‹ L'œuvre de P.P. Rubens (volume 2)Chapitre 21 sur 298 · D'APRES L'ANTIQUE ET D'APRÈS LES MAITRES · texte numérisé non relu

D'APRES L'ANTIQUE ET D'APRÈS LES MAITRES

DE LA Renaissance.

i355. Dieu créant Adam, d'après Michel Ange.

Dieu le père est porté par onze anges qui l'environnent de tous côtés. Il étend un doigt de la main droite, dont il va toucher Adam. Tout le groupe est entouré d'une draperie flottante.

C'est un fragment de la scène peinte par Michel Ange pour un des compartiments de la voûte de la chapelle Sixtine. La composition complète comprend, outre le présent groupe, la figure d'Adam qui, à la voix de Dieu, s'éveille à la vie.

Le dessin de Rubens nous est connu par le fac-similé que J. C. Loedel

en a grave.

Gravure: V. S. Histoire et Allégories sacrées 54*'^^ J. C. Loedel.

ig3

Jacoh et Esail, d'après Raphaël.

Dans le catalogue de la vente Mariette (Paris, lyyS, n° 1020) figure ^ Une superbe composition de Raphaël, et restaurée par Rubens, à la plume et lavée, représentant Jacob et Ésaii. " Elle fut adjugée à 141 livres.

11 y a plusieurs dessins de maîtres anciens, qui figurent dans les catalogues de ventes et dans les collections avec la mention " retouché « ou - restauré par Rubens. « Nous n'en citons pas d'autre que le présent, pareilles retouches étant bien difficiles à constater et ne transférant d'ailleurs pas la paternité de l'œuvre à Rubens.

i366-i37i. LES PROPHÈTES, d'après Michel Ange.

Paris. Louvre, 20228 à 20233. Dessins expose's, 569 à 574. Aux crayons rouge et noir.

i355. Le prophète Isaïe.

Louvre, 20228. Dessins exposés, 569. H. 46, L. 36,5.

Comme tous les autres prophètes de cette série, Isaïe est assis. Il tient de la main droite un livre posé sur son siège et appuie le bras gauche sur le livre. A côté de lui, deux têtes d'anges qu'il regarde.

1367. Le prophète Zacharie.

Louvre, 20229. Dessins exposés, Syo. H. 45, L. 33.

Figure calme, vue de profil. Il tient levé, à la hauteur de l'œil, un livre dans lequel il lit. Derrière lui, deux anges.

i368. Le prophète Joël.

Louvre, 2023o. Dessins exposés, 571. H. 47, L. 37.

11 est vu de face, la tète tournée de trois-quarts, et tient dans les deux mains une bande de papier, qu'il regarde. A gauche, à la hauteur de ses épaules, un ange.

i35g. Le prophète Ézéchiël.

Louvre, 2023i. Dessins exposes, 572. H. 46, L. 38.

Figure très mouvementée, vue de profil. D'une main, il tient un rouleau de papier. Il se tourne vers un ange, qui se trouve à gauche, et qui, des deux mains élevées, lui montre le ciel. A droite, un second ange.

1370. Le prophète Jérémie.

Louvre, 20232. Dessins expose's, 573. H. 48, L. 3o,5.

La tête appuyée sur une main et penchée sur la poitrine, l'autre main sur les genoux, les jambes croisées, il s'abime dans de profondes méditations; derrière lui, on aperçoit deux iîigures d'anges.

Voir planche Sgô.

• 1371. Le prophète Daniel.

Louvre, 20233. Dessins exposés, 574. H. 45, L. 34.5.

Devant lui, un ange, portant, sur la tète et sur les bras levés, un livre ouvert que le prophète retient d'une main. De l'autre, il écrit dans un second livre, ouvert sur un pupitre à côté de lui.

Ces dessins reproduisent six des huit prophètes peints par Michel Ange dans la voûte de la Chapelle Sixtine. La copie est fidèle. Pour rendre le style héroïque du grand maitre italien, Rubens n'avait à s'imposer aucune contrainte: rien de plus conforme à sa manière que ces puissantes figures de penseurs et d'inspirés. Les dessins sont faits avec une ampleur cadrant admirablement avec les peintures originales.

Les six dessins proviennent de la collection Jabach, où se trouvaient également les deux Sibylles que Rubens dessina d'après celles de la Chapelle Sixtine.

