‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessinsChapitre 183 sur 192 · LA SAINTE FAMILLE · texte numérisé non relu

LA SAINTE FAMILLE

JÉSUS, MARIE, St. JEAN, STE. ÉLISABETH, UN AGNEAU.

(St. Jean à califourchon sur l’agneau.)

Lowther Castle. Collection du comte de Lonsdale,

Toile. H. 1 53, L. 110.

a Vierge est assise à gauche ayant sur les genoux l’enfant Jésus. Celui-ci regarde sa mère en tenant une main devant la bouche d’un agneau couché par terre. Le petit St. Jean s’est mis à califourchon sur l’animal ; il est maintenu par Ste. Elisabeth qui regarde avec plaisir cette scène de joie enfantine. Appuyée contre l’agneau, on voit la croix avec banderole de St. Jean.

Smith ajoute ce qui suit à la description de ce tableau : « Un manuscrit conservé dans la collection Lowther nous apprend que cette peinture capitale fut exécutée à Anvers pour un sieur Goubau : un de ses descendants la vendit au capitaine Baillie, en même temps qu’un tableau de Van Dyck. Cette acquisition fut faite pour compte de Sir James Lowther, au prix de 1887 liv. st. » (1).

Selon Mois (Ms. 5734, p. i55), ce serait une des deux Saintes Familles gravées par Witdoeck qui fut vendue en même temps qu’une Charité de Van Dyck. L’acheteur aurait été le chevalier Robert Ludbroke et le tableau se serait trouvé, vers 1775, chez M. Boucher Clève, maison de Foots-Croy-place, dans le comté de Kent.

(1) SMITH : Catalogue IX, 3 1 3 .

Waagen dit que, sous bien des rapports, ce tableau compte parmi les œuvres les plus belles de Rubens. Les figures sont réalistes, mais très animées.; les couleurs très lumineuses ; l’exécution soignée et vive est admirable (i).

La galerie Pitti à Florence (n° 235) en possède une répétition. (Toile. H. i55, L. 119). C’est une œuvre de l’atelier du maître, la peinture est sans éclat, les ombres sont noires et épaisses.

Smith (II, 546) signale une autre répétition qui se serait trouvée jadis dans la galerie Houghton et devrait maintenant exister dans la galerie impériale de Russie. Cependant le musée de l’Ermitage ne la possède point.

Gravures : V. S. 96, S. a Bolswert (Titre Agnus adest) ; 97, Anonyme ; 98, Anonyme (Alex. Voet exc.) ; gg, Anonyme (Mart. Van den Enden exc.) ; 100, Le Clerc; 101, John et André Van Rymsdyk, 102 et io3 G. Panneels.

La planche publiée par Alex. Voet (n° 98) diffère de celle de Bolswert par quelques variantes dans le fond. La première a un arbre à gauche, et un rideau à droite qui ne se voient pas dans la seconde.

Dans la planche de John et André Van Rymsdyk, le St. Joseph manque. Dans celle de Panneels, un ange qui présente à la Vierge un panier de fruits est ajouté ; Ste. Élisabeth est omise, mais il s’y trouve un St. Joseph, appuyé contre un arbre.

Une autre planche, sans nom de peintre ni de graveur, offre beaucoup d’analogie avec la composition qui nous occupe. Seulement, St. Jean soulève l’agneau qui pose la tête et les pattes de devant sur le genou de la Vierge ; la position des mains de Marie et de Jésus est différente ; un rideau enroulé est attaché à la colonne du fond.

Voir planche

JÉSUS, MARIE, JOSEPH, UN ANGE

(La Vierge aux fruits).

Angleterre. Collection Morisson.

Toile. H. 140, L. 168.

omposition de quatre figures de grandeur naturelle, vues jusqu’aux genoux. La Vierge est assise au milieu, tenant sur les bras l’enfant, dont elle vient de laver les pieds dans un bassin ; la tête du petit

(1) WAAGEN : Treasures of art. III, 261.

Jésus retombe sur la poitrine de sa mère et son attention est dirigée vers un ange qui lui présente une corbeille de fruits. St. Joseph, vu de profil, se trouve du côté opposé. Le fond est formé par un paysage.

« Il est prouvé, dit Smith, que ce tableau capital fut peint pour un M. Grouin, dans la famille duquel il resta jusqu’à son acquisition pour la collection de Presle « (i).

Waagen dit de cette œuvre : « La composition est fort attrayante, les expressions extraordinairement nobles pour Rubens. L’exécution dans un ton doré, puissant et transparent est très soignée. La conservation de ce tableau est excellente (2) ».

Vendu en 1801, dans la collection de M. Robit, 12000 fr., à Naudon. En 1840, dans la collection de M. Simon Clarke, 900 guinées.

Il figurait à l’exposition de maîtres anciens, à la Royal Academy, Londres, 1882.

Voorhelm Schneevoogt mentionne deux gravures, où St. Jean présente une corbeille de fruits à l’enfant Jésus. V. S. 87, Anonyme (F. Van den Wyngaerde exe.) ; 88, Pétrucci.

JÉSUS, MARIE, JOSEPH, STE. ANNE

a collection Munro renfermait naguère une Sainte Famille, composée de la Vierge, avec l’enfant, dormant dans ses bras, St. Joseph et Ste. Anne. Waagen dit qu’elle était de tendance franchement réaliste, d’une grande puissance de coloris et d’une exécution magistrale (3).

Le tableau avait appartenu à M. Cranford, dans la collection duquel il fut vendu, en 1801, pour la somme de 140 guinées. Il passa dans la collection de M. Abraham Robarts, puis dans celle de M. Munro. Dans cette dernière, il fut vendu le ir juin 1878.

(1) SMITH : Catalogue. II, y56. IX, 390.

(2) WAAGEN : Treasures of Art. IV, 3o5.

(3) WAAGEN : Treasures of Art. II, 1 36.

Page 1