‹ L'œuvre de P.P. Rubens (volume 3)Chapitre 122 sur 161 · LA FUITE EN EGYPTE · texte numérisé non relu

LA FUITE EN EGYPTE

Cassel. Musée, 176.

Panneau. H. 40, L. 53.

|u milieu de la composition, on voit la Vierge, montée sur un âne et tenant l'enfant endormi serré contre la poitrine. La tête et le buste de Marie sont couverts d'une draperie sous laquelle le petit Jésus est abrité. Elle est vue presque de face. St. Joseph est vu de dos ; il porte un large manteau d'un brun jaunâtre et s'appuie sur un bâton. A gauche, il y a deux anges : l'un conduit l'âne en marchant devant ; l'autre, qui a des ailes de papillon, vole à côté de la Vierge et montre le chemin. Le groupe est sur le point de traverser un ruisseau. Dans le lointain, on aperçoit la moitié d'une figure microscopique de cavalier représentant l'ennemi qui poursuit la Sainte Famille.

Le fond du tableau est très sombre ; une lumière vive sort de l'enfant et éclaire chaudement les personnages ; on distingue les couleurs bleue, rouge et brune de leurs draperies. Comme effet de lumière et de couleur, la pièce est une perle ; la Vierge a la tète la plus jolie que l'on puisse voir. Le tout est travaillé avec un soin extrême. Il est probable que le tableau a été plus grand. A droite, on a dû voir la lune, dont on ne distingue plus que la corne inférieure du croissant, dans le ciel, et l'image entière, dans l'eau. Les deux cavaliers reproduits dans l'estampe de Marinus devaient également être visibles dans la peinture.

Le tableau est signé de la main de Rubens, dans le bas, à droite,

P. P. RVBENS. F.

Il se trouve mentionné dans l'inventaire du musée de Cassel de 1749.

Il passa dans la vente Jean van Schuylenburg (La Haye, 20 septembre 1735) et fut adjugé à 600 florins.

Mois (5732 p. 84) transcrit une note de Van der Hoeven et Gas, constatant que ceux-ci ont vu le tableau chez un certain Grimberge (i).

(i) Ick hebbe hy Grimberge gesien een cleyn stuckxken van Rubens wonder schoon representeerende Fugam Egypti, waerop Rubens synen naem hadt geset met vergulde letteren. Van der Hoeven en Gas.

Le Louvre (n"^^ 430) possède une représentation du même sujet qui offre quelques variantes. Elle est plus grande que la pièce de Cassel (Panneau. H. 75, L. 100). Dans le fond, on distingue trois bergers couchés près d'un feu, une femme debout, des vaches et des moutons qui manquent dans l'œuvre de Rubens. L'exemplaire du Louvre a porté, jusqu'en i8i5, la désignation Pasticcio de Dietrich. Il est insignifiant et complètement indigne de Rubens, sous le nom duquel il figure. Le catalogue . du Louvre confond ce pastiche avec le tableau original.

Le panneau du Louvre a été copié d'après Adam Elzheimer. Cet artiste que Rubens tenait en haute estime et dont il reproduisit des œuvres affectait ce gem'e de sujets. Le musée du Louvre et la pinacothèque de Munich possèdent de lui une Fuite en Egypte d'une autre composition. On peut donc affirmer, avec une certitude suffisante, que le présent tableau est une imitation par Rubens d'un original d'Adam Elzheimer.

Gravures : V. S. 102, Marinus ; io3, C. Galle ; 104, C. Galle ; io5, Anonyme. La gravure de Marinus présente des différences sensibles avec le tableau de Cassel. Dans l'estampe, on ne voit pas de ruisseau; l'ange qui vole au-dessus de l'âne a des ailes emplumées et tient une torche enflammée ; un troisième ange vole au-dessus de la tête de St. Joseph. Le paysage est différent.

Photographie : von Hanfstaengl.

Sous le no io5, Voorhelm Schneevoogt mentionne une Fuite en Egypte, gravée par un anonyme, publiée par C. Galle. En réalité, c'est la gravure faite par Maviez, d'après la Fuite en Egypte de Guido Reni que possède le musée de Bruxelles. L'éditeur J. Haest, d'Anvers, a fait gratter, sur le cuivre, les noms du peintre et du graveur pour y substituer ceux de Rubens et de Corn. Galle.

Une esquisse de ce tableau que Smith qualifie de magistralement achevée faisait partie en i83o de la collection d'Abraham Hume (i). L'ange volant au-dessus de l'âne tient une torche. C'est probablement d'après cette pièce que fut faite la gravure de Marinus.

Cette esquisse parut dans la vente de Jacques de Roore (La Haye, 1747) et fut adjugée à ii5 florins.

Voir planche 61.

(i) Smith : Catalogue. lî, 860.

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