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L'ASSOMPTION DE LA VIERGE

Anvers. Maître autel de la Cathe'drale. Panneau cintré. H. 490, L. 325.

ANS la partie supérieure du tableau, la Vierge, portée et entourée par des anges, s'élève sur un nuage. La main gauche est repliée sur la poitrine, la droite est légèrement étendue, les yeux sont levés vers le ciel. Les cheveux châtain clair sont dénoués ; une écharpe de gaze blanche, soulevée par le vent, encadre la tète ; la robe est bleue ; sur les genoux est posée une riche étoffe blanche à dessins en or ; une draperie d'un rouge clair passe du bras gauche autour de la taille. La pose et les vêtements flottants marquent bien l'ascension. Le noble geste de la main droite, l'expression émue des traits, toute la figure, en un mot, traduisent le ravissement dans lequel la Vierge est plongée à la vue du ciel qui s'ouvre au-dessus d'elle. Quatre grands anges l'accompagnent ; deux à gauche tenant ensemble une couronne ; deux à droite, l'un en adoration, l'autre montrant à Marie l'entrée du ciel, indiquée par une clarté jaunâtre qui perce un nuage noir et descend sur la Vierge. Sous elle se pressent six petits anges, trois de chaque côté, qui la soutiennent et sont engagés, en partie dans le nuage sombre sur lequel elle est portée, en partie dans les plis de ses draperies. Plus bas encore, on distingue trois tètes d'angelets. Les grands anges qui sont dans la clarté, à gauche, portent des draperies de couleurs effacées ; les anges de droite, planant dans le nuage opaque, ont des vêtements aux tons éclatants, vert et écarlate. Dans le bas du tableau, on voit une partie du tombeau de marbre que vient de quitter Marie ; deux femmes agenouillées, au premier plan, tiennent

le linceul vide ; une troisième, debout derrière le tombeau, en montre l'intérieur. A gauche. St. Jean, debout de toute sa hauteur, lève les deux bras vers le ciel avec un geste et une expression de regret ; quatre apôtres, dont on ne voit guère que la tête levée vers la Vierge, s'associent à ce sentiment. St. Jean porte une draperie d'un rouge vigoureux sur une tunique très claire. A droite, un des apôtres, portant une draperie jaune brunâtre sur son vêtement de dessous d'un bleu intense, est penché sur le bord du tombeau ; son voisin

regarde également la place qu'occupait le corps de la Vierge. Deux apôtres se tiennent à côté de celui-ci, un troisième lève les mains au ciel ; derrière le tombeau se trouvent encore deux apôtres : en tout ils sont donc au nombre de douze. Le fond du tableau est formé, à gauche, par un ciel d'un bleu clair ; à droite, l'air est couvert d'une bande de nuages noirs. On distingue à peine dans cette obscurité l'entrée d'une grotte, très clairement marquée sur la gravure de Schelte a Bolswert.

Comme ensemble, le tableau est fort riche et fort harmonieux de coloris. Il fait l'effet d'un immense bouquet, où les fleurs aux teintes éclatantes sont mêlées aux pétales plus modestes et où cette diversité produit un accord ravissant. Dans cette composition, dont la moitié se passe dans les nuages et la moitié sur la terre, la partie supérieure a le caractère vaporeux propre à une scène aérienne, tandis que la partie inférieure a la solidité de tons qui convient à une scène teri'estre. Le passage de la terre au ciel est clairement et poétiquement exprimé ; en bas, le tombeau de marbre et les puissantes figures qui l'entourent ; plus haut, la Vierge, gracieusement mouvementée ; plus haut encore, une gloire céleste, des couleurs qui pâlissent, des formes qui s'évaporent.

Le présent tableau, terminé entre le mois de mai et le mois d'octobre 1626, suit à vingt-deux mois de distance VAdoration des Mages du musée d'i\nvers (notre n° 174), payée le 23 décembre 1624 ; ces deux chefs-d'œuvre marquent le commencement de la troisième manière du maitre.

Nul doute que le tableau ne soit entièrement de la main de Rubens. Il est dans un état admirable de consei'vation et le dernier nettoyage qu'il a subi lui a rendu le duvet de fraîcheur et l'aspect fleuri que le peintre bien certainement a voulu lui donner.

Le panneau primitif fut agrandi au moment où Rubens mit la main à l'œuvre. Cet agrandissement a été opéré sur le côté droit ; la planche ajoutée, placée en sens contraire des autres, fut reliée à celles-ci par une grosse pièce de bois et mesure 8 centimètres de largeur. Le rajustage avait été fait très imparfaitement et le tableau présentait une fente, ce qui nécessita, en 1877, le parquetage et la restauration.

Les archives de la cathédrale d'Anvers et diverses autres collections nous apprennent les faits suivants concernant son histoire.

