SAINT AUGUSTIN ENTRE LE CHRIST ET LA VIERGE
Madrid. Académie de San Fernando, 498.
Toile. H. 243, L. 187.
E Saint est agenouillé au milieu du tableau sur une couple de livres. Les mains repliées sur la poitrine, il regarde le ciel avec une expression extatique. Devant lui se tient le Christ, le milieu du corps entouré d'un linge blanc, taché par le sang qui s'écoule de la plaie qu'il porte au côté. De la main gauche, le Sauveur tient une croix et incline légèrement la tête sur l'épaule droite pour regarder le Saint. A droite se trouve la sainte Vierge, sous la forme d'une belle et jeune femme. Autour de sa tête, comme autour de celle de son fils, rayonne doucement une auréole. Autour de ses épaules flotte un gaze léger ; elle porte une robe d'un beau rouge, un manteau bleu et violet. De la main droite, elle presse la inamelle pour en faire jaillir le lait. Une mitre et une crosse se trouvent par terre, à gauche. Dans le ciel, des nuages clairs.
Le Christ a des chairs rosées aux ombres bleuâtres ; le dessin de son corps est d'une correction académique un peu sèche. La Vierge a une figure douce, au profil pur. Les traits du Saint sont ceux que Rubens prête d'ordinaire à St. Dominique.
Le tableau est de la toute première époque du maître et pourrait bien dater du séjour qu'il fit en Espagne, en i6o3.
Il provient du collège des Jésuites d'x\lcala de Hénarès. Don Antonio Ponz en parle et dit qu'au moment où il écrivait son livre (1772), le tableau venait d'être transporté à la maison des Jésuites de S. Isidoro, à Madrid. C'est de là qu'il a passé à l'Académie de San Fernando, entre 1829 et i852 (i).
(i) Pedro ANT. de la Puente : Viage de Espana. Madrid, Joachim Ibarra 1772. I, p. 3o6.
Gravure : Galvan (Dans les Ciiadros sclcctos de la Real Academia de S. Fernando, publié par Don Pedro de Madrazo).