Photographies : A. Braun.

1372. La Vision d'Ézéchiël, d'après Raphaël.

Le catalogue de la vente Mariette (Paris, 1770, n° 1022) mentionne. " La Vision d'Ézéchiël d'après Raphaël, supérieurement bien dessiné à la

sanguine par Rubens. - Ce morceau fut adjugé, avec un autre, à 69 livres ig sous.

Il représente le tableau de Raphaël que possède actuellement le palais Pitti à Florence, n° 174. On y voit l'Éternel, dont les bras étendus sont soutenus par deux petits anges et qui plane dans les airs, entouré de lumière et de têtes d'angelets. Au-dessous de lui, les emblèmes des quatre évangélistes, un aigle, un bœuf, un lion et un homme, tous ailés et semblant le porter. Le vent chasse ses cheveux en arrière; il abaisse les regards sur le prophète de proportions microscopiques qui, sur la terre, contemple la vision.

1373. L'Adoration dks Rois, d'après Paul Véronèse.

Il existe une gravure anonyme en camaïeu, reproduisant un dessin attribué à Rubens et représentant l'Adoration des Rois. Contre une riche architecture composée de colonnes, la Vierge est assise, les genoux plies, soutenant l'enfant Jésus. Un des rois est agenouillé devant lui et a posé son offrande sur l'estrade qu'occupe Marie. Le roi nègre vient derrière lui et regarde attentivement la scène en avançant la tête. Du côté gauche de la composition se tient le troisième roi, accompagné d'un page et d'un gentilhomme. Derrière la Vierge, entre les colonnes. St. Joseph. A l'extrême droite, un cheval vu par derrière, un chien et un page. A l'extrême gauche, on distingue encore une tête de cheval et des arbres.

Le dessin reproduit V Adoration des Rois de Paul Véronèse que possède le musée impérial de Vienne, n° 576. Ce tableau a fait partie de la galerie de l'archiduc Léopold-Guillaume et a été gravé par J. Troyen dans le Theatrimi Pictoruin de David Teniers, n° i23.

Le catalogue de la vente James Hazard (Bruxelles, 178g, n° 3io) mentionne un dessin de Rubens V Adoration des Rois, d'après Paul Véronèse, adjugé avec une autre pièce à i5 florins.

Gravure: V. S. Nouveau Testament gg. Anonyme.

1374. La Sainte Famille, d'après Michel Ange.

Paris. Louvre, 20270.

A ]a sanguine. H. 18. 5, L. 24.5.

La Vierge et St. Joseph sont assis à terre ; l'enfant Jésus est debout entre eux. La Vierge, la tête vue de profil, une main appuyée sur les

genoux, regarde impassible devant elle. St. Joseph, les yeux à demi fermes, tourne la tête vers Marie. L'enfant regarde le spectateur et touche d'une main la barbe de son père nourricier.

Le dessin représente un des groupes que Michel Ange a peinls dans la voûte de la Chapelle Sixtine. Du côté gauche seulement, on voit l'encadrement que forme la lunette dans laquelle la composition est peinte. A droite, une partie du bras de la Vierge est coupée.

Photograpliic : A. Braun.

1375. Le Christ chez Simon le Pharisien, d'après Paul Véronèse.

Londres. Collection Malcolm, 594.

A la plume, lavé de bistre. H. 45, L. 91.5.

Copie faite d'après le tableau de Paul Véronèse qui se trouve au musée de Turin, n° 234. On y voit une table dressée, en plein air, sur la terrasse d'un somptueux édifice. Le Christ est assis à l'extrême droite, sa mère lui parle ; Marie Madeleine, agenouillée devant lui, oint ses pieds. A table sont assis de nombreux convives dans le costume des riches Vénitiens du XVP siècle. A l'extrême droite, un groupe de mendiants asssis ou debout. Le dessin porte dans la partie supérieure, à gauche, l'inscription : Paolo Calliari da Verona.

Dans la vente Gérard Hoet (La Haye, 1760, n" iioi), ce dessin fat adjugé à R3'ckevorst pour la somme de 42 florins.