Le 16 février 1618, les marguilliers de l'église eurent une entrevue avec Rubens dans laquelle le peintre leur exhiba deux modèles pour le maître autel. Ils décidèrent de les montrer d'abord à l'évêque et de prendre une

décision ensuite (i). Le 17 octobre lôig, le trésorier, au nom du doyen Del Rio absent, remontra que celui-ci désirait être enseveli à l'entrée du chœur du côté Nord, entre la sacristie et le chœur, de la même manière que les Ximenez ; qu'il s'y ferait construire un caveau, calculé seulement pour sa personne, et sur lequel une inscription serait placée à l'intérieur et à l'extérieur. Il offrait de payer, en guise d'aumône, à la fabrique de l'église, le tableau peint par Rubens pour le maître-autel, ce dont il pourrait être fait mention dans son épitaphe. Messieurs les chanoines consentirent à cette demande et lui députèrent Messieurs l'archidiacre et le trésorier pour lui signifier cette décision et lui donner l'assurance de leur affection (2).

Le 12 novembre i6ig, Rubens conclut une convention avec Jean Del Rio, doyen de la cathédrale, et promit de peindre louablement et le mieux qu'il lui serait possible, un panneau de l'Assomption de N.-D. ou de son Couronnement, à la satisfaction de Messieurs du Chapitre, lequel panneau devait être haut de i5 pieds environ et large à l'avenant, selon que l'exigerait le nouvel autel qui devait être placé dans le chœur de l'église susdite. Le doyen promit de lui payer la somme de i5oo florins quand cet ouvrage serait agréé et placé dans son encadrement, orné comme il convenait (3).

(i) Acla Capitularia B. M. V. Antverpiœ (*). 16 feb. 1618. Comparuerunt asditui hujus ecclesias cum pictore Rubenio, exhibitisque duobus modellis summi altaris erigendi, placuit ea ostendi Rf"" Domino et tune concludi quœ forma proeferenda videatur.

(2) 17 oct. 1619. Proposuit D. Thesaurarius nomine Decani Delrio absentis quatenus ipse desiderat sepulturam suam eligere a septentrional! ingressu chori inter presbyterium et chorum ad modum Ximeniorum, et curaret fieri parvam cellam subterraneam ad suœ personœ tantum capacitatem., una cum inscriptione intus et foris apponenda, et quod in eleemosynam fabricse offert solvere tabulam picturœ in summo choro per D. Rubenium pingendam, cujus etiam mentio possit fieri in ejus epitapliio et Domini consenserunt in hanc petilionem, deputaruntque Dominos Archidiaconum et Thesaurarium ut ei hoc significent et ei fidem faciant de bona voluntate Dominorum.

(3) Contrat et quittances en possession de M. le baron G. de St. Génois, à Gand. Ick deze onderteeckent hebbende bekenne midts dezen veraccoordeert te syne met den E. heer Joannes Del Rio deken vande Cathédrale kercke van onse Lieven Vrouwen binnen Antwerpen, dat ick sal schilderen loffelyck ende tôt mynen alderbesten mogelyck synde, een paneel daerop de historié van onse Lieve Vrouwen hemelvaert, oft Coronacie, tôt contentement van d'heeren vanden Capittele dwelck paneel sal hooch vv'esen ontrent sesthien voeten ende

(*) Les actes capitulaires de la cathédrale d'Anvers dont ces articles sont extraits se trouvent actuellement aux archives de l'archevêché de Malines. Les archives de la cathédrale possèdent la copie d'une partie de ces actes.

Le 22 novembre suivant, Monsieur le Doyen remercia Messieurs les chanoines pour la concession de sa sépulture, dans les termes actes au procès-verbal de la séance du 17 octobre, et il passa devant un notaire public l'instrument de sa promesse de feire peindre un tableau par Monsieur Rubens pour le maitre-autel (i).

Le 24 avril 1624, sur le rapport des marguilliers, il fut décidé de faire élargir le panneau destiné au maître-autel, parce qu'il n'était pas assez large pour remplir l'ouverture, et d'y faire ajouter des planches, aussitôt que possible, pour que l'exécution du tableau ne fût pas différée. Monsieur Rockox et son frère le bourgmestre furent envoyés à Messieurs de Berchem pour leur demander de consentir au renouvellement du vitrail dans le chœur, vitrail qui appartenait à leur famille et qui était un obstacle à l'éclairage du tableau. Six jours après, cette autorisation était accordée, à condition que dans la nouvelle fenêtre les armes de la famille ou le sujet de piété fussent rappelés (2).

breet advenant onbegrepen der maten, ailes naer den eyssche vanden nyeuwen aultaer die

gestelt sal vvorden in den hooglien choor vande voorseyde kercke, waer voore den voorseyden

Eerw. heere deken my beloofc heet't te betalen, hebbende tselve tôt contentement gestelt, met

allen de binnen lysten, verciert naer behoiren, ende sooveel myn werck aengaet, de somme

van vyfthien hondert guldens eens. In teecken der waerheyt soo hebben wy dese tsamen

onderteeckent den 12 novembris anno 16 19. In Antvverpen.

