‹ L'œuvre de P.P. Rubens (volume 2)Chapitre 20 sur 298 · ET LES SCULPTEURS · texte numérisé non relu

ET LES SCULPTEURS

Dessins de Rubens pour l' église des Jésuites à Anvers.

Les plans de plusieurs parties de l'église des Jésuites, à Anvers, et plus spécialement celui de la façade, ont souvent été attribués à Rubens. Basan et Voorhelm Schneevoogt (Suites, 3o) citent parmi ses œuvres le plan et l'élévation de cette église, gravés par un anonyme, sous le titre : - Frontispicium Domus Professse Societatis Jesu iVntverpiensis, -r ainsi que le portail de l'église gravé par Jacques Neeffs, sous le titre: « Templum inchoatum anno 1614, absolutum 1621 et reliqua subsequentibus annis. -• Cette attribution n'est pas fondée. Une gravure de la façade, datant de 1644, que ces auteurs ne citent point, porte les inscriptions - Petrus Huyssens Brugensis Soc''^ Jesu, architectatus est n et - Joannes de la Barre vitrearum imaginum pictor delineavit, in œre sculpsit et excudit. -> D'autres documents que nous citons plus loin attribuent également à Pierre Huyssens les plans de l'église des Jésuites. Par contre Henschenius et Papebrocliius, les bollandistes, mentionnent comme l'auteur

de ces plans le père Aguillon, qui, disent-ils, les dessina selon les préceptes de Vitruve et jeta les fondements de l'église en i6i5 (i).

Rien n'empêche d'admettre que les deux opinions soient fondées. Le père x'\guillon mourut en 1617 (2); l'église ne fut terminée qu'en 1621; après la mort du premier architecte, le père Huyssens l'aura remplacé et dirigé la construction des parties qui restaient à bâtir et parmi lesquelles on peut compter la tour et la façade.

Les archives de l'église de St. Charles Borromée, à Anvers, anciennement l'église des Jésuites, possèdent une collection nombreuse de dessins et plans originaux de diverses parties de l'église, recueillis, au siècle dernier, par le père Pierre Dolmans. Cette collection porte le titre: - Promptuarium pictorum seu collectio variarum delineationum et iconum quam bibliothecse domus professorum Societatis Jesu Antverpise dédit R. P. Petrus Dolmans per Provinciam Flandro-Belgicam ejusdem Societatis Prsepositus Provincialis MDCCXLVn. r,

Parmi les pièces, datant de l'époque de Rubens, les principales sont:

1° Un plan de tout le bâtiment avec l'inscription: " Aidhentica et pulcherrima delineatio Dojmts profess. S. J. Antw. per P. Petriiiii Hiiyssens Brugensem Societatis Jesu presbyterum. n

2° La façade principale avec une variante pour la partie supérieure et les inscriptions : Prima idea sitperioris partis frontispicii. — Secunda idea superioris partis frontispicii.

3° Un plan de la façade latérale avec la tour, sous le titre: Authenticœ delineationes a P. Huyssens Brugensi S. J.

4° Un plan de la tour, avec l'inscription : Idea turris templi domus professœ antequam a Rubenio conciperetur et hœc delineatio facta.

5° Un second plan de la tour, avec l'inscription: Rudis et Secunda idea turris templi nostri sed nec approbata.

■ 6° Un troisième plan de la tour, portant pour titre: Perfectior idea secunda turris templi nostri hic, sed a Rubenio revisa et non approbata.

(i) Habet Antverpiœ Societas Jesu ad domum professam, ut vocamus, templum vetusti operis magnificum, Ligustico marmore œdificatum. Cujus templi et speciem secundum Vitruvianas prasceptiones (secus atque vulgo lit in his regionibus, ubi Gothicse substructiones prsehaberi soient) delineavit, & fundamenta anno MDCXV jecit Franciscus Aguillonius, Rector postremus collegii (Acta Sanctorum, Martii. I, p. 24).

