‹ L'œuvre de P.P. Rubens (volume 3)Chapitre 107 sur 161 · L'x\DORATION DES BERGERS · texte numérisé non relu

L'x\DORATION DES BERGERS

Vienne. Acade'mie des Beaux-Arts, 622. Esquisse. Panneau. H. 56, L. 40.

droite la Vierge est agenouillée sur un fragment de fût de colonne ;

des deux mains, elle soulève le linge qui recouvrait Jésus. St.

Joseph montre l'enfant aux bergers. Ceux-ci sont au nombre de quatre ; deux femmes agenouillées, deux hommes debout. La bergère la plus rapprochée du nouveau-né est une jeune fille qui, les mains jointes, contemple l'enfant ; la seconde est une vieille femme ayant au bras une cruche à lait

(i) Waagen : Treasures of Art. III, 3io.

et joignant les mains. Un berger portant un chapeau à bords relevés regarde l'enfant ; à côté de lui, une espèce de géant, le corps à moitié couvert d'une fourrure, appuie une main sur sa houlette et élève l'autre à la hauteur de l'œil en signe d'admiration ou pour s'en faire un écran contre la vive lumière que projette le petit Jésus.

L'ancienne église des Dominicains à Anvers, actuellement l'église St. Paul, possède un tableau qui présente de frappantes analogies avec cette esquisse et qui a été parfois attribué à Rubens, quoique sans aucun fondement sérieux. Le berger herculéen, si caractéristique, debout à gauche, s'y retrouve à peu près identiquement ; le geste de la Vierge est le même ; la seconde figure debout et les anges dans le ciel se ressemblent également. Cependant les différences sont prononcées. Dans le tableau d'Anvers, la Vierge est assise et sur le devant il y a un berger colossal agenouillé qui manque dans l'esquisse.

Les analogies entre ces deux compositions sont assez frappantes pour que nous ayons cru ne pouvoir les passer sous silence.

Annotons encore quelques renseignements sur les Adorations des Bergers attribuées à Rubens.

Dans la vente de Preuil (1811), on vendit 6000 francs l'esquisse d'une représentation de ce sujet où l'on voyait neuf personnages, et deux anges dans les airs portant une tablette, avec les mots Gloria in excelsis. Elle mesurait 2 pieds 5 pouces, sur i pied 11 pouces. La description ne s'accorde avec aucune des compositions connues.

Dans la vente de Jacques De Wit (Amsterdam, 24 mars lySS), une Naissance du Christ, avec plusieurs figures et accessoires, haute de 2 pieds, large de i pied 7 pouces, fut adjugée à 85 florins.

La Pinacothèque de Munich (n° 806) possède une esquisse sur panneau, H. 35, L. 25 centimètres, rangée dans les productions de l'école ou de l'atelier de Rubens. La petite pièce insignifiante n'appartient d'aucune façon au maitre.

Dans la mortuaire de Rubens, il y avait une petite Nuit de Noël ^ qui fut cédée à la veuve du peintre pour 18 florins (i) «.

Dans l'inventaire des objets d'art possédés par Charles II, duc de Mantoue, rédigé le 10 novembre i655, on rencontre - un petit tableau de la Nativité, de la main de Rubens r. Dans l'expertise des tableaux de la galerie

(i) P. GÉNARD : Bulletin des Archives d'Anvers. II, 87.

de S. A. faite vers 1700, ce tableau est désigné de la manière suivante : « Une Nativité, de la grandeur d'un bras et demi, par Rubens «.

On range sans motif dans l'œuvre de Rubens une Adoration des Bergers composée et gravée par Guillaume Panneels, disciple de Rubens (Voorhelm Schneevoogt, 34). L'estampe porte la dédicace : In honorem admodum Reverendi Patris in Christo Dni Michaëlis de Weerdt Antwerpien. Soc. Jesu, Doctoris Theolog. etc. Guilielmus Panneels, Discip. Rubeni inv. et fec. 'Francofurti ad Mœnum. MDCXXX.

