THESES
i23i. La Thèse en l'honneur de l'ordre de St. François et de la
Maison d'Autriche.
Au premier plan, St. François est agenouillé, portant sur les épaules deux globes qui en supportent un troisième. Sur ce dernier, la Vierge immaculée est debout, l'une main étendue, le corps entouré d'une gloire rayonnante, la tête cernée de six étoiles. Dans le bas, à gauche, Philippe IV, en habits royaux; son fils l'infant Balthasar, ses frères le Cardinal-infant Ferdinand, en costume ecclésiastique, et l'infant don Carlos, tenant le bâton de général, se tiennent à ses côtés. Derrière eux, un groupe de moines franciscains. A droite, quatre religieux du même ordre attaquent, avec l'arc, la lance et la fourche, l'Hérésie et la précipitent dans la gueule du dragon infernal. Dans le haut, à gauche, Charles V, Philippe II et Philippe III sont assis dans un char roulant sur les nuages, conduit par un génie représentant l'ordre de St. François et tiré par quatre aigles. Derrière les souverains est assis le génie de la maison d'Autriche, tenant une palme à la main. Devant les aigles, le Christ en croix, dont les plaies dardent les rayons qui vont stigmatiser St. François. A droite, les quatre Vertus cardinales, la Justice, la
Tempérance, la Force et la Prudence, assises dans un char, que conduit également le génie de l'ordre de St. François et qui est tiré par quatre lions. Sur une banderole, au-dessus de la tête de la Vierge, on lit: Austroserapliicuin cœhun. Au-dessus du char de la maison d'Autriche: Ab Austro Deiis (Habac. 8) Veni Auster (Can. 4). Au-dessus du char des vertus cardinales: Egredimini filiœ Syoïi et videte reginam vestram quant laudant. Entre la Vierge et les franciscains se déroule une banderole avec les mots: Siirge Aquilo (Cant 4). et plus loin Ab Aqiiilone maliiin (Jeremiœ I) ; entre le Christ crucifié et St. François, sortant de la bouche du Sauveur, les mots: Vade Francisée répara doninni meani. En bas, sous Philippe IV et sa famille : Astra Matntina; sous St. François: Seraphicus Atlas; sous les franciscains qui attaquent l'hérésie: Invictissinius Tlieologoruni princeps Scottus.
La planche est signée : P. Paulus Riibens pinxit, Paiilus Pantins sculpsit.
La composition a pour but la glorification de l'ordre de St. François et de la maison d'Autriche, les protégés spéciaux de la Vierge et les défenseurs du catholicisme. Elle fut faite au moment, où l'infant Ferdinand portait encore les habits de Cardinal et où le prince héritier don Balthasar Carlos pouvait avoir cinq ans, donc en 1634.
La grisaille, d'après laquelle cette gravure fut faite (Panneau. H. 54. L. 76) se trouvait, en 1787, lorsque Spruyt la grava, dans la collection Clemens de Gand. Elle fut adjugée dans la vente Clemens (Gand, 1788) à 5o livres 10 sous. Dans la vente Van Saceghem de Gand (Bruxelles, i85i), pour 2200 francs, à Chapuis ; dans la vente Chapuis (Bruxelles, i855), pour 25oo francs; dans la vente marquis de Blaisel (Paris, 1870), pour 2800 francs au capitaine Cuirana. Elle parut en dernier lieu dans la vente Secretan (Paris, i88g).
Gravures : V. S. Allégories profanes 6g, Paul Pontius ; 70, P. Spruyt (Inscription : ^ Virgo immaculata. Ad archetypum P. P. Rubenii ex collectione Domini Dominici Clemens pictoriœ necnon statuariae artis admiratoris eximii in amicitiœ pignus offerebat dedicabat P. Spruyt. Gandavo anno 1787).
Voir planche 354.
1232. Le concours de Neptune et de Minerve.
Cette thèse se compose de deux feuilles. Dans la feuille supérieure, on voit d'un côté Neptune, faisant sortir le cheval des eaux; de l'autre, Minerve, faisant pousser l'olivier. Au second plan, l'Olympe, où tous les dieux et déesses siègent comme juges. Un génie apporte une couronne et une palme à Minerve.
