Un homme nu, ayant les deux bras noués derrière le dos
11. Un homme nu, couché sur le genou gauche et tenant des deux mains un bâton derrière le dos.
12. Un homme vu par derrière, ayant un manteau sur l'épaule droite et tenant un bâton de la main gauche.
i3. Un homme nu, assis sur une pierre, se soutient sur le bras droit.
14. Une femme nue voltige avec un voile qui lui couvre les hanches. P. de Jode fec.
i5. Un homme assis sur une élévation, couvert d'un drap, et vu par le dos, se soutient sur un bâton.
16. Un guerrier coiffé d'un casque, et vu par le dos, tire son glaive du fourreau.
17. Un homme nu, couché sur le côté gauche, et vu par le dos, tient un bâton de la main droite.
18. Une femme toute nue, couchée sur le dos, sur un matelas, et ayant la main droite sur son sein. N. Lauwers fec. et exe.
ig. Un homme couché sur le dos, et ayant les pieds liés par une corde (jui les soulève en l'air, tient les deux mains sur sa tête.
Aucune de ces planches ne rappelle des figures rubéniennes et, malgré l'inscription de la première, i"ien ne prouve que l'attribution de ce livre de dessin soit mieux fondée que celle des deux précédents.
Gravure: V. S. Suites 68, Nie. Lauwers, Corneille Galle et Pierre De Jode.
i23o. Les Palais de Gènes.
Rubens fit paraître, en 1622, un recueil d'architecture contenant la façade, les plans et les coupes de douze demeures de riches Génois. Les planches étaient gravées par Nicolas Ryckemans, dont la première porte le nom. Rubens avait recueilli, c'est-à-dire acheté, les dessins à Gênes; peut-être les avait-il retouchés quelque peu, pour en rehausser l'effet. Dans la préface, imprimée en tète du volume, il fait connaître son intention de contribuer par cette publication à faire remplacer l'architecture gothique, qu'il qualifie de barbare, par le style classique, dont il voit les plus dignes modèles dans les églises des jésuites, élevées au commencement du 17® siècle, à Bruxelles et à Anvers, ainsi que dans les palais ou hôtels de Gènes, élevés, au siècle précédent, dans le même style, celui de Vignole. C'est donc l'architecture des jésuites, ou ce que l'on a appelé le style de Rubens qu'il préconise et qu'il veut faire adopter par ses compatriotes en leur faisant connaître les modèles italiens. Il cherchait également à faire pénétrer chez les particuliers le goût de se construire des demeures plus artistiques et plus somptueuses. Lui-même, comme on sait, donna l'exemple d'une construction de ce genre. Son hôtel seigneurial, et celui que Gérard Seghers se fit bâtir à la place de Meir, sont peut-être les seuls bâtiments élevés de son vivant qui montrent des traces de l'influence exercée par les conseils de Rubens. En général, il ne réussit pas à faire pénétrer l'architecture pseudo-classique dans sa patrie, il n'aboutit qu'à alourdir le style de la renaissance flamande, qui avait doté les Pays-Bas de tant de chefs-d'œuvre d'élégance. Ce résultat peu louable se constate dans les parties décoratives de mainte façade anversoise datant du 17^ siècle.
Voici la préface que I^ubens fit imprimer en tète de sa publication (i) : Au bienveillant lecteur.
