‹ L'œuvre de P.P. RubensChapitre 190 sur 213 · DEUX ANGES · texte numérisé non relu

DEUX ANGES

Lille. Musée, 461.

Toile. H. 295, L. 220-

^^ANS un paysage esquissé à larges traits, la Madeleine est couchée à terre, la tête rejetée en arrière. Deux anges se tiennent à ses côtés ; l'un, à gauche, la soutient sous les bras; l'autre la tient par la main. La sainte est vêtue d'un simple vêtement blanc qui laisse à découvert un des seins ; ses yeux semblent près de s'éteindre ; ses cheveux déliés retombent sur les épaules ; à ses pieds se trouvent une cruche renversée et une tète de mort. L'ange qui la soutient la regarde avec une expression de pitié et d'affection ; l'autre lève les yeux au ciel d'où descend un rayon qui vient frapper la sainte. L'ange de droite porte une draperie rouge, celui de gauche une draperie bleue, aux reflets clairs. C'est un travail d'élève dont Rubens a retouché les chairs, ainsi que la draperie blanche de la Madeleine, et où l'on ne trouve à louer que la pose hardie et belle de la Madeleine. Le paysage est de Wildens. La date est incertaine, vu la petite part que le maitre a prise à l'œuvre ; elle tombe probablement après i63o.

Le tableau fut fait pour l'église des Récollets à Gand ; il s'y trouvait à côté du maître autel, vers l'évangile. Enlevé, en 1794, par les commissaires de la république française, il fut donné, en 1801, au musée de Lille.

Une copie attribuée à De Crayer se trouve à l'église St. Jean, à Dunkerque.

Gravure : V. S. 62, Pet. De Bailliu.

Voorhelm Schneevoogt (n"^ 60) cite encore une Madeleine, gravée par Pierre De Bailliu, jetant ses bijoux de la main droite et tenant un crucifix de la gauche. Sans nom de peintre.

Voir planche 161.

Buste de Sainte Madeleine.

St. Pétersbourg. Ermitage, 548.

Étude. Panneau. H. 63, L. 49.

Buste de femme en extase, la tête tournée vers la droite, vue de profil, le regard au ciel, les cheveux rejetés en arrière, draperie blanche à reflets sur les épaules.

Pièce douteuse, probablement d'un habile pasticheur. Acquise par l'impératrice Catherine II.

Photographie: A. Braun ; Anonyme.

Sainte Madeleine.

Sujet d'un des plafonds de l'église des Jésuites, à Anvers (Voir n° 22).

Sainte Marguerite.

Sujet d'un des plafonds de l'église des Jésuites à x\nvers (Voir n'^ 33). La même sainte a été gravée d'après un dessin de Rubens par P. De Bailliu (V. S. 63, Petrus De Bailliu fecit et excudit, P. Rubenius delin).

Saint Martin partageant son manteau.

Windsor Castle. — Collection royale.

Le saint est à cheval accompagné de deux cavaliers. De son épée, il coupe un pan de son manteau et l'abandonne à un mendiant. Par terre un second mendiant. A droite, une pauvresse est debout avec deux enfants. Le tableau est mis erronément au nom de Rubens. Il est absolument certain que c'est une oeuvre de la jeunesse de Van Dyck, faite lorsque l'élève

fréquentait encore l'atelier de Rubens. Les carnations pâles, aux ombres bleuâtres, le dos brun du mendiant et la figure brune de la pauvresse, la tête blême et flasque de St. Martin ne furent peints à aucuns époque par Rubens et ne peuvent avoir été peints par Van Dyck qu'avant son départ pour l'Italie.

Waagen avait commencé par attribuer le tableau à ce dernier maître, mais il se rallia plus tard à l'opinion de Smith qui y vit un travail de Rubens ; toutefois, les deux auteurs admettent une collaboration de Van Dyck. Le tableau se trouvait dans la mortuaire de Rubens et la Spécification des peintures, N° 234, le mentionne sous le nom de Van Dyck.

Walpole dit qu'il fut vendu au prince de Galles, père de Georges III, par Bagnol qui l'avait trouvé en Espagne.

On sait que Van Dyck traita le même sujet dans son célèbre tableau de l'église de Saventhem. Dans cette dernière composition, il a omis la mendiante avec ses enfants.

Gravures : V. S. iio, G. Galle; m, Thomas Chambars, 1766 ; 112, W. St. Worlington ; ii3, William Walker. La tête du pauvre qui se lève estempruntée à Raphaël et a été gravée séparément par Blooteling (V. S. Portraits, 292).

Sainte Martine.

Volet de la Résurrection du Christ, à la Cathédrale d'Anvers (Voir N'^ 335).

Cette sainte, telle que Rubens l'a représentée sur le monument de Jean Moretus, a été gravée par Schelte a Bolswert sous le nom de Ste. Barbe (V. S. 23) et par Luc. Vorsterman sous celui de Ste. Catherine, d'après un marbre antique (V. S. 34). Seuls les attributs ont été changés.

Page 1