 27, L. 20.
Voir planche 72.