Nous voyons, dans nos contrées, vieillir et disparaître peu à peu le st}de
(i) Al benigno lettore, Vediamo che in queste parti, si va poco à poco invecchiando & abolendo la maniera
d'architecture que l'on nomme barbare ou gothique; nous voj^ons certains beaux esprits introduire, au grand honneur et embellissement de la patrie, la vraie sj^métrie, celle qui se conforme aux règles établies par les anciens Grecs et Romains. Nous en voyons l'exemple dans les églises magnifiques que la vénérable compagnie de Jésus vient d'élever dans les villes de Bruxelles et d'Anvers. Si la dignité de l'office divin méritait que l'on construisit d'abord les temples en un st3de meilleur, il ne faut pas, cependant, que l'on néglige les édifices privés, qui, dans leur ensemble, forment le corps de la cité. D'ailleurs, la commodité de l'emménagement dans un édifice concorde presque toujours avec la régularité et la beauté de la forme. Je crois donc faire une œuvre méritoire pour le bien public dans toutes les provinces en-deçà des monts, en publiant les dessins de quelques palais de la superbe ville de Gênes, dessins que j'ai recueillis pendant mon voyage en Italie. Et comme cette république est gouvernée par la noblesse, les habitations y sont très belles et très commodes, mais plus propres à loger les familles, quelque nombreuses qu'elles soient, de simples gentilshommes que des cours de princes souverains, tels que sont, par exemple, le palais Pitti de Florence, le palais Farnèse à Rome, la chancellerie à Caprarola et une foule d'autres, en Italie, ou encore le fameux palais bâti par la Reine-Mère au faubourg de St. Germain,
d'Architettura, che si chiama Barbara, ô Gothica ; & che alcuni bellissimi ingegni introducono la vera simmetria di quella, conforme le regole de gli antichi, Grœci e Romani, con grandissimo splendore & ornamento délia Patria; come appare nelli Tempii famosi fatti di fresco dalla venerabil Società di Jesa, nelle città di Brusselles & Anversa. Li quali se per la dignità del Ufficio divino meritamente doveano essere i primi à cangiarse in meglio ; non perô perciô si devono negligere li edificii privati, poi che nella quantità loro subsiste il corpo di lutta la città. Oltra clie la commodità delli edificii quasi sempre concorre colla bellezza e meglior forma di quelli. Mi è parso donque di fare una opéra meritoria verso il ben publico di tutte le Provincie Oltramontane, producendo in luce li dissegni da me raccolti nella mia peregrinatione Italica, d'alcuni Palazzi délia superba città di Genova. Perché si come quella Repuhlica è propria de Gentilhuomini, cosi le loro fabriche sono bellissime e commodissime, à proportione più tosto de famigle benchè numerose di Gentilhuomini particolari, che di una Corte d'un Principe assoluto. Come si vede per essempio nel Palazzo de Pitti in Fiorenza, & il Farnesiano in Roma, la Cancellaria, Caprorola, & infiniti altri per tutta Fltalia, si come ancora la famosissima fabrica délia Regina Madré nel boi'go di S. Germano à Parigi. Li quali tutti eccedono di grandezza, di sito e spesa, le facultà di Gentilhuomini privati. Ma io vorrei servira al uso commune, e più tosto giovare à molti ch"à pochi. Et perciô faremo la distintione di questa maniera, che chiamaremo Palazzo di un Principe assoluto, quello che haverà il Cortile in mezzo, & la fabrica tutta attorno, di capacità compétente ad allogiar una Corte ; &
à Paris. Tous ces derniers, p;ir leur grandeur, leur situation c^t les sommes qu'elles ont coûtées excèdent les ressources d'un gentilhomme paiticulier. Mon but est d'être utile au bien-être général, et je voudrais rendre service à plusieurs plutôt (ju'à un petit nombre. En conséquence, voici comment j'établis la distinction. J'appelle palais d'un prince souverain celui (jui aura au milieu un espace vide avec des bàtinients tout autour, un c<lifice dont la capacité soit telle qu'on puisse y loger une cour. D'un autre côté, j'appellerai palais ou maison de particulier, quelque grand et riche qu'il puisse être, un édifice ayant la forme d'un cube solide avec un salon au milieu, ou reparti en appartements contigus, ne prenant pas leur lumière au centre, tels que sont pour la plupart les palais de Gênes. Il est vrai que, parmi les édifices dont je donne le plan, quelques-uns, surtout parmi ceux de la campagne, possèdent de petites cours intérieures, mais ils ne ressemblent pas à ceux dont j'ai parlé plus haut. Dans ce petit travail, je donnerai donc les