LA SAINTE FAMILLE
JÉSUS, MARIE, JOSEPH, St. JEAN, STE. ÉLISABETH. (L’enfant Jésus dans son berceau caresse St. Jean.)
Florence. Galerie Pitti, \3g.
Panneau. H. 114, L. 89.
'enfant Jésus se trouve au berceau, mais il se lève à moitié et, s’appuyant sur un bras, caresse St. Jean qui se tient près de lui, les mains croisées sur la poitrine. La Vierge, accoudée sur le berceau, regarde avec calme le jeu des enfants. Elle porte une robe rouge et une draperie bleue. A droite, St. Joseph, la tête robuste et le regard joyeux, contemple la même scène ; à gauche, Ste. Elisabeth, plus âgée et légèrement attendrie.
C’est un tableau bien composé, d’un beau coloris, d’une lumière chaude et pleine. La figure de la Vierge, tachetée de brun, a souffert ; la tête de Jésus est plus mollement faite et doit avoir été retouchée. Le petit St. Jean est une figure gentille et naïve, tout-à-fait charmante. C’est, en somme, un beau morceau et des meilleurs dans les Saintes Familles.
Le marquis Francesco Spinola, de Gênes, en possède une .répétition de l’atelier de Rubens.
Gravures: V. S. no, Luc Vorsterman (Titre: Me vocat Eliæ Carmelus etc.); ni, Le Rouge et Langlois; 112, C. Mogalli ; ii3, Vinc. Langlois, le jeune.
Photographie : Photographische Gesellschaft, Berlin.
Le tableau du marquis Spinola a également été photographié.
Ce dernier a conservé les mêmes proportions que la gravure de Vorsterman ; l’œuvre du palais Pitti a été raccourcie en haut et à gauche.
Dans la vente du comte Schuylenburg (La Haye, 20 septembre 1735), une Sainte Famille avec 5 figures, désignée comme « l’enfant Jésus dans le berceau, » haute 4 pieds 1 1/2 pouce, large 3 pieds n pouces, fut adjugée à 675 florins.
Une Sainte Famille auprès de l’enfant dans le berceau (H. 4 pieds 5 pouces, L. 4 pieds 3 pouces) fut vendue, dans la collection David Jetswaart (Amsterdam, 22 avril 1749), 56o florins.
22g. LA SAINTE FAMILLE.
JÉSUS, MARIE, JOSEPH, St. JEAN, Ste. ÉLISABETH.
(La Vierge au Chardonneret.)
Cologne. Musée, 5i.
Toile. H. 1 1 8 , L. 98.
arie vêtue de vêtements bleus et rouges, qui laissent apercevoir son linge, et coiffée d’un bonnet blanc, les cheveux châtains, le visage chaudement et clairement teinté, tient son fils sur les genoux. L’enfant Jésus est tout nu, ses cheveux longs lui retombent dans le cou et sur le front. Le petit St. Jean tient le perchoir sur lequel il apprend à un chardonneret, à venir se poser. Jésus tient le fil auquel est attaché l’oiseau. A côté de St. Jean se trouve Ste. Elisabeth, souriant gracieusement au petit Jésus. Derrière elle, dans un berceau de feuillage, se tient St. Joseph, peint dans un ton brunâtre et dans la pénombre ; d’une main, il s’appuie contre le tronc d’un- arbre qui se trouve à droite. L’ensemble est éclatant de lumière et de couleur. La douce figure de la Vierge, les traits moelleux de Ste. Elisabeth, forment des points lumineux ressortant bien sur les couleurs fraîches. Les figures expriment le bonheur. C’est une paisible scène de famille égayée par le jeu des enfants et par la joie que les parents éprouvent à les contempler. Le groupe est heureusement composé. Le tableau est peint avec le plus grand soin ; sur les couleurs se jouent de nombreux reflets. Le jeune Christ a les traits du fils de Rubens qui est assis sur les genoux d’Hélène Fourment dans le tableau du Louvre (n° 460) et dans celui de Munich (n° 797). Nous retrouvons la mère et l’enfant dans le tableau de la chapelle mortuaire de Rubens.
L’œuvre est entièrement de la main du maître et date de i636 à i638.
Mois (M. S. 5726, f. 1 3) rapporte : « S. Allard qui a demeuré i5 ans à Cologne, a dit ce qui suit à l’auteur du Manuscrit : Que M. de Groot, Bourguemaitre de la ville, étoit des parents de Rubens et possédoit une Sainte Famille peinte par Rubens ; on y voyoit la Vierge, l’enfant, St. Joseph, Ste. Anne et St. Jean. «
Le tableau appartenait jadis à l’avocat-général Sandt, puis il passe à l’architecte J. P. Meyer. Dans la vente de ce dernier (Cologne, 25 août 1862), il fut acquis par le Musée à 5ooo th. On dit qu’il provient de la collection Jabach, ce qui est bien possible.
Gravures : V. S. 140, S. a Bolswert (Titre : Deliciœ mece esse cum filiis hominum) ; 141, Anonyme (Gillis Hendricx exc.). Non décrit : Lithographiç par J. B. Hützer. Eau-forte par Edm. Ramus (L’Art, i883. III, 146).
La gravure de Bolswert prouve que le tableau primitif était plus haut et plus large. Dans la partie supérieure de l’estampe, on voit une voûte de verdure qui a presque entièrement disparu dans la peinture.
Photographie : F. Raps.
La collection Albertine, de Vienne, possède un dessin de ce tableau sur lequel les couleurs sont annotées. Ce dessin est erronément attribué à Rubens.
A l’exposition ouverte, en i855, dans les salons du gouvernement provincial, à Anvers, M. Servais de Clercq exposa une Sainte Famille au Chardonneret, provenant de la vente J. B. van Lancker (Catalogue de l’exposition, n° 6).
Voir planche 76.