LE COURONNEMEiNT DE LA VIERGE
Bruxelles. Muse'e, 409.
Toile cintrée. H. 400, L. 25o.
ARiE est agenouillée sur un croissant, reposant sur des nuages, dans lesquels planent cinq jeunes anges et deux têtes d'anges à collerette d'ailes. Elle porte une tunique de couleur pourpre à reflets et au-dessus de ce vêtement une draperie bleue. Ses mains sont modestement croisées sur les seins, ses longs cheveux bruns descendent en tresses épaisses sur les épaules. A sa gauche, Dieu le Fils, debout sur les nuages, se penche pour tenir, de la main droite, la couronne au-dessus de la tête de sa mère ; de la gauche, il touche l'épaule de la Vierge ; il a de longs cheveux châtains et porte une draperie rouge flottante. A la droite de la Vierge se trouve Dieu le père, vêtu d'une tunique blanche recouverte d'une draperie jaune ; sa barbe et ses cheveux sont gris. Il est assis sur les nuages, le sceptre appuyé sur le genou, un pied sur le globe. Avec le Christ, il tient une couronne au-dessus de la tête de la Vierge. Le St. Esprit plane au-dessus d'elle. Dans le fond, une gloire céleste ; en bas, un nuage bleu d'ardoise nuancé de blanc.
C'est un travail d'élève retouché par le maitre. La composition et l'exécution sont banales. Marie seule se distingue par une belle pose et une expression de pureté virginale et d'humilité. Le groupe d'anges dans le bas est beau ; les deux tètes d'angelets sont de la main du maitre.
. Le tableau date de i525 environ. Il fut peint pour l'église des Récollets, à Anvers, où il se trouvait dans le transept droit sur l'autel de la Vierge.
Il fut enlevé par les commissaires de la république française, en 1794, et donné en 1802 au musée de Bruxelles. En iSi5, il fut laissé à Bruxelles
et il y resta, malgré l'ordre donné, le 24 avril 1817, par le Ministre de l'Intérieur de les restituer - aux établissements auxquels ils avaient appartenu (i). «
Dans la vente Van der Schrieck (Louvain, 1861), on vendit une esquisse désignée comme la première pensée de Rubens pour le présent tableau (Panneau. H. 65, L. 5i). Elle fut adjugée à M. Schollaert pour 2000 francs. Elle avait été achetée de M. Heris, en i835.
Smith vit, vers 1840, chez un marchand d'estampes, l'étude originale pour ce tableau faite d'une main libre et légère (Panneau. H. 48, L. 42). On en demandait 5o guinées (2).
Gravures: V. S. 41, P. Pontius ; 42, Joan. Meyssens ; 43. Anonyme (Mart. van den Enden exe.) ; 44, Carlo Faucci ; 45, Anonyme.
Le tableau est cintré, la gravure de Pontius est carrée dans le haut. Dans la gravure de Faucci, faite d'après un autre modèle, appartenant jadis au marquis Guerini, à Florence (H. 65, L. 53), le St. Esprit est plus rapproché de la Vierge et les deux têtes d'anges, dans le bas, manquent.
Photographies : A. Braun ; F. Hanfstaengl.
Voir planche 126.