plans, élévations et façades, avec leurs coupes dans les deux sens, de quelques palais recueillis par moi à Gênes, non sans difficulté et dépenses; ayant eu la bonne chance de pouvoir me servir en partie du travail d'autrui. J'ai marqué les chiffres des mesures dans chaque compartiment, non point partout, mais là du moins où on a su se les procurer. Si quelquefois ces dimensions ne correspondent pas exactement aux mesures du compas, il faudra s'en servir avec discrétion et excuser le dessinateur et le graveur, qui ont été gênés par l'exiguité des plans. Il est bon encore d'avertir que les quatre points de l'horizon ne sont pas placés dans l'ordre accoutumé, en allant du levant vers le couchant, mais en
in contrario sarà dette da noi Palazzo ô casa privata, pur grande e beila ch'ella si sia, quella che havrà la forma di un cubo solide con salone in mezzo, o vero repartito in apartamenti contigui sensa luce fra mezzo, corne sono la maggior parte tutti li Palazzi Genovesi. E ben vero che tra questi edificii ch'io vi rappresento, sono alcuni ch'anno de Cortilotti particolarmente di villa, ma non sono di quella maniera che si è detta di sobra. Se daranno donque in questa mia Operetta le plante alzati e porfili con li loro tagli in croce, d'alcuni Palazzi da me raccolti in Genova, con qualque fatica e spesa & alcun buon ricontro di potermi prevalere in parte délie altrui fatiche. Ho posto li numeri & misure de ciascun membro, non per tutto, ma dove si hanno potuto havere : li quali quando tal volta non correspondessero cosi à punto aile misure del Sesto, bisognarà in ciô usar délia discretione, & iscusar il dissegnatore & intagliatore, per esser le figure alquanto minute. Sarà ben ancora d'advertire, che le quattro Reggioni non sono poste d'ordine consueto, girando di Levante verso Ponente, ansi al roverscio, derivando questo inconveniente dalla stampa. Egli è perô un scrupolo di poca consequenza. Non habbiamo posti li nomi delli Padroni, perche ogni cosa in questo mondo
contre-partie, inconvénient que donne la gravure. Mais c'est de peu d'importance. Je n'ai pas inscrit les noms des propriétaires de ces édifices, parce que toute chose en ce monde
Permutât dominos, d transit in altéra jura. En effet, quelques-uns de ces palais ont déjà été aliénés par leurs premiers possesseurs , et j'avoue du reste que les dessins ne portaient point de noms, à l'exception de deux qui ont été mis par hasard, je crois pour être les plus connus de la Strada Nuova. Pour le surplus, je m'en rapporte aux planches ; si, d'aventure, on trouve qu'elles sont en petit nombre, elles n'en auront que plus de mérite, car ce sont les premières que l'on aura recueillies, jusqu'à ce jour pour être publiées. Tout commencement est faible ; ma tentative donnera peut-être à d'autres l'occasion de faire davantage.
Pierre-Paul Rubens.
Dans cette préface, Rubens dit que les palais qu'il a fait graver ne portent point le nom des propriétaires, à l'exception de deux, dont, par hasard, ce nom se trouvait inscrit sur les dessins qu'il avait achetés. Dans sa lettre du ig juin 1622, il annonce à Pierre Van Veen, qu'il a publié un livre d'architecture des plus beaux palais de Gènes, avec les plans contenant, environ 70 feuilles. Il ressort de ces deux témoignages que Rubens ne publia, en 1622, que la partie de l'ouvrage qui se compose de 72 planches, représentant douze palais, dont deux seulement portent le nom du propriétaire. Son livre portait le nom de Palazzi di Genova, sans plus et sans adresse d'imprimeur. La première planche portait le nom du graveur Nicolas Ryckemans.
Il existe des Palazzi di Genova six éditions différentes. Nous décrivons les trois premières d'après les exemplaires que nous possédons.
1° Palazzi di Genova, sans nom d'imprimeur-éditeur et sans date, avec une dédicace ^ A Carlo Grimaldi - datée du 2g mai 1622, la préface - x\l benigno lettore ^ et l'approbation du censeur Laurent Be3'erlinck. Ce livre
Permutât dominos & transit in altéra Jura Si come alcuni de questi Palazzi si sono già alienati dalli primi loro possessori, & à dire il vero, appresso H dissegni non c'erano i nomi, eccetto di due che si sono posti, come io credo à caso, per esser notissimi in strada nova. Del resto vi rimetto aile ligure; le quali si forse pareranno poche, saranno perô lodevoli, per esser le prime che siano fin adesso comparse nella luce publica : è si come ogni principio è debbole, daranno forse animo ad
altri di far cose maggiori.