J. DEL Rio.

Hierop ontfangen de somme van duesent gulden op rekeninghe den 3o september 1626.

PiETRO Pauolo Rubens.

Noch ontfangen wt handen van S'' Guilliam Carn de somme van vyfhondert gulden waermede ick onderschreven kenne gheheelyck betaelt ende voldaen te wesen van het teghenwoordich contrackt ende tôt kennis ende bevestinghe der waerheyt hebbe ick dese quittancie met myn eyghen handt gheschreven ende onderteeckent. Tôt Antwerpen den 10 Martii 1627.

PiETRo Pauolo Rubens.

(i) Acta capitularia, 22 nov. 1619. Dominus Decanus gratias egit Dominis pro concessione sepulturœ suae secundum formam 17 hujus in acta relatam et advocato notario publico passavit instrumentum suœ permissionis de tabula in summo altari per D. Rubenium depingi facienda.

(2) 24 aprilis 1624. Placuit ad relationem œdituorum ut tabula depingenda in summo altari ob defectum latitudinis, ad implendum locum dilatetur, adglutinatis aliis tabulis, idque quam primum ne differatur occasio pingendi.

Et quoad renovandam fenestram vitream, quee est quondam familiœ de Berchem, deputati sunt ad requirendum concessum D. Roccox cum consule fratre ut agant cum iis de familia et marcgravis ut consentiant in renovatione ad opus majoris luminis pro usu picturœ summi altaris.

3o aprilis. Retulit D""* Cantor quatenus illi de familia Berchem consenserint in renovatione fenestrae vitreœ, desiderantes tamen ut aliqua memoria insignum familiœ reponatur vel imaginis pix.

Le i5 août lôaS, le Chapitre fit replacer sur l'autel des jardiniers la Nativité du Christ par F. Floris, qui temporairement avait orné le maitre-autel (i).

En 1625, on paya à Adrien Schut 8 florins pour enduire le panneau et pour peindre le cadre en noir. La même année, on paya 38 florins à Michel Vrindt pour agrandir le panneau qui était trop petit. En 1626, on paya 45 florins pour une once de bleu d'outremer employé au tableau du maitre-autel. On pa}^a à Pierre Vermeulen la somme de 18 florins pour tapisser le maitre-autel de bayette rouge, à défaut du tableau, pendant dix mois (2). Le 27 février de la même année, le chapitre décida de faire célébrer les offices dans le chœur de la Circoncision, parce que Rubens avait fait savoir qu'il ne pouvait peindre à son aise, si le chœur n'était pas vide (3). Le 11 mai 1626, quatre hommes transportèrent le panneau de la maison de Rubens jusqu'à l'église et le mirent en place, aidés par les ouvriers de l'église. Ils reçurent un pourboire de 5 fl. 12 s. (4).

Le 3o septembre 1626, le tableau était terminé ; les chanoines se déclarèrent satisfaits de l'œuvre et consentirent à ce que l'héritier du doyen Del Rio payât à Rubens un acompte de mille florins (5).

Le même jour, Rubens signa la quittance de cette somme. Le 10 mars

(i) Acta capitiilaria 16 aug. 1625. Placuit Dominis ut tabula de Nativitate Domini per F. Floris nuper deposita ex summo altari restituatur ad altare hortulanorum ubi et olim a D. Thesaurario du Terne donatum fuisse asseritur.

(2) Item betaelt Adriaen Schut over het voors. paneel te prumuereu ende de leyst te swerten. fl.8. Item betaelt Machiel Vrindt van het voors. paneel te vermederen d'welck te klein was. fl. 38.

(Comptes de Féglise N.-D d Anveis de 1625).

Item betaelt voor een once oltramarien tôt behoef van de schilderye vanden hoogen autaer fl. 45.

Item betaelt Peeter Vermeulen over het behanghen van den hoogen autaer met royen baey in plaetse ende by fault van het tafereel voor den tijd van tien maenden. (Comptes de l'église de 1626).

(3) Acta capiUdaria. 27 feb. 1626. Ad petitionem Domini Rubenii pictoris dicentis se commode non posse pingere picturam summi altaris nisi habeat chorum vacuum placuit Dominis ut fiât pro tempore officium in choro Circumcisionis.

(4) Item betaelt den 11 mei 1626 aen vier mans die het panneel van Rubbens gedragen hebben tôt in de kerk ende helpen stellen, beneffens de wercklieden vande kercke die mede geholpen hebben voor drinckgelt gegeven fl. 5 st. 12. (Comptes de Féglise.)

(5) Acta capitidaria. 3o sept. 1626. Consenserunt Domini ut solvatur Domino Rubenio pictori per heredem D. Decani Del Rio mille florenos ad computum tabula; in summo altari positae déclarantes sibi placere picturam.

1627, il reçut du sieur Guillaume Carn la somme de 5oo florins pour entier acquittement du prix. Cette quittance et l'original du contrat appartiennent actuellement à M. le baron G. de St. Génois, à Gand.

