LA MADONE ET L'ENFANT
Panneau cintré. H. i5o, L. 70 environ.
u-dessus du retable se trouve une Madone. La Vierge tient sur le bras gauche l'enfant nu et porte de la main droite le sceptre. La robe est rouge, la draperie supérieure bleue ; elle porte un voile qui flotte derrière son épaule. C'est une douce figure, se dessinant sur un fond de nuage.
Travail d'élève retouché par le maître.
Les tableaux de l'autel de St. Roch sont du milieu de la carrière du peintre et datent de i623 ou de 1624.
Michel nous transmet une tradition rapportant que cette belle œuvre fut commandée à Rubens par la confrérie de St. Roch, à Alost, et lui fut payée 800 florins. Suivant la même tradition, le peintre aurait exécuté gratuitement les deux prédelles au-dessous, et la Vierge au-dessus du tableau principal. Les auteurs de l'histoire d'Alost ont fait de vaines recherches dans les dépôts d'archives pour découvrir l'année où le tableau fut exécuté ; ils rapportent, qu'en restaurant l'autel, on a découvert le millésime i523 taillé sur une des statues de saints dont il est orné (i). Ce dernier détail confirme pleinement la date que nous assignons au tableau.
Le panneau principal et les prédelles furent enlevés par les commissaires de la République française en 1794 et rendus en i8i5. Dans la liste que le commissaire du gouvernement des Pays-Bas dressa des tableaux enlevés par la France, trois prédelles se trouvent mentionnées : St. Roch consolé par im ange, St. Roch et son chien, la Mort de St. Roch ; la première et la troisième de ces pièces n'en forment cju'une.
La cathédrale de Dunkerque possède une copie du St. Roch de Rubens faite, suivant une étiquette placée sur le tableau, par Jean de Reyn, en 1667.
(i) Frans de PotTER en Jan BROECKAERT: Geschiedenis der stad Aalst. Vol. IV, p. 188.
Dans le fond, à droite, près du saint, on remarque un bâtiment. Cette copie provient de l'église paroissiale de la même ville.
Gravures : (Panneau principal) V. S. i33, Pontius, 1626 ; 134, J. Hunin, Malines, 1793 ; i35, Anonyme; i36, J. B. de Wit ; 137, Anonyme (Audran exe.) ; 140, Devillier et Pigeot (Galerie Napoléon). Prédelles : Anonyme (Manuel du Muséum Français, i8o3).
La gravure de Pontius rend en sens inverse, mais exactement, le tableau. La seule différence entre l'estampe et la peinture est que cette dernière semble avoir été légèrement raccourcie par le haut et rétrécie des deux côtés. La gravure de G. Hunin représente le tableau carré par le haut ; deux des pestiférés élèvent les mains au-dessus de la voûte. Ces différences doivent être attribuées à l'infidélité du graveur.
Le St. Roch avec l'ange a été gravé séparément par Corn. Meyssens (V. S. i38), par A. Voet (V. S. 139) et par F. Bouttats.
Le musée de Florence possède un dessin de cette composition reproduisant, dans le même sens, la gravure de Pontius et probablement copié d'après celle-ci.
Dans la vente Crozat (Paris, 1741), un dessin du St. Roch gravé par Pontius fut vendu, avec un crucifix, 67 livres. D'après Mariette, ce dessin n'a presque point été retouché par Rubens. Il fut acheté par M. de la Live qui en fit présent au comte de Cobenzl. Il a passé avec le cabinet de ce dernier dans la collection de Catherine II.
L'inventaire du musée de Cassel, de 174g, mentionne une esquisse du St. Roch (Panneau. H. 2 pieds, L. i pied, 6 pouces). Elle fut enlevée par le roi Jérôme et ne se retrouve plus.
Sainte Rosalie.
Voorhelm Schneevoogt (n° 64) mentionne une estampe, signée C. Galle, sans nom de peintre, représentant Ste. Rosalie, debout, acceptant d'un ange ailé une corbeille de fleurs. La sainte est coiffée de roses, une auréole entoure sa tête. Rien ne justifie l'attribution à Rubens de cette composition, due probablement à Van Diepenbeke.
Dans une autre estampe, également sans nom de peintre et publiée par C. Galle (V. S. n° 65), la sainte, vue à mi-corps, tient un lis de la main gauche et pose la main droite sur une tête de mort.