(2) 1617. Moritur ecclesias novœ architectus P. Franciscus Aguillonius, Opticorum auctor. PapebrochiuS; Synopsis Annalhim Antverpienshim, edidit J. V(an) S(pilbeeck) p. 35.

7" Un quatrième plan de la tour où les trois étages inférieurs sont restés les mêmes que dans le plan précédent, mais oi:i les étages supérieurs et la calotte sont changés et dessinés par Rubens, dit la tradition.

8° Un plan de la façade latérale, au I^empart Ste. Catherine, avec l'inscription: Authentica delineatio sacristies exterius in platea " Kattevest - dicta.

9° Une vue de l'église du côté du jardin : Delineatio authentica ab ipso Riihcnio fcnip/i partis infevioris et siiperioris. Parte Iwrtus.

10° Le maître autel avec les mots: P. P. Riihcns — Seu potins P. Agillon.

11° Un plan de la voûte, avec l'inscription: Authentica delineatio ab ipso P. P. Rubciiio fornicis navis templi ante combustionem .

12° L'encadrement de l'écusson du roi d'Espagne, placé dans la voûte au-dessus du maitre-autel, avec l'inscription: P. P. Rnb. Supra altare maj. in fornice.

A l'exception de la dernière, les inscriptions que nous reproduisons ont été mises sur ces dessins au dix-huitième siècle. Elles prouvent que les plans de l'église sont attribués à Pierre Huyssens par celui qui les a recueillis et que la tour et d'autres parties du bâtiment sont mises sur le compte de Rubens. Leur examen nous a donné la conviction que Rubens est resté étranger à tous ces dessins, excepté au dernier qui est de sa main.

La collection Albertine possède de lui les dessins de la voûte d'une des chapelles de l'église des Jésuites et d'un autel qui rappelle le maitre-autel de la même église. Nous décrivons ci-après ces trois dernières pièces.

Le catalogue de la vente des tableaux provenant du Collège des Jésuites à Anvers (Anvers, 1776) mentionne, sous le n° 4 : " Un portique surmonté de la Ste. Vierge et de quatre Anges. Panneau, H. 3 pieds 8 pouces, L. 2 pieds. » Sous le n° 4^ : - Un Dessein, croquis à la plume, représentant un Autel d'ordre dorique, surmonté de la Ste. Vierge, sur papier. ^ Sous le n° 43 : " Un plafond allégorique croquis à la plume et quelques coups de pinceau, d'un bon goût; les Figures bien touchées. Panneau. ^ Sous le n° 522 : - Dessein à la plume. Un portique de l'Ordre Ionique surmonté d'un Saint et d'un Ange; signé P. P. Rubens. H. i pied 3 pouces, L. 9 1/2 pouces. ^

Ces dessins ou esquisses sont attribués à Rubens.

i35g. Les armoiries du roi d'Espagne et leur encadrement. Dessin à la plume, légèrement lavé à l'encre de Chine.

Dans la collection des plans que possèdent les archives de l'église St. Charles Borromée et que nous venons de décrire, se trouve un dessin de

rencadrement des armoiries du roi d'Espagne, placées, autrefois, dans la voûte au-dessus du maître autel de l'église des jésuites. L'écusson est resté vide, une couronne le surmonte, des ornements en forme de cartouche et la chaîne de l'ordre de la Toison d'or l'entourent. Ce projet n'a pas été exécuté; celui qui fut adopté, et qui n'est autre que le motif répété dans toute la voûte de l'autel, ressemble vaguement au croquis de Rubens. Le dessin porte l'inscription: P. P. Rttb. Supra altare maj. in fornice. Les armoiries du roi d'Espagne ont été détruites du temps de la révolution française ; on les a remplacées par le nom de Jésus, ce qui a pour conséquence singulière que ce nom est entouré du collier de la Toison d'or et surmonté de la couronne royale.

l36o. VOUTE DE LA ChAPELLE DE NoTRE-DaME DANS l'aNCIENNE ÉGLISE

DES JÉSUITES A AnVERS.

Vienne. Collection Albertine, 428.

A la plume, lavé d'encre de Chine et de bistre. H. 48.5, L. 35.