Le 6 janvier 1624, le doyen Del Rio mourut : il fut enterré clans le chœur de la cathédrale. Au-dessus de la porte du chœur, du côté de l'Évangile, on plaça l'épitaphe : " D. O. M. Piseque Memorias Admodum Reverendi Nobilisque Viri Joannis Del Rio J. U. L. Cathedralis hujus Ecclesise Decani et Episcopatus Vicarii Generalis qui soluta .pictura hujus Summi Altaris, fundatoque sibi perpetuo anniversario tam in hac quam in Cathedrali Brugensi variisque legatis relictis ad subsidium fundationis Collegii Societatis Jesu Antverpiensis aliosq. pios usus pietatem posteris testatam relicjuit. Quod mori potuit hic deposuit Ao MDCXXIV. VI Januarii jetatis suœ LXVIII. Beatam œternitatem lector animas apprecare ».

Les frères Robert et Jean de Noie avaient entrepris de faire le maître autel pour i5,5oo florins ; il leur fut payé en réalité ig,goo ou 20,000 florins. Nul doute que Rubens ne prit part à la composition de cette œuvre. La première pierre en fut posée, le 2 mai 1624, par Charles-Alexandre, duc de Croy, comte de Fontenoy et chevalier de la Toison d'or et par le chancelier Pecquius. Le tableau d'/\braham Matthyssens, derrière le maître autel, fut achevé et placé en 1634.

On connaît la forme de l'autel par la gravure qu'Adrien Lommelin en fit et qui se trouve dans le Théâtre des plans de tontes les villes des Pays-Bas (Amsterdam, Fréd. de Wit.) Sur un entablement supporté par six colonnes d'ordre corinthien, on voyait une statue du Christ, dans une niche, tenant à la main la couronne destinée à la Vierge. Dans le fronton, qui surmontait la niche, on voyait Dieu le père ; le St. Esprit planait entre les deux autres personnes de la Trinité. Deux anges tenant une palme et une couronne étaient assis sur l'entablement aux extrémités duquel se dressaient deux candélabres. Cet autel fut vendu par les agents de la Convention nationale, le 18 brumaire an VII (8 novembre 1798), au prix de 25o francs, payables en assignats. Suivant la description c]ui en fut faite dans le procès-verbal de la vente, l'entablement était en marbre tigré de différentes couleurs et les colonnes en marbre blanc.

L'autel actuel est l'œuvre de l'architecte Jean Blom et fut construit en 1824.

Le tableau fut transporté à Paris, en 1794, et nous revint au mois de décembre i8i5. A cette époque, il fut nettoyé par Van Regemorter. Il fut restauré, en 1877, par MM. Sacré, restaurateur, et Van den Heuvel, parqueteur,

sous la surveillance d'une commission d'artistes. On paya à M. Sacré 800 et à M. Van den Heuvel 3,285 fr. La Commune paya 1,100 fr. ; la Province, 733,33; l'État J?>'i,i3 fr. ; l'Église, i,5i8.34 fr.

Suivant Waagen, M. Nichols possédait une réduction du retable très vivement peinte, d'un ton chaud et fort harmonieux. D'après sa description, on ne saurait prendre cette pièce pour une esquisse, quoiqu'il lui donne ce nom (i). Une esquisse achevée du tableau de la cathédrale d'Anvers, peut-être la même pièce que la précédente, est mentionnée dans le catalogue des tableaux vendus, en 1788, au refuge de l'évêché de Gand. Elle mesurait 3o pouces de haut sur 20 de large, elle fut portée à 1220 florins, mais ne fut pas adjugée.

Gravures: V. S. 12, S. a Bolswert (Dédicace: Magnifico et clarissimo Domino Lucse Lancelotto j. u. q. doctori musarum amico, picturse atque statuarise cultori in amici obsequii symbolum. D. C. Q. Martinus vanden Enden) ; i3, Coenr. Waumans (le groupe de la Vierge sans la partie inférieure) ; i5, x\nonyme ; i5 et 36, Anonyme (Jacques Chéreau exe.) ; 17, P. Tardieu ; 34, A. Lommelin. Non décrites : Anonyme (Audran exe.) grande copie carrée de l'estampe de Bolswert ; ^Anonyme (petite copie carrée de la même estampe) ; A. Voet (La Vierge seule, semblable à celle de Waumans, seulement à côté de l'ange qui tient une couronne, il y en a un second ; le voile de la Vierge s'élève au-dessus de la tête sans en faire le tour) ; Van Genck (lithographie d'après le tableau).