1376. La dernière Cène, d'après Léonard da Vinci.

On regarde généralement comme ayant été exécutée d'après un dessin de Rubens la gravure de Pierre Soutman, reproduisant la Dernière Cène de Léonard da Vinci. La planche ne donne que la partie supérieure de la célèbre fresque, en omettant le bas, où l'on voit les jambes des convives. Le caractère des traits est plus fortement accentué que dans la peinture, ce qui a fait dire que Rubens et Soutman ont fourni plutôt la caricature que la reproduction du chef-d'œuvre de Léonard da Vinci. Le premier état de la gravure porte les inscriptions : ^ Lionardo da Vinci pinxit. P. Soutman effigiavit et excud. Cum Privilégie. ^ Au second état les mots : - Rubens delin. r, ont remplacé ceux de ^ Soutman effigiavit et Excud. «

Dans la vente sir R. Frederick (Londres, 1874), le dessin fut adjugé à Filpot, pour la somme de io5 livres sterling.

Le musée de Dijon possède un dessin de la Cène, attribué erronément à Rubens.

Gravure: V. S. Nouveau Testament, 23 1.

1377. Le Christ et un Apôtre, d'après Léonard da Vinci.

Paris. Louvre, 20191. Dessins expose's, n» 566.

Aux crayons rouge et noir, lavé d'encre de Chine, de bistre et d'aquarelle sur papier gris. H. 31.4, L. 43.5.

Le Christ et l'apôtre qui se trouve à l'une des extrémités de la fresque, ont les deux mains étendues. Les deux figures sont dessinées sur deux morceaux de papier qui ont été collés sur une même feuille. La partie supérieure des personnages seule est reproduite. Devant le Christ se trouve une coupe sur un pied élevé, qui ne se voit pas dans la fresque.

Photographie: A. Braun.

1378. Le Christ mis au tombeau, d'après Raphaël.

Il existe une gravure de Luc Vorsterman, reproduisant un dessin attribué à Rube'ns, d'après la Mise ait toinbeaiL du Christ par Raphaël. Cette gravure a été copiée par un anonyme (Michel van Lochem exe).

Le Christ est posé sur un cube de pierre. Un disciple le tient par les épaules; deux autres l'ont porté sur le linceul; un quatrième a passé le bras du Christ par dessus son épaule et aide ainsi à le soutenir. Marie et St. Jean se tiennent au second plan; la Madeleine est agenouillée aux pieds du Christ qu'elle embrasse. La gravure de Vorsterman porte la dédicace : - Mariée Magnae Britannise Serenissimae Reginae haec Christi corporis humatio, a Luca Vorstermanno in aes incisa a Raphaello Urbin. delin. D. D. Ex Arundeliana penu deprompta cum privileg. Reg. excusa. 1628. -^

Le nom de Rubens ne se rencontre pas sur l'estampe.

Gravures: V. S. Nouveau Testament 385, Luc. Vorsterman; Anonyme (Van Lochem exe).

i379- Le Christ donnant les clefs a St. Pierre, d'après Raphaël.

L'iconographie rubénienne cite clans l'œuvre du maitre une gravure de Pierre Soutman d'après Raphaël et représentant le Christ donnant les clefs à St. Pierre. A droite, le Sauveur est debout montrant du doigt le premier des Apôtres qui est agenouillé devant lui et tient les clefs. Derrière St. Pierre, les apôtres, à la file, écoutent avec respect et étonnement ce que le Christ dit. En légende les mots: - Tu es Petrus et supra hanc petram œdificabo Ecclesiam meam : et portae inferi non prœvalebunt adversus eam. Mathœi i6. " Dans le coin inférieur, à gauche: - Raphaëllo Urbijn Pinxit. P. Soutman delin. et excud. Cum Privil. -< Le nom de Rubens n'est pas mentionné sur la planche. On peut admettre cependant que Soutman a gravé cette estampe, comme quelques autres, d'après un dessin fait par Rubens en Italie. Quand on compare la gravure avec le dessin de Raphaël que possédait le duc d'Orléans et qui a été gravé à l'eau-forte par P. P. A. Robert (Cabinet du roi par Crozat pi. 40) et sur bois par Nicolas Le Sueur, on remarque que l'estampe de Soutman reproduit assez librement les physionomies des personnages et certains détails. Dans son estampe, le Christ est entouré de brebis qui manquent dans le dessin de Raphaël; par contre, on n'y voit pas la silhouette de la ville de Jérusalem que l'on aperçoit dans le fond du dessin. Rubens a fortement accentué le type juif des apôtres, auxquels Raphaël avait prêté un caractère de beauté académique.