Dans le haut de la planche, deux grands génies, dont l'un porte une corne d'abondance et l'autre une branche d'olivier, tiennent les armoiries d'Urbain VIII, tandis que quatre petits génies relèvent la draperie sur laquelle toute cette composition est dessinée. Dans la feuille inférieure, on voit sept médaillons allégoriques, se rapportant à la vie d'Urbain VIII. Le médaillon du milieu est tenue par deux anges. La pièce est signée P. P. Rubens C. (concepit ?) Abr. a Diepenbeke delin. Paulus Pontius scidpsit. La pièce est dédiée « à Urbain VIII, auteur et arbitre de la paix générale. »
La gravure a servi à encadrer plusieurs thèses philosophiques. Nous connaissons celle soutenue, à Douai, par Robert de Vitry, de la société de Jésus, en i535, et celle défendue par Charles de la Vieuville, abbé du monastère de Ste. Marie de Savignies, la même année, dans la même ville.
Comme l'indiquent les inscriptions, Rubens en a donné l'idée, Van Diepenbeke l'a exécutée. Certains exemplaires portent sur la feuille supérieure : P. P. Rubens delin. Paulus Pontius sculp., inscriptions ajoutées postérieurement.
Gravure: V. S. Allégories 64, P. Pontius et 71 S. a Bolswert (La mention de cette seconde planche constitue un double emploi; il faut lire P. Pontius au lieu de S. a Bolswert).
Voorhelm Schneevoogt mentionne encore dans l'œuvre de Rubens :
Une thèse sur le sujet de la Guerre et de la Paix. Au milieu, Ferdinand III, dans ses ajustements impériaux, debout sur un monument dont la base offre les figures de la Guerre et de la Paix. Titre : Bello et Pace. Pièce ornée d'une infinité de petits génies, avec des écriteaux et des attributs. Sans nom de peintre ni de graveur.
Gravure: V. S. 72, Anonyme.
Un sujet de thèse en l'honneur de Ferdinand d'Autriche, orné de plusieurs figures allégoriques et de quelques personnages dans le costume du temps, ainsi que de nombre de petits génies avec des accessoires. Titre: Augusto principe Fernando — Clnudius Cornes de Colladts et S. Salvat. Abr. a Diepenbeeck delin. Paulus Pontius sculp.
Gravure: V. S. 73, Paul Pontius.
Une thèse de théologie, dédiée à Louis XIII, roi de France ; sans nom de peintre ni de graveur.
Gravure: V. S. 74, Anonyme.
Une thèse, dédiée à Sigismond III, roi de Pologne et de Suède, composée de deux feuilles. Dans la feuille supérieure, Sigismond III est assis sur le
trône qui porte la devise More Majorum. La Russie lui offre la couronne, la Turquie montre ses armes brisées par lui. Dans la feuille inférieure, l'encadrement contient sur les côtés, huit compartiments renfermant des épisodes de l'histoire de Pologne ; dans le bas, une composition, oii l'on voit le candidat offrant sa thèse à son roi. Cette thèse a été défendue à Douai, en 1628, par Gabriel Kilianus de Bobrek Lizega.
Gravure: V. S. yS, Schelte a Bolswert.
L'une de ces thèses porte le nom d'Abraham Van Diepenbeeck comme dessinateur; les autres ne portent pas de nom de peintre. Aucune ne peut faire valoir des titres pour justifier l'attribution à Rubens.
L' Assomption de la Vierge, gravée par Schelte a Bolswert (notre n° 355), a été copiée pour servir d'en-tète à une thèse défendue à Douai, en 1748, par François Van Saceghem, de Gand.
Le Combat de l'Esprit contre la Chair.
Basan et Voorhelm Schneevoogt rangent dans l'œuvre de Rubens une planche gravée par un anonyme, avec le titre Bellwn intestiniun hominis interioris et exterioris. On y voit un homme tiré, en sens contraire, au moyen de cordes par un ange vers le ciel, où Dieu le père lui ouvre les bras, et par des démons vers l'enfer, qui lui ouvre sa gueule de dragon.
Des deux côtés de la planche figure une colonne de vers latins, imprimés dans l'officine plantinienne, en 1628. La planche est dédiée à Brunon d'Affringues, prieur de la grande Chartreuse, par Heribertus Rosweydus. Mariette attribue cette pitoyable composition à Rubens. Elle n'a aucun droit à cet honneur.
Gravure: V. S. Histoire et Allégories sacrées, 3i, P. Pontius. L'attribution à Pontius est également sans fondement. Il faudrait plutôt songer à Corneille Galle.