La gravure de Schelte a Bolswert présente de nombreuses et importantes différences avec le tableau. L'ange qui, dans le haut de ce dernier, contre le cadre, tient la couronne d'une main, la tient des deux mains dans la gravure. A gauche du tableau, il y a trois petits anges ; dans la gravure, il y en a quatre. L'ange qui, à droite, se croise les bras sur la poitrine, se trouve le second dans le tableau, le premier dans la gravure. Les draperies de la Vierge diffèrent. En bas, la grotte est très visible daiis la gravure, mais à peine indiquée dans le tableau. La figure de l'apôtre, à l'extrême gauche, est presque entièrement cachée dans le cadre du tableau, elle est tout à fait visible dans la gravure. Le St. Jean étend les deux mains dans la gravure ; dans le tableau, l'une n'est qu'à moitié levée. Dans le tableau, il y a, au second plan, trois apôtres ; dans la gravure, il y en a quatre dont l'un étend les mains, ce qui ne se voit pas dans la peinture. Il y a, en outre, dans la

(i) Waagen : Treasures. IV, 240.

gravure, un apôtre qui se courbe sur le tombeau et qui raanque dans le tableau. Celui-ci a deux femmes agenouillées sur le devant, la gravure une ; la gravure a deux figures de femmes debout derrière le tombeau, le tableau trois. Contre la grotte, un des quatre apôtres étend les bras, ce qu'il ne fait pas dans la gravure. Dans cette dernière, on voit la pierre enlevée du tombeau; le tableau ne la montre pas. Le linceul, le tombeau et la femme qui tient le linceul sont autrement dessinés dans le tableau que dans la gravure. Il y a donc eu un remaniement complet d'un projet primitif.

La planche de Lommelin est extrêmement mal gravée, non seulement au point de vue du maniement du burin, mais encore au point de vue de l'exactitude du dessin. On dirait que le travail est fait de mémoire, tant les proportions et les positions sont faussées. L'ensemble de l'estampe ferait croire que, lorsqu'elle fut faite, le tableau était plus large qu'à présent. Deux centimètres gravés, correspondant à environ 20 centimètres peints, sont, dirait-on, enlevés à gauche du tableau. La différence provient de l'inexactitude du graveur et non d'une modification que le tableau aurait subie postérieurement.

Dans la gravure publiée par Chereau, il manque deux têtes d'apôtres et plusieurs anges. Dans celle de Tardieu, il manque, dans le haut, l'ange qui accepte la couronne. Les numéros i5 et 35 sont identiques, l'un a l'inscription, l'autre ne l'a pas. V. S. s'est trompé sur la mesure du n° 36 et a pris les deux numéros pour deux planches différentes. Lommelin a gravé une seconde fois le tableau. Cette seconde reproduction, de format plus petit, représente le tableau, ainsi que l'autel dans lequel il se trouvait ; on la trouve dans le Théâtre des plans de toutes les villes des Pays-Bas (Amsterdam, Frederick de Wit).

Photographie : G. Hermans.

Voir planche 124.

35o. L'ASSOMPTION DE LA VIERGE.

Vienne. Galerie Lichtenstein, 92.

Toile cintrée. H. 504, L 352.

A Vierge, de formes juvéniles, vêtue d'une robe d'un blanc grisâtre et d'un manteau rouge, s'élève dans les airs, les bras étendus, agenouillée sur les nuages. Elle a oublié la terre et est attirée vers le ciel par un immense désir de revoir son fils. Autour d'elle planent sept anges. En

bas, près du tombeau vide, des figures d'apôtres et de femmes. A gauche, un homme, dont on ne voit que le bras et la tète, soulève la pierre ; une femme vêtue d'une robe rouge et un apôtre s'inclinent par-dessus le bord du tombeau; une femme vêtue de noir et tenant des fleurs, est agenouillée devant la tombe, de laquelle s'élève une lumière blanche et claire. A droite, on voit St. Pierre qui lève les mains. St. Jean qui étend les bras, tous deux agenouillés, et sept apôtres debout qui dirigent le regard vers la Vierge. L'arrière-plan se fond dans un ciel nuageux, gris bleuâtre.

Les apôtres sont des figures énergiques, d'un réalisme assez rude, largement dessinées. St. Pierre et St. Jean forment un groupe, admirable de force et d'élan ; les autres sont moins réussis. Tous sont mus par les mêmes sentiments, l'amour pour Marie, le regret et l'étonnement de la voir disparaître. Une grande unité existe ainsi entre la partie supérieure et la partie inférieure du tableau.

Le coloris est doux, la lumière abondante ; les figures énergiques, aux couleurs franches, du premier plan ressortent vigoureusement sur le fond nuageux. La transition entre ces tonalités si différentes est formée par les apôtres du second plan qui sont d'une teinte plus vaporeuse. La figure de Marie, gracieuse de ton, mais plus prosaïque encore que celle des apôtres, est la partie la plus faible de l'œuvre.

C'est un travail d'élève repeint par Rubens dans les parties essentielles. Il a été terni par un nettoyage trop vigoureux.

Le tableau date de i538 environ. La femme agenouillée au premier plan, qui tient des fleurs en main et dans laquelle on reconnaît Hélène Fourment, figure dans V Enlèvement des Satines de la National Gallery de Londres. Le St. Pierre, à côté d'elle, est peint d'après le même modèle que le St. Jérôme du tableau de la chapelle mortuaire de Rubens et a la même hardiesse de mouvement. La gravure de Witdoeck, datée de iô3g, doit avoir été exécutée peu de temps après l'achèvement de la peinture.

