‹ L'œuvre de P.P. Rubens (volume 3)Chapitre 53 sur 161 · LE CHRIST ET LES DOUZE APOTRES · texte numérisé non relu

LE CHRIST ET LES DOUZE APOTRES

Rome. Galerie du palais Rospigliosi. Panneau. H. 102, L. 71.5.

|ans cette série se trouve le Christ. Il est représenté le torse nu, une draperie blanche et rouge sur le milieu du corps. Ses cheveux longs, sa barbe courte et légèrement crépue sont de couleur châtain. De la main gauche, il tient la croix. Peinture claire et molle.

Les apôtres sont semblables, par le dessin, à ceux du musée de Madrid. Quelques-uns ont des draperies de couleur différente. St. Pierre porte un manteau blanc, St. Jean une draperie rouge et brune, St. Paul un vêtement vert.

Gravures des numéros 56 à 80 .■ V. S. (Suites) 3, Nicolas Ryckemans. La série comprend le Christ et treize Apôtres. On y trouve St. Jacques Mineur, qui manque au musée de Madrid et à la galerie Rospigliosi. Dans la gravure, il est vu de profil, tenant d'une main un gros bâton de pèlerin et de l'autre un livre caché dans son vêtement. Nous avons adopté les noms des personnages tels que Ryckemans les grava au-dessous des figures. Son travail s'étant fait sous la direction de Rubens, on peut se fier à lui pour l'exactitude des dénominations. Dans la marge inférieure de chaque planche, on lit le verset que, suivant la tradition, chaque apôtre ajouta au Credo. On sait que la tradition varie sur ces attributions. 4, Graveur anonyme. 5, Pierre Isselburg. Le Christ de cette suite porte la dédicace suivante .- Reverendissimo et illustrissimo S. R. I. principi et Domino, Domino Johanni Georgio Episcopo Bambergensi, domino SILO clementissimo hasce sacras imagines a P. P. Rubens depidas, a se vero œri incisas in signum hiimillimœ devotionis consecrat Petrus Isselburg Coloniensis. Plusieurs apôtres sont désignés sous des noms différents dans la suite d'Isselburg et dans celle de Ryckemans. L'un d'eux (St. Jacques Mineur dans la première de ces suites, St. Judas Thaddée dans la seconde) présente deux poses bien distinctes. Dans la planche d'Isselburg, elle est de tous points conforme au St. Matthias qui fait partie du Christ et ses Apôtres, gravés par Corn. Van Caukercken, d'après Antoine Van Dyck. Dans la suite d'Isselburg, St. Simon (lisez St. Thomas) tient une lance et St. Judas Thaddée (lisez St. Simon) tient une scie, qu'ils n'ont pas dans celle de Ryckemans. 7, Anonyme (G. Donck exe.) ; c'est la même suite que celle d'Isselburg, avec quelques changements ; 6, Anonyme (Gaspar Huberti exe.) ; les figures sont représentées dans un paysage ; certains apôtres portent d'autres noms que dans les planches de Ryckemans.

La collection Albertine, à Vienne, possède les dessins du Christ et des douze apôtres. Ils sont conformes aux gravures de Ryckemans, sauf de légères différences. St. Jacques Mineur y manque. Ces dessins ont été photographiés par Ad. Braun.

Au musée national de Stockholm se trouve un dessin de Rubens, qui représente le Christ tenant sa croix. Cette figure offre la plus grande analogie avec le Christ gravé par Ryckemans ; seulement les mains sont autrement posées. Il en existe une photographie.

Les douze Apôtres, du musée de Madrid, et le Christ, qui manque à

la série, furent peints par Rubens pour le duc de Lerme, lors du premier séjour du peintre en Espagne, dans la seconde moitié de i6o3 ou au commencement de 1604. C'est ce que Rubens affirme lui-même, dans la description des tableaux offerts en vente par lui à Dudley Carleton, en 1618. Nous avons déjà cité ce passage (p. 8) ; il est de la teneur suivante : « Douze apôtres avec un Christ, faits par mes élèves, d'après les originaux de ma main appartenant au duc de Lerme, copies que je retoucherai toutes et entièrement de ma main. •^

Les douze apôtres avec le Christ, qui se trouvent au palais Rospigliosi, à Rome, sont probablement ceux que Rubens offrit en vente à Dudley Carleton.

Ceux-ci étaient, comme on vient de le voir, des copies faites par des élèves, copies qui étaient terminées, le 28 avril i5i8, mais qu'à cette date Rubens devait encore retoucher.

Dudley Carleton n'acheta pas la suite que lui offrit le peintre. L'exemplaire du palais Rospigliosi se trouvait, déjà avant 1783, dans cette résidence seigneuriale, qui s'appelait alors la villa Aldobrandini (i).

Les gravures de Ryckemans ne portent pas de privilège ; ceci pourrait faire admettre qu'elles furent exécutées avant 1620 (2).

Les gravures d'Isselburg furent faites dans la première moitié du dix-septième siècle. Le texte de leur dédicace ne décide pas la question de savoir si les tableaux gravés appartenaient, ou non, à l'évêque de Bamberg.

Comme Rubens a dû conserver une reproduction peinte ou dessinée de la série qu'il laissa en Espagne, on peut admettre qu'il a rapporté à Anvers les dessins appartenant à la collection Albertine et que c'est d'après ceux-ci qu'il fit faire les copies offertes en vente à Dudley Carleton, ainsi que treize des quatorze gravures de N. Ryckemans.

Une série de quinze tableaux, comprenant le Christ, treize Apôtres et la Vierge, d'après Rubens, fut vendue, le 14 janvier i6i5, par Théodore Galle à son beau-frère Balthasar Moretus, pour la somme de iio florins (3).

(i) Voyage dun amatew des arts (M. de la Roque). Amsterdam, 1783. II, 272.

(2) H. Hymans. Op. cit., p. 239-240.

(3) 161 5. Adi 14IÎ janvier. Pour les tableaus des Apostres avec nostre Signeur, N''^ Dame et St. Jean, à l'imitation de Rubens, fl. iio. (Archives du musée Plantin-Moretus, comptes de famille, i6o5-i657, f- 21).

Dans l'inventaire des biens de la famille Moretus, dressé le 3i décembre i658, ces quinze tableaux se retrouvent et sont évalués à 60 florins (i).

Une autre copie, de forme ovale et de petite dimension (H. 2 pieds, L. I pied 9 pouces), existait au musée de Cassel, en 1749, suivant l'inventaire manuscrit fait en cette année. Elle fut donnée en cadeau au prince Maximilien de Hesse par le landgrave Guillaume VIII, le fondateur de la galerie, mort en 1760 (2).

Voir planche 20.

(1) Christus, Maria ende i3 apostelen, in i5 stucken, copye nae Rubens, fl. 60.

(2) Archives du musée de Cassel.

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