SUITES
Les Apôtres.
Il existe une série des apôtres, gravée prétendument d'après Rubens. Ils sont représentés debout sur une estrade, au milieu de laquelle s'avance une saillie en forme de piédestal ou de cartouche portant le nom du saint ; ils sont enveloppés dans de larges draperies à l'antique; la tête est entourée d'une auréole. Nous donnons quelques détails sur chaque figure en particulier.
St. Pierre. Il tient d'une main une clef levée à la hauteur de la tête; de l'autre main, la seconde clef à la hauteur de la ceinture. C'est une copie du St. Pierre gravé par Rumoldus Eynhoudts (Voir n'' 484).
St. André. Le menton repose sur la main gauche ; la main droite tient un livre sur la hanche. Il a les jambes croisées et s'appuie du coude sur la croix derrière lui.
St. Jacques Majeur. L'une main entoure le bâton de pèlerin appuyé sur le sol,- l'autre retient le manteau jeté sur l'épaule; le chapeau est attaché sur le dos.
St. Jean. Il dirige les yeux vers le ciel. L'une main, un peu étendue, tient le calice ; l'autre est posée sur la poitrine.
St. Thomas. L'une main tient une lance posée sur le sol, l'autre porte un livre enfoncé dans les plis du manteau.
St. Philippe. Il pose une main appuyée sur le point d'intersection d'une croix longue et légère, appuyée sur le sol ; de l'autre main, il tient un livre.
St. Barthélémy. L'une main tient un livre ouvert qui repose sur le bras; l'autre, une hache.
St. Mathieu. Les doigts de la main gauche sont passés dans sa longue barbe; la main droite est cachée sous le vêtement. Une lance appuyée sur le sol est retenue par le bras gauche.
St. Jacques mineur. La tète penchée, regardant le sol ; le corps appuyé sur une massue; la main droite tenant un livre.
St. Simon. Un livre dans lequel il écrit repose sur le bras gauche; la jambe gauche est pliée et repose sur le bout du pied ; une scie est appuyée contre lui.
St. jficdas Thadéê. L'une main est posée sur la poitrine; l'autre tient une équerre.
St. Mathias. Les yeux levés au ciel ; l'une main cachée dans les draperies ; l'autre tenant une hache contre la poitrine.
St. Paul. Les deux mains sont appuyées sur le pommeau de son épée, dont la pointe repose sur le sol. Copie du St. Paul gravé par Rumoldus Eynhoudts (Voir n° 485).
On rencontre cette suite gravée, avec l'inscription: P. P. Rubens pinxit snr toutes les feuilles, avec Sclielte a Bolsivert scnlp. sur le St. Pierre, le St. Jean, le St. Jacques Mineur et le St. Paul, et avec l'inscription P. Clouet sculp. sur le St. André. L'adresse du premier éditeur est Gillis Hendrickx. Corneille Galle publia ensuite les planches avec un frontispice ayant pour titre : 55. Apostolorum Jcones a Pet. Paulo Rubenio delineatœ, a Cornelio Galle evulgatœ Antverpiœ. Ce titre est inscrit dans un cartouche attaché à la croix et entouré des attributs et des instruments de supplice des apôtres. Le St. Esprit plane dans le haut. Dans cette édition, on a ajouté aux apôtres un Christ avec l'inscription Salvator Mundi et une Vierge.
Le Christ est vu de face, il lève la main droite pour bénir et tient le globe terrestre dans la main gauche (Schelte a Bolswert sculp.). Dans certains exemplaires de la série, le Christ tient une croix, debout à côté de lui.
La Vierge porte une couronne étoilée; l'une main tient un sceptre; l'autre, posée à la hauteur de la ceinture, retient la draperie supérieure. On rencontre aussi la Vierge portant l'enfant Jésus cjui, des deux mains, la caresse sur les joues.
Une copie, en sens inverse, de cette suite de seize pièces, le frf)ntispice compris, a été publiée par Gérard Valck, sous le titre : SS. Apostolorum icônes a Pet. Paiih) Riibenio (k'iincntcc, a Gcrardo Valk Ainstelœdamensis. Le mot evulgatœ a été oublié.
Les figures des apôtres rappellent vaguement les apôtres de Kuljcns, gravés par Ryckemans (nos n"* 68-80), mais les attitudes difiterent. Schelte a Bolswert et P. Clouet inscrivent sur les pièces: P. P. Riibcns piiixil; Corneille Galle se contente de dire: a Pet. Paiilo Rubenio delineatœ. Nous sommes convaincus que Rubens n'a peint ni le Christ ni la Vierge ni les apôtres, à l'exception toutefois de St. Pierre et de St. Paul. Il est même fort douteux qu'il les ait dessinés, malgré l'affirmation des graveurs et des éditeurs. La facture est molle, la pose banale, les draperies monotones.
A cette suite viennent s'ajouter plusieurs pièces :
St. Michel terrassant Lucifer. L'archange tient dans la main droite la foudre ; au bras gauche, il porte le bouclier. Sous ses pieds, Satan se tord, un serpent enroulé autour du bras (P. P. Rubens pinxit. Petr. Clouet sculpsit).
Deux anges, l'un debout, portant les trois clous et la lance de la passion ; l'autre, tenant la couronne d'épines, emprunté, comme le précédent, au tableau la Trinité' du musée d'Anvers (notre n° 82) et gravé, comme le premier, par Pierre Clouet.
Selon Basan, il faut encore y ajouter deux autres anges et les quatre évangélistes, ces derniers gravés par Lommelin.
St. Mat/lieu, vu de front, les jambes croisées, regardant dans un livre, dont il tourne les feuillets.
St. Luc, vu de face, une plume dans l'une main, un rouleau de papier dans l'autre, la jambe gauche nue jusqu'au-dessus du genou.
St. Marc, les yeux baissés; l'une main retient la draperie sur la poitrine; l'autre tient un livre, en partie caché sous le manteau.
St. Jean tenant d'une main une plume, de l'autre un livre ouvert.
Les attributs des évangélistes ornent le devant de l'estrade sur laquelle ils sont debout.
Une femme, ayant une fraise au cou et reproduisant la noble dame qui se trouve à mi-hauteur, contre le cadre, dans le tableau la Conversion de St. Bavon (notre n° Sgô), a été évidemment gravée pour faire partie de cette suite. La planche par Clouet (V. S. Histoire et Allégories profanes, 142) ne porte pas de titre.
Du moment que l'on ne borne pas cette série aux figures des Apôtres,
annoncées sur les frontispices, et à celles du Christ et de la Vierge qui d'ordinaire y sont jointes, elle s'étend outre mesure. En effet, outre les anges et les évangélistes cités, il y a un nombre considérable de saints et de saintes gravés d'après le même type: figures en pied, debout sur un socle, dessinées par Abraham Van Diepenbeke et par Erasme Quellin. Ces deux élèves de Rubens doivent être les vrais auteurs de toute la série.
Gravures: V. S. Suites, i, Schelte a Bolswert et Pierre Clouet; 2, Anonyme (Gérard Valk exe).