Suivant Sanderus, ce tableau et l'autel sur lequel il se trouvait auraient été donnés à l'église des Chartreux en mémoire de leur père Théodore par Charles et Ange Schotte, le premier assesseur des finances, le second religieux du couvent (i).

Voici, d'après l'Historia Monasterii N. D. de Gratia, ordinis Cartusiensis,.

(i) Sanderus : Chorographia Sacra Brabantiœ. Cœnobiographia Carthitsiœ Bruxellensis . Bruxelles, ibSq. P. 9.

auctore J. B. de Vaddere (-j-i6gi), l'épitaphe de Théodore Schotte : ^ Apotheosi Virginis Matris et Mémorise nobilium conjugum D. Theodori Schotte Equit. Aurati et D. Elisabethse van den Brandt Toparch. de Buecken, Beyssen, Assent et Herbej's quorum ille per annos XL Patrise bono variis defunctus muneribus Regii demum exercitus supremus judex anno MDCXXIX. XV Kal. Novembris dubium an castrorum incommodis, an mœrore rei bellicas a prsefecto infeHciter an et infideliter gesta in Velavia morbo correptus occubuit Carolus Schotte F. equus auratus Supremo Régis aerario a consiliis et assessor hanc aram posuit in hoc asceterio, ubi ex Joanne Angelum ex Duce Religiosum, ex fratre Deo devotum nunquam perituro affectu prosequitur. Posteri horum in sacrificiis memoriam conservanto (i). -^

Henné et Wauters disent que le tableau fut vendu au siècle dernier et que la somme qu'il produisit servit aux Chartreux à payer en partie un bâtiment élevé en 1772 (2). La première édition du catalogue de la galerie Liechtenstein, imprimée en 1763, mentionne déjà notre tableau. Il est fort probable qu'il fut acheté des Chartreux pour compte de cette célèbre collection viennoise, peu avant la rédaction du catalogue et probablement à l'époque où J. Dansaert en fît une copie.

Il existe de ce tableau une copie réduite, appartenant actuellement à l'église Ste. Catherine de Bruxelles, dont la coexistence avec l'original et avec d'autres copies a causé une série d'erreurs et de malentendus.

Dans la vente du comte de Fraula (Bruxelles, 1738, n° 37g), on adjugea au prix de goo florins une " Assomption de la Vierge par P. -P. Rubens, pièce excellente, d'une beauté sans pareille, haute de g pieds 7 1/2 pouces, large de 6 pieds 7 pouces «. Vers I755, le directeur de l'académie de Bruxelles, J. Dansaert, fit du retable une copie de même grandeur et une réduction (3). C'est une des deux copies réduites, mentionnées ici, qui se trouvait sur l'autel des Chartreux, dans la seconde moitié du dix-huitième siècle. Descamps atteste, en 176g, que dans le tableau de ces religieux les figures sont de grandeur de demi-nature et Michel l'appelle en 1771 une petite pièce, ce qui ne s'applique ni au tableau original ni à sa copie d'égale grandeur. C'est la même petite pièce qui fut vendue comme une œuvre originale, par les

(i) Ms. 11616 de la bibliothèque royale de Bruxelles. Document communique' par M. Ch. Ruelens.

(2) HENNE et Wauters: Op. cit. III. 497, 498.

(3) A. PlNCHART : Archives des Arts, Sciences et Lettres. I. 28g.

Chartreux, le 3o décembre 1773, à François Pauwels, brasseur à Bruxelles, au prix de 6000 florins et à la condition que l'acheteur ferait en faire une copie pour remplir le vide sur le maitre autel. Le 5 juin 1774, le peintre J. Crokaert reçut 600 florins pour la copie de ce tableau qui lui-même n'était qu'une copie. Le 22 août i8o3, la collection de François Pauwels fut vendue et VAssoinption (H. 10 pieds, L. 7) fut adjugée à loooo francs au nom du comte d'Ardenburg. Cet acheteur était un personnage fictif, car le tableau reparut dans la vente de Pauwels du 25 août 18 14 et fut adjugé cette fois à io5 florins sous le nom de Delvaux. En réalité, il resta la propriété des descendants de Pauwels, car le 6 octobre 1820, François 't Kint, brasseur à Bruxelles, qui avait épousé Marie-Thérèse, fille de François Pauwels, donna le tableau à l'église de Sainte-Catherine (i). Descamps, Mensaert et Michel qui virent le tableau de l'église Sainte-Catherine chez les Chartreux, au siècle dernier, Pauwels qui l'acheta, et Pinchart, qui fait connaitre une partie de ces faits, le regardèrent comme le même retable qui avait orné le tombeau de Théodore Schotte. Nous aimons à croire que les religieux, qui le vendirent au brasseur bruxellois, versèrent dans l'erreur commune.