Le dessin représente exactement le plafond de la chapelle de Notre-Dame de l'église des Jésuites, à Anvers, et a évidemment servi de modèle aux sculpteurs qui ont exécuté les ornements.

La voûte est divisée en nombreux compartiments. Dans celui qui occupe le centre, on voit le nom de Marie, entouré de rayons alternativement droits et serpentants. Au-dessous du nom, deux anges en adoration; au-dessus, deux anges jubilants. A gauche et à droite, trois compartiments de forme demi-circulaire, ornés d'une tête de chérubin, à laquelle est attachée une guirlande de fruits. Ces compartiments représentent d'un côté et simulent de l'autre l'échancrure de la voûte par la baie des fenêtres. Au-dessus du compartiment central, l'arche d'alliance entre deux anges qui tendent des couronnes ; au-dessous, l'autel des sacrifices, entre deux anges sonnant de la trompette. Entre les compartiments des côtés latéraux et ceux du milieu, quatre angelets, portant l'un une fleur de lis, l'autre une couronne de roses, le troisième un miroir, le quatrième un vase précieux. Entre le compartiment supérieur et celui du milieu, un croissant flanqué de deux têtes de chérubins ; entre le compartiment inférieur et celui du milieu, une étoile flanquée de deux têtes de chérubins. L'arche d'alliance, l'autel des sacrifices, la fleur de lis, la couronne de roses, le iniroir, le vase, l'étoile et le croissant sont autant d'attributs de Marie. La division des compartiments est indiquée par des lignes tirées à l'équerre

et au compas, probablement par l'architecte. C'est un fort beau dessin; malheureusement, dans l'exécution le sculpteur a interprété les motifs avec trop de lourdeur, défaut que présente d'ailleurs l'architecture rubénienne en général.

Les deux chapelles latérales de l'église des Jésuites furent construites en 1625 (i).- C'est donc à cette date qu'il faut placer le présent dessin.

Voir planche SgS.

i36i. Modèle d'un autel de la Vierge.

Vienne. Collection Albeiiine, 427.

A la plume, relevé' de bistre. H. 52, L. 26.

Un autel de la Vierge. Des deux côtés du retable, une paire de colonnes torses, d'ordre ionique, partagées dans le sens delà hauteur en quatre sections; la première, à partir du bas, et la troisième sont ornées de cannelures ; la seconde et la quatrième de sculptures, représentant des anges se jouant entre des feuillages. Le couronnement est formé par deux ornements en forme de volute, sur lesquels, de chaque côté, est assis un ange, tenant d'une main une palme, de l'autre une couronne, qu'il tend vers la Vierge immaculée. Celle-ci, debout sur le croissant et entourée de rayons, couronne le tout et s'élève sur un socle richement orné. Dans la partie inférieure du dessin, une main du 17" siècle a écrit les mots: Altare P. P. Riibenii propria manu delineatum. C'est un beau dessin soigneusement fait, entièrement de la main de Rubens. La statue de la Vierge a été ajoutée postérieurement. La facture dénote un travail datant de i6i5 environ. En cette année, on allait construire le maître autel de l'église des Jésuites à Anvers, avec lequel le présent projet offre de l'analogie ; seulement chaque partie de l'autel construit, prise à part, présente de notables différences avec le dessin.

Photographie: A. Braun.

i362. La Maison de Rubens.

On range dans l'iconographie de Rubens les deux estampes de Harrewijn, reproduisant des vues de la maison de Rubens, et cela non sans raison. Il est

(i) PapEBROCHIUS; Synopsis Annaliiim Antvei-piensium, p. Sy.

évident, en effet, que le maître, s'il n'a pas fourni lui-même les plans des bâtiments aux architectes et les dessins des ornements et des statues aux sculpteurs, a donné au moins l'idée des uns et des autres, que l'ensemble et les parties ont été exécutés d'après ses conceptions et interprêtent ses idées en matière d'architecture et d'ornementation. C'est pourquoi, nous donnons ici la description de cette maison, telle que nous la connaissons par les gravures et par les documents écrits.

