‹ L'œuvre de P.P. RubensChapitre 139 sur 213 · L'ENSEVELISSEMENT DE SAINT ETIENNE · texte numérisé non relu

L'ENSEVELISSEMENT DE SAINT ETIENNE

(Volet de droite.)

[e saint, pâle dans son linceul blanc, est descendu au tombeau par Joseph d'Arimathie et Nicodème, deux hommes vénérables, l'un portant le turban et la barbe noire, l'autre ayant la barbe et les cheveux blancs. Ils sont aidés par un homme d'âge mùr, au buste nu, qui est descendu dans le tombeau, et par un ouvrier plus jeune. Dans le haut, la sainte Vierge et une jeune femme tiennent la chasuble du martyr ; deux femmes âgées, faiblement indiquées, complètent l'entourage. 'L'Enterrement de St. Etienne est un tour de force de composition ; neuf grandes figures s'y tiennent dans un espace large de 1,26 m. La même couleur mate domine dans ce panneau comme

dans l'autre volet du triptyque. Toutes les figures ont plus que la grandeur naturelle.

4i3. L'ANNONCIATION DE LA VIERGE.

(Extérieur des volets.)

'un côté, Marie est debout devant un escabeau peu élevé ; elle est vêtue d'une tunique blanche, à manches bleues, recouverte d'un il vêtement supérieur de pourpre clair. Elle vient de se redresser et, absorbée dans ses pensées, elle se tourne vers l'ange ; elle relève d'une main sa draperie supérieure et porte l'autre au voile noir qui lui couvre la tête. Un faisceau de rayons partant du St. Esprit descend sur elle ; devant elle, un tapis rouge est tendu ; dans le haut, deux anges se jouent et répandent des fleurs. A droite, Gabriel arrive en volant, l'une main levée, l'autre abaissée et montrant le St. Esprit planant dans le haut. L'ange porte une draperie jaune doré et jaune rougeàtre, ses cheveux sont d'un blond doré. Six angelets charmants lui font cortège. Belle composition, mais coloris affadi.

Le triptyque a eu à soufirir des outrages du temps et des hommes, mais n'en est pas moins resté une œuvre fort remarquable. Le tableau central est superbe, la tonalité est claire, le mouvement abondant et heureusement varié. Les contours tranchent nettement les uns sur les autres et sur le fond. Les figures du groupe principal sont entièrement de la main de Rubens ; celles du haut : les anges, Dieu le père et le Christ, sont seulement retouchées par lui et peintes probablement par Corneille Schut qui, à cette époque, travaillait chez Rubens et dont le style se rapproche le plus de celui de ce groupe. Les volets sont inférieurs à la toile principale et nous paraissent peints par le même collaborateur ; le maître a retouché les chairs et les draperies. Le magnifique buste nu, dans le bas du volet de droite, et le pied du disciple dans le même volet sont entièrement de la main de Rubens. Rappelons que dans maint autre tableau de la même époque et de facture analogue, nous avons constaté la même collaboration, l'Assomption du musée de Bruxelles, le St. Dominique et St. François, du musée de Lyon etc.

Le même élève qui exécuta le côté intérieur des volets peignit aussi le côté extérieur. Rubens le retoucha dans les chairs et dans les parties claires.

Le style du tableau principal présente l'analogie la plus frappante avec

les Miracles de St. Ignace et les Miracles de St. François Xavier, faits pour l'église clés Jésuites d'Anvers, en i6ig ou 1620. Il est certain que le triptyque de 5/. Etienne fut fait à la même époque.

Le musée de Rotterdam possède, dans sa collection de dessins, un croquis de Rubens, représentant un saint ou une sainte lapidée, dans lequel on retrouve la figure du bourreau posant le pied sur le corps du martyr. C'est peut-être un premier projet de la présente composition.

Le volet V Ensevelissement de St. Etienne rappelle vivement le Christ mis aie tombeau par le Caravage, dont Rubens exécuta une copie libre (Voir n° 323). La pose du saint et de l'un des porteurs est presqu'identique à celle du Christ et de l'un des disciples qui le descendent dans la tombe.

Selon le catalogue du musée de Valenciennes, ce triptyque fut fait pour l'abbaye de St. Amand. Il appartint plus tard à l'église de St. Géry qui le céda à la ville en 1834. Nettoyé et rentoilé, en 1764, par Jean-Auguste Druon Cardinal, il le fut une seconde fois en i838.

Dans la vente de Jacques De Wit (Amsterdam, I755), on adjugea, à 65 florins, une réduction du Martyre de St. Etienne (H. 2 pieds 7 pouces, L. 2 pieds). C'est probablement la même que le comte de Cobenzl possédait à la fin du siècle dernier et qui fut gravée à cette époque par P. J. Tassaert. Smith (Catalogne. II, i65) affirme qu'en i83o ce tableau appartenait au prince Léopold de Saxe-Cobourg, plus tard roi des Belges.

Gravures : V. S. 20, P. J. Tassaert (D'après l'original de P. P. Rubens au cabinet de S. E. Monseigneur le comte de Cobenzl, ministre plénipotentiaire de S. M. I. R. et Apost. à Bruxelles); 21, J. F. L. Oeser (D'après l'original dans le cabinet de M. Th. Richter, à Leipzig). Les deux estampes reproduisent exactement la composition du panneau central du triptyc;[ue. Seulement, dans la gravure d'Oeser, il n'y a que deux anges dans le haut, au lieu de trois, et la pose d'un des bourreaux est différente.

Le musée de l'Hermitage, à St. Péterbourg, possède un dessin de Rubens conforme à la gravure de Tassaert ; Dieu le père, clairement représenté dans la gravure, n'est indiqué dans le dessin que par des traits informes. Le dessin provient de la vente de Gérard Hoet (La Haye, 1760, n° 1102).

Sainte Eugénie.

Sujet d'un des plafonds de l'église des Jésuites, à Anvers (voir n° 35).

Saint Eustache.

Le catalogue du musée de Madrid (n° 1245) attribue à Rubens les figures d'un paysage de Jean Breughel avec St. Eustache (plutôt St. Hubert), agenouillé devant le cerf. Ces figures sont de Jean Breughel lui-même.

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