SAINTE CÉCILE JOUANT DU CLAVECIN
Berlin. Musée, 781.
Panneau. H. 177, L. 139.
jIa sainte musicienne est assise auprès d'un petit orgue et chante en s'accompagnant. Ses yeux, démesurément ouverts, se dirigent vers le ciel avec une expression extatique. Elle porte une robe d'un jaune nuancé de rose et une draperie vert bronzé, à reflets jaunâtres. A gauche deux anges, debout sur un siège, écoutent le chant de la sainte ; un troisième, sur le devant, grimpe sur la figure de Sphinx qui supporte l'orgue. Un quatrième, dans le haut, apparaît de derrière un rideau suspendu entre des colonnes et porte une branche de roses. A droite, par terre, un chien endormi. Le fond
est formé par les murs de la salle, des colonnes et une vue sur les champs.
C'est un travail extrêmement libre, caractérisé par un jeu capricieux de tons et de lumières, par un fouillis de nuances et de reflets. Peu gracieux de dessin, il est admirable de technique. C'est un chef-d'œuvre de la dernière époque du maître, i63g ou 1640. La tête de la sainte avec ses gros yeux écarquillés est déplaisante, mais les anges sont exquis.
Dans le catalogue du musée de Berlin, le tableau est intitulé ^^ Hélène Fourment, seconde femme de Rubens, en Ste. Cécile r. Rubens a, en effet, prêté les traits de son épouse à la patronne des musiciens.
Le tableau est tout entier de la main du maitre.
Le panneau présente trois fentes qui ont été bouchées et retouchées.
Dans la succession de Rubens se trouvait une Sainte Cécile, probablement celle dont il est question ici. Elle portait le n^» g3 du catalogue des tableaux délaissés par lui et fut donnée au seigneur d'Ophem pour services rendus lors de l'achat par le roi d'Espagne de 2g tableaux appartenant à la mortuaire du grand peintre (i).
Le tableau passa dans la vente du prince de Carignan (Paris, 3o juillet 1742) et fut adjugé à 10000 livres. Dans la vente du duc de Tallard (Paris, 22 mars iy56), il fut payé 20o5o livres par le roi de Prusse.
Gravure: V. S. 5o, J. Witdoeck (second état, S. a Bolswert).
Photographie : Photographische Gesellschaft, Berlin.
Voir planche 141.