PiETRO Paolo Rubens.
comprend 72 planches, représentant les plans et façades de dix palais désignés par les lettres A — K et de deux palais, portant le nom de Carlo Doria et Augustino Pallavicino. C'est celui que Rubens publia en 1622.
2° Palazzi di Geiiova. Rubens, lui-même, ou un éditeur anonyme, fit paraître ensuite, probablement peu après l'apparition du volume primitif, 67 planches représentant les plans et les façades de dix-neuf palais et de quatre églises de Gènes. Tous les palais portent le nom de leur propriétaire, les églises celui de leur saint patron. Cette seconde partie fut jointe à celle que Rubens publia en 1622, le tout forme ensemble une deuxième édition. On ne rencontre guère ces deux parties isolément. Les 67 planches nouvelles sont ajoutées aux 72 planches primitives avec un second titre : Palazzi di Genova. Elles sont montées sur onglets. On rencontre des exemplaires de cette édition, contenant les i3g planches, sous le titre: - Palazzi di Genova cou le loro plante ed alzati da P. Paolo Rubens delineati. «
3° Palazzi Moderni di Genova raccolti e designati da Pietro Paolo Rubens. In Anversa, Appresso Giacomo Meursio. Anno MDCLII. La préface " Al bénigne lettore -^ et l'approbation du censeur Laurent Beyerlinck composent les liminaires. La première partie de cette édition, publiée par l'imprimeur Jacques Van Meurs, sous le titre que nous venons de transcrire, comprend d'abord les 67 planches de la seconde partie des palais, imprimées sur papier de grandeurs différentes et en partie emmargées ; puis, sous le titre: ^ Palazzi Antichi di Genova raccolti c designati da Pietro Paolo Rubens. In Anversa. Appresso Giacomo Meursio. Anno MDCLII, " les 72 planches de l'édition primitive imprimées sur papier conforme. Il est à remarquer que la désignation de Palazzi moderni, appliquée à l'une, et de Palazzi antichi, appliquée à l'autre série, est absolument arbitraire, les palais n'étant pas plus anciens dans l'une série que dans l'autre.
4° Palazzi Antichi di Genova raccolti e designati da Pietro Paolo Rubens. In Anversa. Appresso Giacomo Meursio Anno MDCLXIII. Sans préface, sans approbation du censeur; les 72 planches primitives sous le titre que nous venons de transcrire. Ensuite, sous le titre: - Palazzi Moderni di Genova raccolti e designati da Pietro Paolo Rubens. In Anversa, Appresso Giacomo Meursio. Anno MDCLXIII , - les 67 planches postérieures, imprimées sur papier de grandeurs différentes; les petites planches montées.
5"^ Une édition, avec les mêmes titres, parut chez Henri et Corneille Verdussen, à Anvers, en 1708.^
t^ Une dernière édition parut, en 1755, à Amsterdam et Leipzig, chez Arkstée et Merkus, sous le titre : - Architecture italienne contenant les plans et
élévations des plus beaux palais et édifices de la ville de Gênes, levé et dessiné par le célèbre P.P. Rubens, troisième édition, augmentée d'un abrégé de la vie de l'auteur.
Les différentes parties des exemplaires des éditions de i652 et i663 sont parfois reliées dans un autre ordre que celui que nous avons indiqué (i).
Gravure : V. S. Suites, 2g, Nicolas Ryckemans.
(i) Voir BruNET: Manuel du libraire (Article Riibens) ; Ch. Ruelens : Pierre Paul Rubens, Lettres et Documents, p. loi ; Herman RiegeL: Beitràge :;w niederlàndischen Kunstgeschichte . I, 294.
Vignette employe'e sur le titre de Balth. Corderius, Catena Patrum grœconnn in Sanctwn Joannem. Dessinée par P. P. Rubens, gravée par Corn. Galle, le père.