‹ L'œuvre de P.P. Rubens (volume 3)Chapitre 100 sur 161 · L'ANNONCIATION · texte numérisé non relu

L'ANNONCIATION

Vienne. Musée impérial, 1160.

Toile. H. 224, L. 200.

A Vierge était agenouillée à son prie-dieu lorsque l'ange entra. En l'apercevant, elle se lève. Sa main droite est encore appuyée sur son livre de prières, sa main gauche fait un geste d'étonnement et d'effroi. Elle est simplement vêtue : une auréole entoure sa tête. L'ange a mis un genou en terre et appuie la main sur l'autre genou ; il lève la main gauche et regarde respectueusement Marie en lui parlant. Ses ailes sont ouvertes et soulèvent la draperie qui lui couvre les épaules. Ses cheveux bouclés sont agités encore par la rapidité de son vol. Le St. Esprit descend dans une gloire céleste vers Marie. A côté de lui, cinq anges voltigent dans les nuages ; deux d'entre eux répandent des lis et des roses sur la Vierge. A gauche, une draperie ; sur le prie-dieu, une lampe au pied élevé.

(i) H. Hymans : Notes sur quelques œuvres d'art consei~vées en Flandre et dans le Nord de la France (BuUelin des Commissions royales dart et d'archéologie, Tome XXII. i883, p. 193).

La couleur est brillante, trop brillante même, au point de causer de la dureté ; l'idée est fort heureuse ; l'attitude timide de la Vierge et le respect de l'ange sont bien rendus.

La dédicace de la gravure de S. a Bolswert nous apprend que le tableau fut commandé à Rubens par la grande congrégation des lettrés, dirigée par les Jésuites d'Anvers. Il ornait l'autel de la salle inférieure de la Sodalité.

Selon Michel, il fut fait par Rubens immédiatement après son retour d'Italie (i). x\près la suppression de l'ordre des Jésuites, le tableau fut acheté par le directeur de la galerie impériale, Joseph Rosa, en même temps que d'autres peintures provenant des églises et collèges de la société de Jésus supprimée. Il fut évalué à 2000 florins et transporté à Vienne, en 1776 (2).

L'édifice de la Sodalité dans lequel se trouvait le tableau fut bâti postérieurement à l'église des Jésuites, c'est-à-dire après 1620. Avant cette date, Rubens ne peut donc avoir peint le tableau pour un des autels de ce local. D'ailleurs l'œuvre ne présente aucunement le caractère d'un tableau du maître, fait après son retour d'Italie. Ou bien, elle est faussement attribuée à Rubens, ce qui est assez difficile à admettre, en présence de l'affirmation positive de la dédicace de la gravure de S. a Bolswert ; ou bien, elle date d'avant son départ pour l'Italie. Cette dernière hypothèse fournit la seule raison plausible des grandes divergences de facture qu'elle présente avec les autres productions du maitre. Ainsi s'expliquerait aussi, dans la dédicace de la gravure, la mention du grand laps de temps qui s'est écoulé entre l'exécution du tableau et celle de l'estampe [qnondam depingi curavit). Il faudrait donc admettre que le retable avait servi pour un autre autel de la congrégation des lettrés, avant de venir occuper sa place à la Sodalité.

Gravures : V. S. (Nouveau Testament) i, S. a Bolswert (Dédicace : Perillustri Sodalitati Partheniœ Majori litteratorum, quam ipsa Virginis Annuntiatae tabulam Rubeniana manu quondam depingi curavit et in Oratorio suo ad Domum professam Soc. Jesu Antverpiae colit veneraturque ; hanc in ses incisam Martinus van den Enden officii causa D. C. Q.) ; 3, Anon. (Gilles Hendricx exe.) ; 4, F. Langot. Non décrit: Anonyme (P. Mariette exe).

Photographie : Cari Haack.

Voir planche 48.

(i) J. F. M. Michel : Histoire de la vie de P. P. Rubens. P. 102. (2) Eduard R. V. Engerth : Kiinsthistorische Sammlungen des Allerhôchsten Kaiserhauses. Gemàlde. Beschreibendes Ver:ieichniss. Vorwort, p. LIV-LV. Vienne, 18S2.

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