M. le docteur Oscar Berggruen, de Vienne, possède une réduction du

(1) Voici l'acte de donation conservée aux archives de l'église Ste. Catherine. « Ce aujourd'hui six octobre iSoo vingt comparut devant le conseil de la fabrique de l'église paroissiale de Ste. Catheiine à Bruxelles Monsieur François t'Kint brasseur veuf de Dame Marie Thérèse Pauwels, demeurant en cette ville rue de Finquette, Sect. B n" ... lequel a déclaré, comme il fait par cette, de donner à la dite église pour y être placé à jamais le tableau représentant l'Assomption de la Sainte Vierge peint par Pierre-Paul Rubens que feu M. Pauwels son beau-père avait acquis des Chartreux de cette ville, suivant quittance sous seing privé délivré le 3o Décembre 1773 au dit Sieur Pauwels par Messieurs F. J. B. Luijckx, Prieur, C. Rijdams, coadjuteur et Senior et F. B. de Biefve, procurateur, laquelle quittance et quelques autres pièces justificatives le dit M. t'Kint a remis en main de M. le doyen Klerens curé de cette église. La présente donation faite sans aucune réserve, sous condition cependant que si contre toute attente la dite église venait à être supprimée, ou ne servira plus au culte Catholique romain ; en ce cas seulement il se réserve ainsi qu'à ses descendants le droit de le réclamer de qui il appartiendra ; mais si cette église ainsi supprimée ou cessait en manière quelconque d'être à l'usage du culte susdit, fût remplacée par une autre à laquelle les meubles et effets appartenant à la première Église seraient attribués, en ce cas le tableau prérappelé sera remis à la dite Eglise remplaçante aux mêmes clauses et conditions ; et que le dit conseil de la fabrique a accepté avec reconnaissance et a résolu de placer ce tableau dans l'autel du ci-devant autel de 4 couronnés et que copie du présent procès- verbal sera remis à M. 't Kint. (Document communiqué par M. de Wechter, curé de Ste. Catherine, à Bruxelles.)

tableau sur cuivre, conforme à la gravure de Witdoeck. Il s'en trouvait une dans la collection de M. Pierre Ranier (H. 22 pouces, L. 16 1/2 pouces).

La collection Albertine de Vienne possède un dessin de la Vierge portée sur un nuage par des angelets, qui présente de l'analogie avec la figure principale de ce tableau.

Gravures : V. S. 26, H. Witdoeck, i63g ; 27 et 38, F. Ragot.

La gravure de Witdoeck présente des différences avec le tableau. Le voile qui flotte au-dessus de la tête de la Vierge dans l'estampe manque dans la peinture ; des têtes d'angelets que l'on voit à côté de la Vierge dans le tableau, manquent dans la gravure. Cette dernière a les coins supérieurs coupés en lignes droite, le tableau est cintré dans le haut.

Le musée de Florence possède le dessin fait par Witdoeck pour sa planche.

PJioiographie : Miethke.

La pièce de M. Berggruen est photographiée par un anonyme.

Les dessins du musée de Florence et de l'Albertine sont photographiés par A. Braun.

Voir planche laS.

35i. L'ASSOMPTION DE LA VIERGE.

A Vierge s'élève sur un nuage, portée par six anges dont le second à droite tient une palme. Elle a les deux mains étendues et ouvertes, ^ les yeux levés au ciel avec une expression extatique remarquablement belle. Sa draperie flotte impétueusement à gauche ; au-dessus de sa tête, un de ses voiles s'arrondit en cercle. Le nuage se prolonge jusque sur une voûte maçonnée qui se trouve à droite. Au-dessus de celle-ci sont agenouillés trois apôtres ; devant l'ouverture, on voit trois femmes, une vieille qui est debout, et deux jeunes qui sont à genoux, retirant le linceul du tombeau et montrant les fleurs qui s'y trouvent. Sur des degrés qui montent à gauche se trouvent neuf apôtres, dont cinq suivent des yeux la Vierge qui monte au ciel, tandis que les quatre autres, au milieu du tableau, se baissent pour voir le linceul que l'un d'eux tire à lui.

Gravure: V. S. 33, G. Panneels.

Dans la collection de Mariette (Paris, 1775), on vendit sous le n° looi, un dessin de Rubens représentant VAssomption de la Vierge^ gravée par Panneels et ayant un tiers de plus que l'estampe.

