LA MADONE
(La Vierge au Myosotis).
Bruxelles. Musée, 412.
Panneau. H. 65, L. 48.
A Vierge, vue de trois quarts, est assise tenant l'enfant Jésus sur les genoux. Elle est vêtue d'une robe écarlate, sur laquelle est posée une draperie bleue. La robe ouverte sur la poitrine laisse voir un des seins nu et le linge blanc. Elle regarde affectueusement son enfant et tient des deux mains le linge qui entoure le petit Jésus. Celui-ci est tout nu ; il tient d'une main le voile de gaze qui descend de la tête de sa mère ; de l'autre, une fleur de myosotis. Les cheveux de la Vierge sont bruns ; ceux de l'enfant sont blonds et crépus, ils forment les boucles minces et ténues que Rubens affectionnait à un moment de sa carrière.
Le fond est formé, à droite, par une échappée de vue sur le paysage ; à gauche, par des rosiers en fleurs. Sur une des roses, on distingue une mouche ; sur un arbre, un oiseau est perché ; près de celui-ci, un autre vole.
La peinture est faite avec un soin extrême ; elle est lisse et fondue dans la pâte. Le ton des chairs est blanc, chaudement teinté avec des glacis rosés, jaunâtres et bleutés. Au coin des lèvres et des yeux, aux fosses nasales et sur le contour des bras, les carnations sont relevées de points de carmin. La draperie bleue est nuancée de reflets rosés. Sur le côté gauche de la figure de la Vierge tombe une ombre transparente comme celle qui descend sur le front de la femme au chapeau de paille.
Le fond de verdure et les rosiers sont probablement de Jean Breughel de Velours. L'opposition de tons sombres et clairs dans la verdure, l'exécution soignée des fleurs, des feuilles et des oiseaux semblent le prouver suffisamment, quoiqu'il faille admettre que le collaborateur a quelque peu élargi sa manière pour se mettre en harmonie avec Rubens.
Les figures sont entièrement de la main de Rubens et datent de 1620 à 1624. Le tableau forme une précieuse pièce de chevalet peinte avec soin et avec amour.
Il fut acquis par le musée de Bruxelles de M. Léon Gauchez, en 1882, au prix de 75,000 fr. et provenait de la collection Tomkinson qui, en 1840, l'acheta, dans la vente J. Douglas, pour la somme de i55 guinées (i). Exposé dans la British Institution, en i863 (2).