‹ L'œuvre de P.P. Rubens (volume 3)Chapitre 137 sur 161 · LA MADONE · texte numérisé non relu

LA MADONE

(Vierge dans iine niche avec six anges).

ANS un riche encadrement est représentée la même Vierge que nous avons décrite sous le n" iSg ; les seules difi'érences qu'elle présente avec celle de Borrekens (V. S. 10) c'est que la forme de sa couronne

(i) Giovanni Grivelli : Op. cit. p. 248.

est autre, que l'enfant Jésus porte un globe sans croix et que la tète de l'enfant et celle de la mère ne sont pas entourées de rayons.

L'encadrement se compose d'une niche creusée dans un mur qui se prolonge à droite et à gauche, et est bordée par deux piliers encastrés, portant un fronton qui renferme un cartouche avec les mots: Ego quasi vitis fructificavi. Eccl. 24. Du côté gauche de la niche est suspendue une lourde guirlande de fleurs et de fruits, sortant du cartouche au-dessus de la Vierge et retombant à côté du pilier ; du côté droit, six anges sont en train d'attacher une seconde guirlande pour former pendant à la première. Deux d'entre eux se sont élevés à mi-hauteur, portant la tête de la guirlande ; les quatre autres sont à terre et tiennent le bout opposé.

La niche, la guirlande et les anges sont les mêmes que ceux de la Cérès du musée de l'Hermitage. Une Vierge de Rubens a donc été gravée dans un encadrement composé par le maître. Cet arrangement a permis au graveur de signer son œuvre de l'indication : P. P. Rubens inventor. Il est à remarquer qu'il ne dit pas pictor. L'estampe de Galle fut dédiée à Nicolas Rockox. Comme celui-ci mourut le 12 décembre 1640, la même année que Rubens, on doit admettre que la gravure se fit et se publia du consentement du maître.

M. Pierre Boyer, de Nice, possède un tableau entièrement conforme à la gravure de C. Galle (Toile H. i54, L. 119). Il n'y a d'autre différence que la mèche de cheveux tressés d'un des anges qui existe sur la gravure et non sur le tableau. Les lampes antiques qui surmontent le fronton sont plus rapprochées du sommet de la composition dans la gravure que dans le tableau.

La Vierge porte une robe rouge, une draperie bleue et des manches blanches. Son expression est d'une grande douceur, la mine de l'enfant est éveillée. La lumière vient de droite à gauche, elle laisse dans la pénombre la guirlande à gauche, répand une douce clarté uniforme sur la Madone et frappe le groupe des anges et les fruits qu'ils portent d'une lueur intense et ardente. Très probablement, le tableau est de la main d'Erasme Quellin. Il ne saurait d'aucune façon être attribué à Rubens.

Gravures : V. S. i55, C. Galle (Dédicace : Nobilissimo amplissimoque viro D. Nicolao Roccoxio, equiti, urbis Antverp. cos. IX de patria omniumque hominum génère meritissimo, ac singulari bonarum artium patrono, hanc augustissimse cœlorum reginae effigiem, cultori ejus eximio Hermannus de Neyt, editor, Lub. Mer. Dedicab ; iSj, Anonyme ; i58. Anonyme (Hend. Lamb. Roghman exe).

Voir planche 69.

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