La plus ancienne des estampes de Harrewijn est datée de 1684. Elle représente la cour avec les bâtiments, qui la bordent des deux côtés, et avec le portique, qui s'ouvre dans le fond. A travers les trois arcades de ce portique, on distingue les parterres, les charmilles et le pavillon qui s'élève au fond du jardin.

La seconde estampe est datée de 1692. Dans sa partie supérieure, elle figure une coupe longitudinale de la propriété, qui permet de voir la façade latérale et la façade postérieure du bâtiment principal, le jardin, l'entrée de la remise, les écuries, un pavillon en lattis à l'extrémité sud du jardin, et le pavillon à colonnades au fond. Dans sa partie inférieure, la même estampe offre une vue de la façade principale, la coupe d'une haute salle ronde en forme de dôme, servant de chapelle, et la vue d'une chambre à coucher dont le plafond est en calotte.

A front de rue, l'estampe de Harrewijn représente la façade de l'hôtel de Rubens comme une construction fort disparate. Au nord, c'est-à-dire dans la partie la plus rapprochée de la place de Meir, on voit une habitation à porte cochère, ayant cinq fenêtres au rez-de-chaussée et six à l'unique étage. Un modeste pignon s'élève dans la partie du toit surplombant la porte; un second, de même forme, au milieu du bâtiment; un troisième, beaucoup plus considérable, s'élève à l'extrémité septentrionale de la façade; une girouette couronne ce dernier pignon élégant, datant évidemment du XV!*^ siècle. C'était la maison que Rubens acheta en 161 1 et qu'il habita, depuis lors, avec sa famille. Au milieu de la façade multiple, gravée par Harrewijn, s'élève un bâtiment, ayant, au rez-de-chaussée, cinq énormes fenêtres cintrées, mesurant au moins cinq mètres de hauteur. Une rangée de cinq croisées basses, sous le toit, surmontent les premières. C'est la construction que fit élever Rubens, qu'il orna richement et dans laquelle il établit son atelier. Plus au sud, on voit un bâtiment à trois issues: une porte cochère que nous savons être celle de la remise et deux portes cintrées, donnant accès dans deux maisons d'aspect bourgeois, que Rubens louait à des particuliers.

Quand, par la porte principale, on pénétrait dans la ccnir, on voyait, droit devant soi, l'arcade centrale du portique; à gauche, la maison ancienne de modeste apparence; à droite, le somptueux édifice élevé par KuIkmis sur les terrains vagues compris dans son acquisition. On traversait un porche sous lequel, à droite, s'ouvrait une double arcade conduisant à un escalier monumental, dont on voyait, à travers trois autres arcades en plein cintre, la rampe richement ornée. Parvenu dans la cour, on avait derrière soi la façade postérieure du vestibule. A la hauteur du premier étage de cette façade, régnait un mur couvert d'une peinture décorative, dont la partie inférieure représentait une galerie ouverte, dans laquelle se trouvait le peintre avec sa femme, son lévrier et deux perroquets ; dans la partie supérieure, une fresque représentait Andromède délivrée par Persée, telle que Rubens l'a peinte dans le tableau du musée de Berlin (notre n° 655). Entre les fenêtres de l'étage supérieur, des cariatides étaient peintes ou sculptées.

La façade latérale du nouveau bâtiment semblait divisée en un rez-de-chaussée et deux étages. Le rez-de-chaussée était simulé et ne formait qu'un tout avec le premier étage fictif. Au milieu de cette façade s'ouvrait une large porte surmontée d'une rosace; de chaque côté de la rosace, deux fenêtres. Dans la partie inférieure et au-dessus de la porte, des bustes antiques dans des niches. Entre les fenêtres de l'étage simulé, des bustes sur piédestaux.