La gravure de Soutman, comme le dessin de Raphaël, reproduit un des cartons des Actes des Apôtres, de ce dernier maître.

Gravure: V. S. Nouveau Testament 187, P. Soutman.

i38o. Le Buste de Jésus Christ, d'après un tableau ancien.

Les iconographies rubéniennes mentionnent plusieurs estampes représentant les bustes de Jésus-Christ et de la Vierge. Le Christ est vu de profil, regardant droit devant lui, la barbe entière et courte, les cheveux longs séparés sur le front et descendant en boucles sur les épaules. Le cou est nu, la partie supérieure d'un vêtement simple, bordé d'un ourlet, est visible. La Vierge lève les yeux au ciel, elle a la tète couverte d'un tissu flottant, drapé comme la coiffe d'une religieuse. Les deux bustes sont entourés d'un encadrement ovale.

Les gravures de Pontius et celle que Jean Galle a publiée portent la mention que la tète du Christ a été faite d'après un dessin de Rubens, exécuté par lui d'après un tableau ancien, que St. Ignace avait en grande vénération à Rome, et qui fut apporté de cette ville et donné à l'église de la Vierge à Halle par Jean VVoverius. La gravure de Pontius porte l'inscription: - Reverendissime in Christo Pater Muti Vitellesce generalis, et vos societatis Jesu omnes, vere viri Dei. Dei-Hominis, speciosissimi Régis, indeficientem contemplationem vobis, imo universo populo Christiano, divina hgec imago offert; quse in manibus, in osculis, in summa veneratione S. Ignatio Societatis vestras Auctori fuit. Quintinus Charlartus tanti Patris Amiens, deinde Filius, suspiciendse veritatis tabulam (Deo simillimam esse, divinorum participes pronuntiaverunt) Roma in Belgium detulit: ac postmodum Matri suje donc dédit etc. Ad sacrse vetustatis admirandaeque artis protot3'pon Petrus Paulus Rubens delineabat, P. Pontius incidebat. ■>

L'inscription de la gravure publiée par Galle commence aux mots: ^ Dei- Hominis, speciosissimi -^ et continue comme celle de l'estampe de Pontius jusc[u'à l'etc. qui est remplacé par les mots: « apud cujus hseredes toto paene vertente s?eculo mansit, donec in possessionem venit Joannis Waveri (Woveri) Antverpiensis, Equitis et Régi Catholico a consiliis, qui eam Hallis in aede Deiparae Virginis dedicavit ; inde ad sacrse vetustatis admirandaeque artis prototypum delineavit Petrus Paulus Rubenius œrique incisam excudit Joannes Gallseus Antverpiae. r<

La gravure de la tête de la Vierge ne porte pas de mention analogue ; elle a été gravée pour faire pendant à celle du Christ, d'après un modèle de provenance inconnue.

Gravures: V. S. (Histoire et Allégories sacrées) 70, P. Pontius et 71 Anonyme (G. Hendricx exe.) ; 72 et 73, JEgïd. Rucholle; 74 et y 5, Anonyme (Jean Galle exe); 76 et 77, C. Galle; 78 et 7g, Anonyme; 80 (La Vierge seule), Anonyme (Gillis Hendricx exe); 83, Anonyme.

i38i. L'Aveugle Elymas, d'après Raphaël.

Vienne. Collection Albertine, 488.

A la craie noire. H. 28, L, 41.

Eh^mas est vu de profil, tendant les deux bras en avant, comme un aveugle qui cherche son chemin en tâtonnant. Il a la tête couverte d'une calotte, une légère draperie couvre ses épaules.

Le dessin fait d'une main légère, à larges traits, reproduit la figure principale du carton de Raphaël : la Punition d'Elymas. Rubens a utilisé cette figure dans les Miracles de St. François Xavier, notre n" 432.

La même figure est reproduite dans un dessin que possède le musée de Dusseldorf.

Photographie: A. Braun.

i382. St. Pierre martyr, d'après le Titien.

La - Spécification des peintures trouvées à la maison mortuaire de feu Messire Pierre-Paul Rubens - mentionne sous le n° 3 : - Un grand dessein de S. Pierre martyr, qui se voit à Venise dans l'église SS. Jean et Paul, de Titian. 7^

Le dessin fut vendu au roi d'Espagne pour la somme de 5oo florins. Dans le compte de la mortuaire de Rubens, il est désigné comme - Une pièce de S. Pierre Martyr, d'après le Titien, marquée n» 3 (i). "

Le tableau du Titien périt dans l'incendie de l'église SS. Jean et Paul, à Venise, en 1867.

i383. Un Chevalier conduit par un Génie, d'après Pordenone.

