LE MARIAGE DE LA VIERGE
|arie et son fiancé se tiennent dans l'embrasure d'un portique, à l'intérieur du temple. Joseph soutient la main droite de la Vierge, au doigt de laquelle le prêtre passe l'anneau. Marie porte sur ses cheveux dénoués une couronne de roses ; au-dessus de sa robe, un large manteau est
drapé. Saint Joseph est vu de face, habillé d'une tunique et d'un manteau largement ouvert sur la poitrine. A gauche se trouve un groupe, formé du prêtre, d'un aide et d'un enfant de chœur portant un flambeau ; à droite se tiennent trois femmes, dont l'une, vêtue d'une pelisse, est vue de profil ; des deux autres, on ne voit que la tête. Dans le haut du tableau voltige un joli groupe de trois anges, dont deux répandent sur les époux un petit panier de lis et de roses, et dont le troisième laisse tomber sur eux une poignée des mêmes fleurs. Le fond est formé par le portique, à travers lequel on voit le ciel, et par des colonnes et des piliers d'ordre ionique, figurant les constructions du temple juif.
Le groupe des personnages, est d'une composition aisée et heureuse. La figure de la Vierge est trop massive, mais sa tête est d'une distinction rare. La femme qui se trouve immédiatement derrière Marie rappelle le portrait d'Hélène Fourment à la mantille, que possède M. le baron Gustave de Rothschild, à Paris.
Suivant Mariette, le tableau se trouvait jadis dans le couvent des religieuses de Ste. Elisabeth, autrement dit de Sion, à Bruxelles (i).
Descamps regardait ce tableau comme une copie et Mensaert était également d'avis qu'il n'était pas de la main de Rubens (2).
Dans le compte de la succession du maître, on trouve annoté qu'une copie du Mariage de Marie et Joseph fut donnée au sieur Philippe Le Roy, « en reconnaissance du bon paiement fait par lui des mandats de messieurs des finances (3). "
Une copie ancienne du même tableau existe au musée de Madrid (n° 1628) ; elle mesure 5i centimètres de hauteur sur 41 de largeur. Une autre, faite par Mathieu van den Berg, élève de Rubens, orne l'église de St. Martin, à Ypres ; elle mesure 220 centimètres sur i55 (4). Une troisième par Jean de Reyn, est exposée à l'église de St. Éloi, à Dunkerque (5).
Le musée de cette dernière ville possède un petit tableau peint sur panneau, haut de 76 et large de Sy centimètres, provenant de l'abbaye de St. Winoc. Le catalogue de ce musée l'inscrit sous le nom de Rubens.
(i) P. J. Mariette: Abecedario. Paris, iSSS-iSSg. V, 75.
(2) Descamps : Voyage, p. 80. — Mensaert : Le peintre amateur et curieux. I, 120.
(3) P. GÉNARD : Bulletin des Archives d'Anvers. II, 82.
(4) Alexandre Couvez : Inventaire des objets d'arts qui ornent les églises et les établissements publics de la Flandre Occidentale. Bruges, ]852. P. 576.
(5) Catalogue du musée de la ville de Dunkerque, 1880. P. 38.
M. H. Hymans approuve cette attribution (i). Si elle est fondée, l'œuvre que nous n'avons pas vue, mais qui concorde parfaitement avec la gravure de S. a Bolswert, serait une répétition, en petit format, du retable original. Le même catalogue parle d'une quittance de 600 livres payées à Rubens pour ce panneau et pour une Réconciliation de Jacob et d'Ésail, quittance qui se conserverait aux archives de Bergues St. Winoc. Ce document n'existe pas au dépôt indiqué.
Le tableau de Dunkerque a été photographié par M. Malfait.
Dans la vente de la collection Northwick, tenue à Londres, le 26 juillet i85g, une grande peinture du même sujet fut adjugée à M. B. Waldron pour la somme de 175 guinées.
Dans la vente Crozat (1741), les dessins du Mariage de la Vierge et d'un Christ entre les larrons furent vendus 108 livres à l'évêque de Tournai.
Gravures: V. S. (Nouveau Testament) 14, S. a Bolswert; i5. Anonyme (G. Hendricx et Geeraert Donck exe.) ; 16, Conr. Lauwers ; 17, Anonyme (Chéreau le jeune exe.) ; 18, F. Ragot. Non décrit : Lithographie anonyme. ■ Voir planche 47.