Au-dessus des fenêtres et de la rosace, cinq peintures en forme de bas-reliefs. Les sujets de ces dernières compositions, pour autant que les reproductions microscopiques de la gravure nous permettent de les reconnaître, étaient: à côté du Persée et Andromède, dans la façade postérieure du porche, un sujet mythologique que nous ne retrouvons pas dans les tableaux de Rubens et dont nous ne saurions déterminer avec exactitude le sujet. Sur la façade latérale: la Marche de Silène, le Jugement de Paris, un sujet inconnu, un tableau où l'on voit couronner une femme, un cinquième représentant un sacrifice antique. Entre les fenêtres de l'étage supérieur, des cariathides peintes.

La façade postérieure du côté du jardin avait deux fenêtres et une porte vitrée, mesurant toutes trois, comme les fenêtres de la façade antérieure, la hauteur du rez-de-chaussée et d'un étage. Entre les fenêtres, sous le toit, étaient placées ou peintes deux statues.

Sur la façade de derrière, entre le premier et le second étage, trois peintures représentant : un sacrifice païen, rappelant la Clmte du Paganisme, un Héros couronné par la Victoire et Pluton enlevant Proserpine. Aucune de ces

compositions, excepté Persêe et Andromède, ne concorde avec les mêmes sujets traités par Rubens dans ses tableaux.

Au fond de la cour, séparant celle-ci du jardin, le portique. Il a trois arcades ; les deux latérales sont semi-circulaires ; le cintre de la baie centrale est à pans coupés. Au-dessus des ouvertures, un buste de satyre et un de satyresse. Au-dessus de la balustrade, couronnant le portique, les statues de Minerve et de Mercure et deux vases. Entre les baies des arcades latérales et les deux bustes qui les surmontent, on lit, sur des tablettes, des inscriptions empruntées à la dixième satire de Juvénal. A gauche:

Permittes ipsis expendere numinibus, quid Conveniat nobis, rebusque sit utile nostris. Carior est illis homo quam sibi.

A droite:

Orandum est ut sit mens sana in corpore sano. Fortem posce animum et mortis terrore carentem. Nesciat irasci, cupiat nihil.

Dans le coin de la cour, à droite, était construite une grotte, dans la concavité de laquelle un berger, accompagné d'un cerf, jouait de la cornemuse; du sol, un puissant jet d'eau s'élançait.

Le jardin était divisé en parterres symétriques, ornés de vases; la partie située au sud et séparée du reste par une haie, semble avoir servi de potager. A l'intérieur du pavillon, au fond du jardin, se trouvait une statue d'Hercule; à droite et à gauche, entre quatre colonnettes, les statues de Bacchus et de Cérès; dans une lucarne élevée, formant niche, une statue de l'Abondance.

Le portique et le pavillon furent construits par ordre de Rubens et évidemment d'après ses dessins ou indications.

Après la mort de Rubens, sa maison passa en différentes mains. Peu après 1753, elle subit une transformation qui lui donna sa forme actuelle. Le portique entre la cour et le jardin et le pavillon au bout du jardin existent encore.

La maison achetée par Rubens en i5ii a complètement disparu; celle qu'il a construite et oîi se trouvaient ses ateliers n'a pas été démolie ; elle a été remaniée. Dans la bâtisse du dix-huitième siècle, on retrouverait facilement la plus grande partie de l'édifice où Rubens a créé ses immortels chefs-d'œuvre.

Gravure: V. S. Suites 28, Harrewijn, d'après le dessin de J. van Croes.

Voir planches 894 et SgS.

Un monument funéraire.

Le tombeau est entouré d'une arcade en style corinthien. Sur un soubassement porté par quatre cliérubins, deux femmes se tiennent debout, l'une portant la main à la draperie qui couvre sa tête, l'autre tenant en main un disque. Elles se trouvent à côté d'une tablette, propre à recevoir une inscription. Au-dessus de cette tablette, deux pigeons, l'un attristé, l'autre s'envolant. Plus haut, un ovale entouré d'un encadrement et surmonté d'un socle, sur lequel brûle une lampe et devant lequel deux torches allumées sont croisées.

Le seul titre que l'on peut faire valoir pour attribuer le projet de ce monument à Rubens, c'est la mention de son nom sur la gravure que Pierre Clouwet en a exécutée. Nous ignorons à quel personnage il était destiiié.