Louvre. Collection His de la Salle, 212.

Dessin à l'aquarelle en couleurs diverses. H. 3g. 5, L. 33.5.

Un chevalier couvert d'une cuirasse, la tête nue, la chevelure longue, tenant d'une main une plume ou une branche de feuillage, donnant l'autre à un ange, s'avance en levant le regard d'un air inspiré. Le génie qui le conduit est vêtu d'une longue robe flottante et du doigt levé lui montre le ciel. Le dessin porte, sur un carré de papier collé dans le coin supérieur, à gauche, l'inscription suivante, tracée de la main de Rubens: '- In concavo hoc depictum est a lateribus utrinque templum Pacis quod procul visentibus integrum stare videtur, appropinquantibus vero et dapsidem subeuntibus corruere ac plane dissolvi. Pinxit Pordenonus Tarvisii. y^

(i) Een stuck van St. Peeter martir, nae Titiaen, geteeckent n° 3, voor gl. 5oo. (Bulletin des Archives d Anvers. II, 83).

Comme l'explique cette annotation, ce groupe fut peint par Pordenone à Trévise. Ce peintre exécuta dans l'église St. Pierre de cette ville des fresques; Rubens a copié l'une d'elles dans ce dessin.

Photographie: A. Braun.

Voir planche Sgy.

1384. Danaë, d'après le Titien.

Il existe une gravure de J. L. Krafft, représentant Danaë assise sur son lit, l'un bras appuyé sur les coussins, l'autre passé entre les deux jambes. A côté d'elle, une vieille femme déploie un tissu pour y recueillir les pièces d'or que Jupiter fait tomber du ciel. La gravure porte les indications : Titiano, P. P. Riibens del. Il reproduit, en fac-similé, un croquis fait d'après une œuvre du Titien.

Gravure: V. S. Fable 6, J. L. Krafft.

i385. Danaë, d'après le Titien.

Une gravui'e de Pierre Soutman reproduit une Danaë du Titien. Elle est couchée toute nue sur le lit, la tête reposant sur des coussins, une main pliée au-dessous de la tête, l'autre posée sur sa nudité. Des rayons percent à gauche. Dans le lointain, on aperçoit la mer. Au-dessus de la nymphe, à droite, une colonne et un rideau.

La gravure porte l'inscription: - Titianiis pinxit. P. Soutman fecit. -^ Le nom de Rubens n'est pas mentionné. 11 est permis de supposer que le modèle de la gravure était un dessin fait par Rubens, d'après le tableau du Titien, et faisant partie de la série de pièces semblables gravées par Soutman.

Gravure non citée: P. Soutman.

L'Enlèvement d'Hélène, d'après le Primatice.

Vienne. Collection Albertine, 417.

A la plume, relevé de blanc, gris et jaune. H. 27.5, L. 40.7.

Sept guerriers, dans une barque, enlèvent Hélène. Deux la retiennent par le corps ou par les vêtements, un troisième repousse les attaques des Grecs

qui se trouvent sur le rivage, un autre encore met la barque en mouvement. A l'arrière-plan, une seconde barque et un gros navire.

Le dessin porte une fausse signature de Rubens.

Le Louvre possède un dessin de la même dimension, n° 20268, reproduisant la même scène. Il est exécuté à la plume et au lavis, rehaussé de blanc.

Les deux travaux nous semblent également douteux.

Photographie (le dessin de l'Albertine) : A. Braun.

i385. Le Ravissement d'Hylas par les Nymphes, d'après Jules Romain.

Le catalogue de la vente Crozat (Paris, 1741, n° 814) mentionne - Le Ravissement d'Hylas par les Nymphes d'après Jules Romain, r, adjugé, avec trois autres dessins de Rubens, à i3o livres.

1387. Pluton jugeant les AMES, d'après le Primatice.

Paris. Louvre, 20262. Dessins exposés, n" SyS.

Au bistre, à l'aquarelle et retouché à l'huile sur papier gris. H. 40.7, L. 53.4.

