‹ L'œuvre de P.P. RubensChapitre 113 sur 213 · INTERCESSION DE LA VIERGE · texte numérisé non relu

INTERCESSION DE LA VIERGE

E Christ est debout sur les nuages, à gauche. II est tout nu, à l'exception d'une mince bande de toile entourant le milieu du corps ; sa tête est cernée d'une auréole. De la droite, il tient la croix ; il étend la gauche vers sa mère. Celle-ci est agenouillée sur un nuage ; elle pose la main droite sur son sein découvert, et fait de la gauche un geste suppliant. Toute son attitude exprime bien l'intercession pour les hommes. Dans le haut du tableau, deux anges planent au-dessus de la Vierge ; l'un d'eux a quelques fleurs en main. Un troisième ange, debout à gauche, entoure de ses deux bras la croix du Christ. Les personnages ont les formes d'une ampleur exagérée, rappelant les premiers temps de Rubens. C'est donc vers i5i2 qu'il faut placer l'œuvre reproduite par le burin d'Egbert Van Panderen.

Sous la gravure, on lit un texte de St. Germain qui indique l'origine du sujet : - La Mère montre à son Fils son sein et sa poitrine ; le Fils montre au Père son côté et ses plaies. Comment leur intercession pourrait-elle être repoussée, lorsqu'ils montrent tant de preuves de leur amour ? «

Gravures : V. S. Vierges, i63, Egb. van Panderen (Dédicace : Reverendo Domino D. Laurentio Be3'erlinck S. Theolog. Licentiato, Canonico et Archipresbytero Ecclesiae Cathedralis Antverpiensis, hanc pro mundo supplicantis Deiparœ effigiem, Theodorus Gallœus dicat, consecratque) ; 164, A. Cardon, fils ,1792, feuille cintrée.

Voir planche i32.

Groupes d'Anges.

Voorhelm Schneevoogt range dans l'œuvre de Rubens quatre compositions qui ne nous sont connues que par de petites images de piété, sans nom de peintre ; nous ne trouvons point de raison pour admettre cette attribution. Ce sont :

40. (Histoire et allégories sacrées). Des anges dans une gloire dont les uns jouent de divers instruments et les autres chantent. Sans nom de graveur. La composition n'a rien de rubénien. Dans le catalogue de la vente Hazard, N° 307 (Bruxelles, 178g), un dessin est mentionné comme une étude pour cette composition.

41. Concert spirituel. A droite, une femme joue de l'orgue ; une autre, tenant un livre ouvert sur ses genoux, chante. Quatre anges debout chantent

également, tandis qu'un cinquième pince le luth. Trois femmes, debout devant un portique, assistent au concert. Sans nom de graveur. La gravure est dans le genre de Corneille Schut et peut-être de lui.

42. Deux anges environnés de nuages et tenant un soleil d'où sortent des rayons. Sans nom de graveur.

43. Le même sujet. Au lieu d'un soleil, les deux anges portent le St. Sacrement. Gravé par J.-J. Van den Bergh, d'après le tableau original de la collection de M. Magnan, médecin du roi.

Le musée de Valladolid (n° 554) renferme un tableau où l'on voit, dans le haut, deux anges tenant l'Eucharistie. A droite et à gauche, d'autres anges, grands et petits, chantent et font de la musique. Le tableau attribué à Rubens est de l'école du maitre.

Dans maint cabinet on rencontre des figures et des têtes d'anges attribuées à Rubens, notamment dans la galerie du duc d'Aremberg, à Bruxelles, et dans celle du duc de Westminster, à Londres. Nous n'avons pas vu de tableau de ce genre que l'on puisse regarder comme l'œuvre de Rubens. Dans l'ancienne collection du palais royal à Potsdam, il se trouvait '- des Anges avec instruments de musique planant en rangées dans les airs « (n"^ 98 de l'ancien catalogue H. 2 pieds 7 i'2 pouces, L. 2 pieds 2 pouces). Le tableau fut payé i83o florins, à la vente Lormier (La Haye, 1753).

La Foi, r Espérance et la Charité.

Les trois vertus théologales sont représentées dans un encadrement circulaire. La Charité est figurée par un groupe composé d'une jeune femme et de deux enfants dont le plus jeune est debout sur les bras de sa mère, et lui passe une des mains autour du cou, en l'embrassant sur la bouche ; l'ainé est debout aux genoux de sa mère et étend les bras vers elle. L'Espérance est représentée sous les traits d'une jeune femme ayant une rangée de perles dans les cheveux et tenant une ancre. La Foi est représentée par une troisième femme portant un voile sur les cheveux et passant les bras derrièi'e la tête de ses deux compagnes ; au-dessus de la tête de la Charité, elle lève une croix ; près de l'épaule de l'Espérance, elle tient un livre ouvert dans lequel celle-ci s'efforce de lire. Le St. Esprit plane au-dessus des figures, entre la Foi et l'Espérance.

La composition attribuée à Rubens par le graveur ne nous parait pas

appartenir à ce maître. Les têtes des personnages pas plus que le groupement ne rappellent sa manière.

Gravure: V. S. 44. J. B. Michel, d'après un tableau appartenant à Sir Edward Swinburne.

La Charité chrétienne.

Anvers. Musée des Hospices civils, 55. Esquisse. Panneau. H. 28, L. 42.

Dans cette esquisse, on voit le Christ ressuscité, entièrement nu, à l'exception d'une bande de toile sur le milieu du corps. Il tient la croix d'une main et tend l'autre vers un groupe de trois enfants nus qui lui sont amenés par leur mère. Celle-ci est debout, derrière eux, portant deux nourrissons. C'est une robuste femme aux cheveux blonds dénoués qui dirige ses regards vers le Sauveur. Dans le fond, on voit encore deux enfants vaguement peints. A gauche, six administateurs d'hospice, habillés de leur toge noire, les uns à genoux, les autres debout, rendent hommage au Christ en adoptant les enfants pauvres qu'il leur recommande. Le fond est composé d'un bâtiment.

C'est un travail rapidement fait ; les chairs sont traitées dans des tons très clairs, d'une peinture mince. Il n'est pas impossible que la pièce soit de Rubens, mais bien plus probablement, c'est le travail d'un de ses élèves, de Van Diepenbeeck peut-être. Rubens n'a jamais exécuté cette composition ni aucune autre, où les administrateurs d'une fondation ou d'un établissement quelconque sont représentés en corps. Le groupement ni la peinture n'ont d'ailleurs pas assez de mérite pour devoir être attribués au maitre.

L'esquisse provient de l'orphelinat pour garçons établi jadis au Marché aux Chevaux, à Anvers.

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