SAINT AMBROISE ET L'EMPEREUR THÉODOSE
Vienne. Musée impe'rial, 1162.
Toile cintrée. H. 362, L. 246.
|T. Ambroise, évêque de Milan, refuse à l'empereur Théodose l'entrée de l'église, à cause du massacre de Thessalonique. Le saint, un vieillard à longue barbe, coiffé de la mitre et vêtu d'une riche chasuble, s'est placé devant la porte. Il étend les deux mains, avec un geste respectueux, mais décidé, pour éloigner l'empereur prêt à franchir le seuil. Derrière lui se trouvent cinq personnages, probablement des prêtres, dont on ne voit guère que les têtes et un enfant de chœur, en surplis blanc, tenant un flambeau. Théodose, portant le manteau de pourpre sur le costume de guerrier romain, la tête cernée d'une couronne de laurier, prend devant l'évêque une pose humble. Sa haute taille se courbe ; de ses mains, dont l'une est étendue, l'autre posée sur la poitrine, il fait un geste suppliant. Derrière lui, trois guerriers de sa suite contemplent cette scène avec surprise et irritation.
(i) Michel ; Op cit. P. 35g.
L'évêque et l'empereur sont de fortes et nobles figures ; il en est de même de leurs suivants. Les gestes sont sobres et dignes, la composition simple et éloquente. Saint Ambroise surtout est imposant et domine entièrement l'empereur. Le contraste entre le groupe des robustes guerriers derrière Théodose et les figures placides des gens d'église fait un grand et heureux effet.
La peinture est sobre de ton, la lumière grise et douce. Les personnages dans leur coloris calme ressortent énergiquement sur le fond gris cotonneux.
Par sa facture, le tableau rappelle, jusqu'à un certain point, la Communion de St. François, du Musée d'Anvers ; mais, tandis que dans ce dernier le brun domine, le gris prend ici la première place. Les trois guerriers de la suite de l'empereur se retrouvent dans V Histoire de Décius; celui du milieu est fait d'après le même modèle que le général romain. A droite, il y a une figure de moine et un enfant de chœur qu'on retrouve dans la Communion de St. François. Ces particularités et le style du tableau nous le font dater de i5ig, c'est-à-dire de la même époque que le chef-d'œuvre que nous venons de nommer en dernier lieu.
Plus tard, en peignant le Triomphe de l'Eucharistie, Rubens reproduisit dans le tableau Abraham et Melchisedech, le patriarche sous les traits de l'empereur Théodose et le grand prêtre sous ceux de St. Ambroise ; il leur donna presque la même pose que dans la présente composition. L'homme à la longue barbe qui se trouve entre l'évêque et l'empereur se voit aussi dans la Conversion de St. Bavon.
Le fond d'architecture et les vêtements trahissent le concours des élèves. Les chairs sont de la main de Rubens, le reste est largement retouché par lui.
Sous tous les rapports, le tableau est de premier ordre, et d'une importance extrême dans les œuvres historiques du maître. Il provient de la collection de l'empereur Charles VL
Gravures: V. S. i, Amman (lisez Axmann) ; 2, J. Schmutzer, 1784; 3, P. Spruyt ; 4, A. Prenner ; Non décrites : J. Hahn, W. Unger.
Les têtes des deux guerriers, venant immédiatement après l'empereur Théodose, un homme barbu et un autre plus jeune, ont été gravées séparément par A. Gilis, 1764 (V. S. Portraits, 3i5), d'après un modèle que possédait Las, un ami du graveur.
Il existe de ce tableau une réduction peinte à la même époque par Van Dyck et appartenant à la National Gallery de Londres, n° 5o (H. 147, L. 114). L'élève n'a pas suivi servilement le maître, la plupart des visages sont changés. Théodose est sans barbe, le guerrier à l'extrême gauche a l'aspect plus juvénile ; la tète du second des acolytes de St. Ambroise, à partir de
la droite, a été remplacée par celle de Nicolas Rockox. Derrière l'empereur, un chien monte les degrés du portail.
Ce tableau a été gravé par John H. Robinson.
Voir planche i33.
Saint Ainbroise.
Sujet d'un des plafonds de l'église des Jésuites, à Anvers (Voir n° 34).
Saint André.
Côté extérieur du volet droit de la Pêche miraculeuse, à l'église Notre Dame de Malines (Voir n° 248).