Pluton est assis sur son trône, posé contre les bases de deux fortes colonnes. D'une main, il tient le sceptre ; de l'autre, le collier de Cerbère. Une femme est conduite devant lui pour être jugée. Plus bas, d'autres ombres attendent leur tour de paraître devant le dieu des enfers. Au second plan, des ombres qui ont déjà été jugées. La - Notice des dessins exposés au Louvre - remarque à propos de ce dessin : ^ L'abbé Guilbert nous apprend (Description historique du cJiâteau de Fontainebleau. I, iio) que ce sujet était peint en un petit tableau dans la Chambre de Saint Louis. -<

Photographie : A. Braun.

L'Histoire d'Ulysse, d'après le Primatice.

Le catalogue de la vente Crozat (Paris, 1741) mentionne sous le n° 85i parmi les dessins de Rubens : '- Quatre desseins, dont trois sont des desseins agréablement colorés, d'après les peintures du Primatice qui étoient dans la gallerie d'Ulysse à Fontainebleau, r,

i388. Vénus et Cupidon, d'après Giorgione.

Vénus, toute nue, est couchée dans un paysage, un bras plié autour de la tête ; un petit Cupidon repose sur sa poitrine. La pièce est connue par une petite gravure sommaire de J. L. Krafft, reproduisant en fac-similé un croquis fait d'après un tableau de Giorgione.

Le modèle portait la mention: Giorgion. Sur la gravure on lit: P. P. Rubens del.

Gravure: V. S. Fables 5o, J. L. Krafft.

i38g. Le Combat des Grecs et des Troyens, d'après un bas-relief

de l'arc de Trajan.

Paris. Louvre, 20248.

Dessin à la plume, lave' de bistre. H. 32, L. 23. 1.

Au second plan, on voit trois soldats Romains, dont deux tiennent en main des têtes coupées. Au premier plan, quatre hommes en costume de barbares, la frayeur peinte sur les traits, cherchent à échapper à un danger; un cinquième est étendu mort par terre. Trois chevaux se trouvent mêlés au groupe.

Ce dessin reproduit une partie du bas-relief de l'arc de Constantin à Rome, gravé par J. Perrier, sous le n° 24 de ses Icônes et segmenta illusirium e mannore Tabularuni quœ Romœ adhiic exstant, 1645. Ce fragment se trouve à gauche de l'estampe, à droite dans le bas-relief.

Photographie: A. Braun.

i3go. La Sibylle de Cumes, d'après Michel Ange.

Paris. Louvre, 20226. Dessins exposés, n° 567. Au.\ crayons noir et rouge. H. 45.5, L. 40.

Le corps vu de face, la tête tournée de profil, elle lit dans un livre ouvert qu'elle tient des deux mains et qui est posé sur un socle. A côté d'elle, deux petits génies.

i3gi. La Sibylle lybique, d'après Michel Ange.

Paris. Louvre, 20227. Dessins exposes, n" 568. Aux crayons noir et rouge. H. 52, L, ^4.

Vue de profil et assise, elle tient à la hauteur de la tête, sur les bras étendus, un volume ouvert. A côté d'elle, deux petits génies.

Ces deux dessins, comme les six prophètes que nous avons décrits plus haut, sont copiés d'après le plafond de la chapelle Sixtine, peint par Michel Ange. Ils proviennent de la collection Jabach.

Photographie: A. Braun.

1392. L'Enlèvement des Sabines, d'après Polydore de Caravage.

Le catalogue de la vente Mariette (Paris, 1775, n° 1021) mentionne:

" L'Enlèvement des Sabines: belle composition, exécutée en bas-relief à

Rome, par Polidore de Caravage, et dessiné parfaitement par Rubens au lavis, rehaussé de blanc. » Adjugé à 140 livres.

i3g3. Le Triomphe de Scipion, d'après Jules Romain.

Paris. Louvre, 2025o.

A la plume, lavé de bistre. H. 41.4, L. 57.

Sur un pont orné de deux statues, d'un sphinx et de panneaux sculptés, passe le cortège triomphal. En avant, des licteurs, puis des porte-étendard et des musiciens, parmi lesquels on remarque une femme jouant du tambourin, un homme battant les cymbales et plusieurs autres qui soufflent de toutes leurs forces dans de longues trompettes droites ou recourbées.

