‹ L'œuvre de P.P. Rubens (volume 3)Chapitre 117 sur 161 · L'ADORATION DES ROIS · texte numérisé non relu

L'ADORATION DES ROIS

Lyon. Musée, 234.

droite, contre le cadre, se tient le groupe de la Ste. Famille. St. Joseph appuyé sur son bâton regarde avec curiosité la scène de l'adoration ; Marie, debout devant lui, soutient l'enfant tout nu qui

appuie un pied sur la paille de la crèche. Il donne l'autre à baiser au mage

agenouillé et lui pose la main sur la tête.

(i) Joseph, Maria ende drij Corànghen, in vijf stucken, originele van Rubens. fl. 100.

Ce roi a placé son offrande sur la crèche, et tient le pied de l'enfant entre les mains. Il porte un riche manteau et une pèlerine d'hermine. Cinq hommes de la suite et deux pages se montrent entre les deux premiers rois. Un des pages porte le vase de myrrhe. Le second roi est une superbe figure habillée d'un turban, d'une tunique blanche et d'un immense manteau rouge dont la traîne est soulevée par un petit page à genoux.

Entre le second et le troisième roi se montrent encore six hommes de la suite. Le roi nègre se tient à gauche, portant un habit en drap d'or sur lequel est jeté un manteau bleu ; il a les deux mains sur les hanches. Dans une belle pose, majestueux et fier, il regarde la scène. Un nègre, à côté de lui porte une cassette remplie d'encens et un page tient un encensoir.

La Vierge a une douce figure un peu pâle, les tètes des hommes sont trop brunes ; celles des pages sont belles.

Nous avons vu cette œuvre dans les conditions les plus déplorables, à un moment où elle était cachée derrière une rangée de peintures modernes, exposées dans les locaux du musée de Lyon. Elle nous parut être un travail d'élève fait d'après une esquisse du maître et retouché par celui-ci.

Nous devons dire cependant qu'un homme compétent entre tous, M. Franz von Reber, directeur de la Pinacothèque de Munich, déclare le tableau fait par Rubens, avant son départ pour l'Italie.

11 fut vendu, le 17 septembre i6g8, à Anvers, par un certain Gisbert van Ceulen, à l'électeur de Bavière Max Emanuel, et orna pendant plus d'un siècle le château de Schleissheim (i). En 1800, il fut enlevé par les Français et donné, en i8o5, par le gouvernement au musée de Lyon. En i8i5, on négligea de le comprendre parmi les œuvres d'art réclamées par les pays spoliés.

Gravures : V. S. 80, L. Vorsterman, 1621. (Dédicace : Serenissimo Maximiliano utriusq. Bavarias duci et Christianse religionis piissimo assertori inclyto regnorum vindici, hancce sanctorum regum sacram adorationem Petrus Paulus Rubenius venerabundus dedicabat consecrabatq.) ; 81, C. Galle; 82, Anon. (J. C. Visscher exe.) ; 83, Jacob Wangner. Non décrit : Dubouchet.

La planche de Vorsterman diffère du tableau. Elle représente, derrière St. Joseph, l'âne, le bœuf et un chien qui ne figurent pas dans la peinture. En outre, on ne retrouve pas dans le tableau la partie supérieure de la gravure. Il est probable que la peinture a été raccourcie à droite et dans le haut.

(i) Communication de M. Franz von Reber.

Toutes les autres estampes, excepté celle de Dubouchet, sont des copies de celle de Vorsterman.

Le musée du Louvre (Dessins exposés, n° Sjg) possède le dessin fait par Vorsterman pour sa gravure.

Voir planche Sy.

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