‹ L'œuvre de P.P. Rubens (volume 3)Chapitre 142 sur 161 · MADONE ET SAINTS · texte numérisé non relu

MADONE ET SAINTS

(La Vierge avec St. Georges et autres Saints dans un paysage.)

ANS le catalogue des œuvres d'art trouvées dans la mortuaire de Rubens,

se rencontre, sous le n° 84, une Vierge avec St. George et autres Saints,

Cette pièce fut vendue à Philippe IV, pour 880 florins (2).

Dans l'inventaire des tableaux appartenant aux rois d'Espagne, dressé en

i585, nous trouvons une peinture de 2 verges de haut et i 1/2 de large,

représentant la Vierge, Saint Joseph, Saint Georges et des Saintes de la

(i) Dawson TurneR : Catalogue of the jvorks of art in the possession of sir Peter Paul Rubens at the time of his decease. Seconde édition, iSSg. P. 6.

(2) Een stuck van 0ns Lieve Vrouwe met St. Joris geteeckent n° 84 voor de somme van fl. 880. (P. GÉNARD : Comptes de la mortuaire de Rubens. Bulletin des Archives d Anvers, II, 85.)

main de Rubens. Dans l'inventaire de 1700, le même tableau est évalué à i5o doublons (i). Depuis lors, il a disparu.

209. LA VIERGE RECEVANT L'HOMMAGE DE QUATRE PÉNITENTS ET D'AUTRES SAINTS.

Cassel. Musée, 187.

Toile colle'e sur bois. H. 257, L. 202.

droite du tableau, sur une estrade recouverte d'un tapis multicolore, la Vierge est assise sous un rideau jaune suspendu entre deux colonnes. Elle porte une robe rouge et une draperie bleue. Sur son genou replié, elle tient l'enfant debout. A côté d'elle se trouve le petit St. Jean couvert d'une peau de brebis et accompagné de son agneau qui est couché à terre. Devant elle, l'enfant prodigue est agenouillé, le dos énergiquement éclairé, le milieu du corps entouré d'une draperie verte. Derrière lui, Marie Madeleine s'incline humblement devant la Vierge. Dans le fond, on aperçoit St. Augustin et le roi David. A gauche. St. Georges, St. B'rançois et St. Dominique.

St. Augustin croise les mains sur la poitrine ; le roi David porte une couronne ; St. Georges tient un drapeau ; St. François et St. Dominique sont vêtus des habits de leurs ordres. Les accessoires, notamment le mouton, le tapis, les draperies sont le travail d'un élève ; Rubens a peint le fils prodigue et la Madeleine ; il a seulement retouché les chairs des autres personnages. Sur les principales draperies, il a jeté les points lumineux.

L'enfant prodigue est d'une peinture vigoureuse, ainsi que les têtes de St. François et de St. Dominique. La Vierge, l'enfant Jésus et le St. Jean ont des traits bien insignifiants. Ceux de la Madeleine et du St. François expriment une componction profondément sentie. David est remarquable par sa douleur muette et concentrée. Le groupe, formé par le fils prodigue et la Madeleine et encadré par les autres saints, est d'une composition aisée et réussie.

La rangée des personnages les plus rapprochés de la Vierge se compose de quatre pénitents célèbres dans l'histoire sainte : le fils prodigue, Marie Madeleine, David et St. Augustin. Dans une autre oeuvre (Munich, Pinacothèque, 746), Rubens, ayant à faire figurer quatre pénitents, choisit Marie Madeleine,

(i) Cruzada VillaaMIL : Rubens diplomatico Espanol, 343-344.

David, St. Pierre et le bon larron. Les deux premiers de ces quatre personnages présentent des analogies dans les deux tableaux. Nous ne saurions donner de raison plausible pour expliquer la présence des trois saints qui, dans la présente composition, se trouvent à gauche.

Le tableau date de 1620 à i625, de la même époque que la galerie de Médicis.

En parcourant les inventaires du musée de Cassel, nous l'avons trouvé mentionné pour la première fois, parmi les œuvres de Rubens, en i8ig. Le catalogue manuscrit de i8i5 ne le cite point. Nous croyions donc, avec le directeur actuel de la galerie, M. Eisenmann, que l'œuvre y était entrée entre 1816 et iSig. Plus tard, cependant, notre collègue de Cassel eut l'obligeance de nous écrire que des recherches nouvelles lui avaient fait découvrir qu'elle se trouvait dans la galerie grand-ducale depuis 1749, mais que, dans l'inventaire de cette année, elle figurait sous le nom de Van Dyck et sous le titre des " Sept péchés mortels «. Elle a conservé cette attribution et ce titre jusqu'en 1819.

Le tableau est mentionné dans le catalogue des œuvres d'art délaissées par Rubens sous le n° 160 et la dénomination ^ Les Pécheurs repentis, grande pièce. V Le texte anglais dit : " Une grande pièce de Madeleine, sur toile collée sur panneau. «

Rubens a donné au St. Dominique les traits du père Ophovius qui passe pour avoir été son confesseur.

Le musée Germanique de Nuremberg (Tableaux, 276) possède une ancienne copie de ce tableau, à laquelle Rubens n'a pas touché.

Le musée de Hanovre en possède une autre dans laquelle le fils prodigue manque.

Dans la collection de Jullienne (Paris, 1767), on vendit pour 480 fr. une Vierge assise dans une niche et tenant l'enfant Jésus. Huit figures les accompagnent ; on y distingue d'un côté un évêque et de l'autre la Madeleine qui se prosterne. Tableau peint sur bois, de douze pouces six lignes de haut, sur dix-neuf pouces de large.

Gravure: V. S. (Nouveau Testament) ici, W. Unger (tirée de Zeitschrift fiir bildende Ktmst, 1870, p. 2o3).

Photographie : F. Hanfstaengl.

2IO. LA VIERGE RECEVANT L'HOMMAGE DE QUATRE PÉNITENTS ET D'AUTRES SAINTS.

St. Pétersbourg. Musée de l'Ermitage, 541.

OMPOsiTioN identique à celle du tableau de Cassel, excepté que, dans la toile de St. Pétersbourg, le roi David ne' porte pas de couronne, mais un capuchon, .et qu'entre la Madeleine et l'enfant Jésus, on voit un enfant qui donne la main au bambino.

Travail d'élève, retouché rapidement par le maître. Le tout peint d'une manière assez rude, à la même époque que le numéro précédent. Photographie : A. Braun.

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