Ce dessin est copié d'après un carton de VHisioire de Scipion, qui se trouve au Louvre (Dessins exposés, n° 264). Ce carton faisait partie d'une suite de 22 pièces que le roi de France possédait en i534 et qu'il fit exécuter à Bruxelles en tapisserie (i). Il est probable que Rubens a vu la tapisserie à Paris entre 1622 et i625 et a fait d'après elle le présent dessin.

(i) Frédéric REISET: Notice des dessins exposés au Louvre. Paris, 1866. p. 242.

Il provient de la vente Crozat (Paris, 1741, n° 814), où il fut adjugé, avec trois autres, à i3o livres.

Photographie: A. Braun.

Voir planche 398.

1394. La Bataille de Cadore, d'après le Titien.

Bruxelles. Collection Koster.

Dessin à la plume relevé de bistre. H. 41, L. 96.

Deux troupes ennemies, l'une poursuivant l'autre, traversent un pont, à l'extrémité duquel le combat est engagé. Des cavaliers sont culbutés dans la rivière avec leurs chevaux; quelques guerriers cherchent à remonter sur les bords élevés et escarpés de l'eau. A droite, une pièce de canon.

Le dessin reproduit, rapidement esquissée, la Bataille de Cadore, peinte par Titien, dans la grande salle du conseil à Venise, et détruite par un incendie en 1577. C'est donc d'après une gravure, ou d'après une copie peinte, que ce dessin a été fait.

Comme nous l'avons dit, Rubens s'est souvenu de la composition du Titien en exécutant sa Bataille des Amazones (notre n° 570).

Il est assez probable que le présent dessin est celui que le catalogue de la vente Hoet (La Haye, 1760, n° 461) mentionne comme: '^ Une Etude de la célèbre Bataille des Amazones, à la plume, et lavé, dessin énergique et hardi par Rubens, " adjugé à Van der Mark pour 3o florins. Dans la vente de ce dernier (Amsterdam, 1773, n° 1429), il fut adjugé à Neyman pour 12 florins. Dans la vente Neyman (Paris, 1776, n° 753), il fut vendu à 17 livres. Plus tard, il appartint à sir Thoinas Lawrence, qui l'avait acquis dans la vente Dijonval. En dernier lieu, dans la vente EUinckhuysen (Rotterdam, 1878), il fut adjugé à son popriétaire actuel à 290 florins.

P h otographie : N ey t .

1395. Un Groupe de la bataille d'Anghiari, d'après Léonard da Vinci.

Paris. Louvre, 20271. Dessins exposés, n° 565.

A la pierre noire et à la plume, lavé d'encre de Chine et retouché à l'huile sur papier gris. H. 45.1, L. 64.

Quatre cavaliers se disputent un étendard ; l'un tient de ses deux mains la poignée passée derrière son dos; un second la tient d'une main et la défend

de l'autre, au moven de son sabre levé au-dessus de la tête. Les deux derniers cherchent à s'emparer du drapeau; l'un est armé d'une épéc qu'il lève au-dessus de la tète, l'autre d'une lance. Ce dernier tient dans la main la partie supérieure de la hampe brisée. Les chevaux semblent être animés de la même fureur que leurs maîtres et se cabrent, hennissent, cherchent à se mordre. Par terre, la lutte continue entre deux fantassins, dont l'un est tombé, la tête renversée sur le sol, et dont l'autre se rue sur son adversaire. Un dernier combattant se trouve agenouillé par terre, se couvrant de son bouclier.

Le dessin reproduit un fragment du tableau, destiné à orner la salle du Conseil au Vieux Palais de Florence. Léonard da Vinci avait fait le carton de cette peinture murale, mais il n'en exécuta point la fresque. Le carton original n'existait plus du temps de Rubens, mais à cette époque se trouvait encore, au palais des Tuileries, un petit tableau reproduisant l'œuvre de Léonard da Vinci. C'est d'après cette copie, ou d'après une autre qui existe encore à Florence, que Rubens doit avoir travaillé.

Le dessin possède bien toute la fougue et les formes puissantes du maître anversois. Nous croyons qu'il lui est attribué avec raison. Le sujet devait l'attirer et dans la facture soignée, dans la brillante exécution, nous devons voir une preuve de son admiration pour l'œuvre originale.

Le dessin a fait partie de la collection du comte de Tessin, ambassadeur de Suède à Paris, vers le milieu du dix-huitième siècle, et a été acquis en dernier lieu à Stockholm par M. le comte de Bark. Ce dernier le vendit au Louvre, en février i852, au prix de 4000 francs.