Il existe une lithographie de C. Clauder portant pour titre die heilige NacJit et représentant une Adoration des Bergers. La composition est attribuée par le graveur à Rubens, sans aucun fondement.

L'Adoration des Bergers.

Sujet d'un des plafonds de l'église des Jésuites, à Anvers (Voir n° 2).

L'Adoration des .Bergers.

Marseille. Muse'e, 400.

Prédelle de l'Adoration des Rois, à l'église St. Jean, à Malines (Voir ce tableau).

Voir planche 53.

L'Adoration des Bergers.

Un des sujets dessinés par Rubens pour le Missel plantinien (Voir Dessins). Gravures: dans le Missel, par C. Galle; séparément (V. S. 46), par Michaël Snyders et (V. S. 41) par un anonyme (Basan excudit).

i56. LA CIRCONCISION.

Gènes. Église de St. Ambroise ou des Je'suites. H. 4.00, L. 3.00. (Environ).

ANS le haut du tableau, un groupe d'esprits célestes, entourant le nom de Jéhovah, d'où partent des rayons lumineux ; un grand ange à gauche, un second à droite ; plus bas, cinq angelets entrelacés.

Presqu'au milieu de la composition, la Vierge est assise et détourne la tête de l'opération douloureuse que subit son fils. A côté d'elle sont deux femmes qui lèvent les 3'eux vers le ciel pour contempler l'apparition céleste. A droite, l'on voit le prêtre pratiquant la Circoncision. A ses côtés, deux assistants, un vieillard et un jeune homme ; derrière lui, un homme à longue barbe tenant dans les mains un livre ouvert et regardant le ciel. L'enfant est couché sur une table, au milieu du tableau. A l'extrême gauche, une femme debout tient par la main un enfant qui met un doigt sur la bouche. A côté d'elle, deux autres spectatrices.

C'est une peinture fort déplaisante et complètement indigne de Rubens. Les figures sont d'une lourdeur peu commune ; la gloire qui, d'en haut, jette sur elles une lumière chaude n'est pas en état de dissiper le ton sombre qui semble encore appesantir la composition. Si le tableau n'avait pas reçu un cachet d'authenticité par une tradition irrécusable, par l'affirmation expresse de Bellori et par la gravure de Lommelin, nous nous refuserions à l'inscrire parmi les œuvres de Rubens.

Il doit avoir énormément souffert du temps et des restaurateurs maladroits, pour présenter un aspect aussi déplorable.

Il fut probablement peint pendant le séjour de Rubens en Italie, pour le marquis Nicolas Pallavicini qui l'offrit à l'église des Jésuites.

Rubens apprit à connaître, en 1607, ce riche Génois qui fit des affaires de banque avec le duc de Mantoue. Devant l'autel sur lequel la Circoncision est placée, se trouve une pierre sépulcrale portant l'inscription suivante :

Franciscus Julius Marcellus Jo. Csesar et Nicolaus Augustini Pallavicini Filii templi hujus adjunctse domus a se fundatae seternam mercedem expectaturi una cum successoribus primogenitae posteritatis apud- Societatis Jesu patres ut sua vivi ita se ipsos mortui deposuere.

Eu ésjard à la coutume constante d'enterrer devant l'autel le donateur du retable et à la circonstance que Nicolas Pallavicini commanda à Rubens le tableau de St. Ignace pour la même église, on peut affirmer que le peintre exécuta ce tableau pour le même gentilhomme, au début de leurs relations amicales et durables. On sait qu'en 1618 Nicolas Pallavicini servit de parrain à Nicolas, le second fils de Rubens.

Gravure : V. S. 47'^'^ Adrianus Lommelin. Dans la gravure, on ne retrouve pas le nom de Jéhovah que l'on voit dans le haut du tableau. Sir Thomas Lawrence possédait un dessin de la composition. Dans la mortuaire de Rubens, il y avait une esquisse de la Circoncision,

collée sur panneau. Elle fut donnée par les héritiers à Antoine Vrancx,

imprimeur à Anvers, pour sei-vices rendus au défunt (i).

Ce fut probablement d'après cette esquisse que Lommelin grava sa planche.

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