Le musée de Schleissheim (H. i32, L. 94) possède une répétition de format réduit de ce tableau, exécutée probablement par un élève de Rubens. Cette pièce a été lithographiée par Ferd. Piloty et photographiée par Hanfstaengl. Sauf quelques variantes, elle concorde avec l'eau-forte de Guill. Panneels (V. S. 33). Cette dernière est cintrée, la pièce de Schleissheim, dont le haut de la composition a été visiblement raccourcie, est carrée. La gravure n'a que cinq anges autrement disposés, elle a deux apôtres qui lèvent les mains. Au-dessus de la voûte, il n'y que deux apôtres dont l'un prie à genoux ; l'attitude des autres présente également quelques différences, mais l'ensemble trahit évidemment un même original. Panneels signa sa gravure : " Ex inv. Rubeni fe. Discip. ejus Guil^ Panneels ' (Gravé d'après une composition de Rubens par son élève Guillaume Panneels). Panneels exécuta en i53o et en i63i toutes ses eaux-fortes datées ; la composition de Schleissheim cependant, trahit une époque antérieure d'une vingtaine d'années. On y retrouve le type de la vieille femme de l'Erection de la Croix et celui de la Madeleine de la Descente de la Croix, de même que celui de l'apôtre le plus rapproché du Sauveur dans le Christ confiant ses brebis à St. Pierre.

Le tableau de Schleissheim se trouvait encore à la pinacothèque de Munich, en 1872 ; il est mentionné dans le catalogue de cette année sous le n« 1307.

U Assomption de la Vierge.

Le musée de Valladolid renferme trois grands tableaux attribués à Rubens, que l'on désigne sous le nom commun de ■^ las Fuensaldaîias. -^ Le premier (no m) représente la Vierge montant au ciel, entourée d'anges qui portent des couronnes, des palmes, le globe, le sceptre et d'autres attributs. Dans le haut, on aperçoit la Trinité, dans le bas, le couvent de Fuensaldana d'où proviennent les tableaux.

Le second représente St. Antoine de Padoue, qui tient entre les bras l'enfant Jésus assis sur un livre et est transporté au ciel par deux grands anges.

Le troisième représente St. François d'Assise recevant les stigmates. Il est agenouillé contre un arbre, un moine est assis à côté de lui.

Aucun de ses tableaux n'appartient à Rubens. Ils sont d'un ton clair, crayeux et mat. Ils peuvent être de la main d'un Flamand, contemporain du maître qui a habité l'Espagne, et dont nous ne retrouvons pas ailleurs les

œuvres. Elles furent peintes pour le couvent des Franciscaines de Fuensaldaiia, près de Valladolid. Ce couvent fut fondé en i652.

Remarquons à ce propos que le musée de Valladolid est riche en compositions de Rubens, reproduites sur cuivre et transformées ou amplifiées arbitrairement. Nous notons: n° 14g, une Adoration des Bergers (notre n° iSo); n° 435, un autre exemplaire du même sujet ; n^ 476, V Assomption de la Vierge; n° 5o5, V Adoration des Rois; n° 495, la Visitation de la Vierge; n°s 5i7 et 528, le Portement de la Croix ; n" 53o, le Calvaire du musée d'Anvers ; n° 586, la Fuite en Egypte ; n° 481, le Christ apparaissant à la Madeleine. Tous ces tableaux, et d'autres encore, que l'on trouve un peu partout en Espagne, sont des copies importées dans ce pays par des Flamands, pour servir de décoration aux cellules des religieuses.

Une esquisse d'une Assomption de la Vierge (Panneau. H. 39 pouces, L. 26) parut dans les ventes :

Adrien Bout (La Haye, 1733), go5 florins.

de Calonne (Londres, 1795), i5o liv. st.

H. Hope ( Id. 1816), 25o » »

J. Knight ( Id. 1819), i3o « »

John Webb ( Id. 182 1), iio t' v

Smith l'appelle une belle étude pour un grand tableau, soigneusement terminée.

Dans la vente Julienne (Paris, 1767, n° 104), une Assomption (H. 19 pouces, L. Il) rapporta 200 francs.

Dans la collection de lord Pembroke, à Wilton House, se trouve une petite Assomption, représentant la Vierge portée et entourée par des anges (H. 33, L. 24), dont on dit que Rubens, lors de son séjour en Angleterre, la peignit pour lord Arundel.

Sandrart dit que, de son temps, l'église de la Sainte Croix, à Augsbourg, était ornée d'une Assomption par Rubens.

Le cardinal de Richelieu possédait une Assomption de la Vierge (i), qui ne paraît pas dans le catalogue de la collection du duc de Richelieu par De Piles.

Voorhelm-Schneevoogt signale encore les Assomptions gravées suivantes :

35, D. Coster. C'est une copie de V Assomption, dessinée par Rubens pour le Missel plantinien.

(i) BONAFFÉ : Dictionnaire des Amateurs français au XVII^ siècle. P. 271.

37, M. Lasne. Sans nom ni titre de peintre. Le type de la Vierge ne rappelle pas ceux que Rubens employa dans ses Assomptions. Elle trône sur des nuages et ouvre ses bras, mais les nuages ne sont pas soutenus et entourés par des anges. On n'en aperçoit que deux à droite et quatre petites têtes ailées en haut. Il n'existe pas de raison sérieuse pour adopter l'attribution de cette composition à Rubens.

3g, P. J. de Vlamynck, citée par Nagler.

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