Le dessin a été gravé par Gérard Edelinck, d'après l'original ou d'après une copie qui a appartenu à Thomas Dinsdale, à sir Thomas Lawrence et au roi des Pays-Bas (i). La superbe estampe porte la mention: " L. d' la finse pin. G. Edelinck Se. ^^ Le nom de Rubens n'est pas mentionné.

Gravure: V. S. Histoire et allégories profanes, i3o, G. Edelinck.

Voir planche Sgg.

(i) Frédéric REISET: Notice des dessins exposés au Louvre, p. 3 18.

iSgô. Un Cortège de Licteurs, d'après Polydore de Caravage.

Londres. Collection Malcolm, 584.

A la plume, lavé de bistre et rehaussé de blanc sur papier bleu. H. 17, L. 42.

Un cortège de licteurs romains, dans la manière de Polydore de Caravage. Composition de plusieurs figures, disposée en frise.

Le dessin provient des collections Richardson, J. Barnard et sir Thomas Lawrence. Il pourrait bien être celui qui fut vendu dans la vente Crozat, n° 814, avec trois autres à i3o livres.

1397. Le grand Sultan ou son Visir a cheval, d'après Adam Elsheimer.

Londres. British Muséum.

A la plume, rehaussé à la pierre noire et à la sanguine. H. 27, L. 21.2.

Dessin très soigneusement fait d'après un tableau d'Adam Elsheimer (Voir plus haut. Tome IV p. 35) et reproduit par le graveur Pierre Soutman. Gravure: V. S. Histoire et Allégories profanes, 76, P. Soutman.

1398. TROIS TÈTES ET UNE FIGURE, d'après l'antique.

Paris. Louvre, 2o358.

A la pierre noire.

Archytas.

Figure assise, tenant d'une main un vase, de l'autre une quenouille. Sur le siège, on lit: F. APAS. Rubens a inscrit sur le dessin, dans le haut, Archytas, en bas : Apnd F . Ursinum. In numismate argenteo.

Lyslas. H. i3, L. 9.3.

Buste à base carrée, avec l'inscription: AYSIAS. Rubens a inscrit sur son dessin, dans le haut: LYSIAS; dans le bas: Apnd Horatium Vidorinm. In Marniore.

Sophocle.

Deux bustes accolés, sans inscription. Rubcns a annoté sur son dessin, dans le haut, SOPHOCLES; dans le bas : Apiid F. Ursinum. In Marmore.

Euripide.

Buste à base allongée, une draperie sur l'épaule gauche. De la main de Rubens sur le dessin, en haut: EURIPIDES ; dans le bas: Apud F. Ursinum. In Marmore.

Ce buste a été reproduit en gravure dans Albertus Rubenius, de Re Vestiaria p. 161. Sur le socle de dimension plus réduite on lit: EYPiniAHS.

Photographie : A. Braun.

1399. TROIS TÈTES ET UNE FIGURE, d'après l'antique.

Paris. Louvre, 20359.

A la craie noire.

Aristote.

Buste sur socle circulaire, vu de profil, avec l'inscription: APIIITOTEA... De la main de Rubens, sur le dessin, dans le haut: ARISTOTELES; dans le

bas : Apud Fui. Ursinum. In marmore.

Hérodote.

Deux bustes accolés par le derrière de la tète, avec l'inscription : HPOAOTOIi. De la main de Rubens, dans le haut: HERODOTUS; dans le bas: Apud. F. Ursinum.

Ménandre.

Deux bustes accolés par le derrière de la tête, sans inscription. De la main de Rubens, dans le haut: AIENANDER; dans le bas: Cum tabella Marmorea MENANAPO^ A... Apud F. Ursinum. In marmore.

Homère.

Figure assise, un livre ouvert sur les genoux, avec l'incription en exergue : OMHPOI.. De la main de Rubens : HOMERUS. Apud. F. Ursinum. In numismate œreo.

Photographie: A. Braun.

1400. TROIS TÈTES d'après l'antique.

Paris. Louvre, 2o36o.

A la pierre noire.

Homère.

Tête vue de profil, un cercle autour de la tête, avec l'inscription en exergue: OMHPO^. De la main de Rubens: HOMERUS. Apud F. Ursinum. In numismate œreo.

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