Gravure: V. S. Allégories sacrées, 53, Pet. Paul Rubenius pinxit, Petrus Clouwet sculpsit.

i363. L'ÉPiTAPHE DE Jean Gevartius.

Dans la chapelle des cordonniers de la cathédrale d'Anvers se trouvait le monument sépulcral de Jean Gevartius, père de Gaspar, l'ami de Rubens.

Une plaque, portant une inscription commémorative, est surmontée du buste du défunt, placé dans une niche ; au-dessus de cette niche, une lampe antique brûle et de chaque côté descend une torsade de feuillage ; au-dessous, une colombe, portant dans le bec un rameau d'olivier, avec l'inscription : Non semper imbres. D'un côté de la plaque, une statue de la Paix debout, tendant de la main droite un caducée vers une vipère qui se dresse à ses pieds et portant dans la main gauche un rameau d'olivier ; de l'autre côté, la statue de la Justice tenant les balances et un rouleau de papier. Sous la Paix, le nom EIPHNH et l'inscription SERVANT! BENEDICTIO ; sous la Justice, le nom AIKH et l'inscription VIOLANTI ANAOHMA. Dans la partie inférieure, la plaque est ornée de l'écusson de la famille Gevaerts.

La gravure est signée: Pet. Paul Rubenius delin. Lommelin sculp.

Dans le premier état, la gravure mentionne les noms des deux fils du défunt, Charles et Gaspar, et celui de Jean fils de Gaspar, mort à l'âge de douze ans, sans la mention de la date de leur mort. Dans le second état, la date de la mort et l'âge de Gaspar sont indiqués. Jean Gevaerts mourut en i6i3 ; le style du monument présente un caractère rubénien assez prononcé pour que nous croyions pouvoir admettre l'attribution du projet au maître. Si le monument a été exécuté vers i6i3, Artus Quellin, né en 1609, ne saurait l'avoir exécuté.

Voorhelm Schneevoogt mentionne un état où le nom de Rubens est remplacé par celui de Quellin.

Gravure: Allégories sacrées V. S. 54, Lommelin.

Un monument funéraire.

Dans sa description des églises d'Anvers, Mois mentionne dans la cathédrale, au dernier pilier des petites nefs, tout près de la chapelle de la Vierge, le monument sépulcral de la famille De Moy, exécuté par Artus Quellin, d'après les dessins de Rubens. Ce tombeau, de même que le précédent a été détruit pendant la Révolution française. Impossible de se faire une idée du fondement de l'attribution.

Dessin d'un plat.

Le catalogue de la vente du duc de Tallard (Paris, lySô) mentionne, sous le n° 407: - Deux desseins, dont un titre de livre très bien composé, et le dessein d'un plat, autour duquel sont plusieurs anges qui tiennent les instruments de la passion. Il a été exécuté pour la cathédrale d'Anvers.

Ces deux dessins furent adjugés à 8g livres ig sous.

L'Aiguière de Charles I. (Voir notre n° 688).

1364. Un Hermathène.

British Muséum.

Dessin à la plume.

Une tète de Minerve et une tète de Mercure accolées, dessinées à grands traits par Rubens. Le dessin porte les inscriptions suivantes, tracées de la main du maître: tout en haut: Hermathène; sur le casque et le pétase: Ex ferro aut ebeno aui ex electro; sur les chairs: Ex ebore; à droite, en bas, sur le fond: Memnonia nigra et altr.. Auro. Ces inscriptions sont évidemment des indications destinées au sculpteur

Photographie : Pretorius.

Gravure: Ce dessin a été gravé dans Antique Greek and Roman coins, gems etc. Engraved froin Original Drawings of Rubens by G. Van der Gucht.

Le même Hermathène, modifié dans les détails et surmontant une tablette en pierre de taille, a encore été gravé par un anon3'me qui est probablement Corneille Galle (V. S. Histoire et Allégories profanes, g4 : Anonyme).

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