‹ L'œuvre de P.P. RubensChapitre 209 sur 213 · L'ENTERREMENT DE SAINTE CATHERINE · texte numérisé non relu

L'ENTERREMENT DE SAINTE CATHERINE

Pendant de la prédelle précédente.

Panneau. H. 44. L. 60.

E corps mort de Ste. Catherine est transporté vers le mont Sinaï par deux anges, dont l'un tient une palme dans la main. Un troisième ange porte une guirlande de fleurs.

A en juger d'après la gravure du retable, les tableaux ont été exécutés à la même époque que V Incrédulité de Si. Thomas (n° 346), c'est-à-dire de i5i3 à i6i5. Dans les deux œuvres, le Christ présente une analogie frappante de dessin et de facture ; l'ange qui soutient Ste. Thérèse ne rappelle pas moins vivement le St. Jean du groupe d'apôtres auquel le Christ montre ses plaies.

Tous les auteurs sont unanimes à dire que l'autel et les tableaux de Ste. Thérèse à l'église des Carmes déchaussés furent donnés par Alexandre, duc de Bournonville, né en 1616, et par son épouse Ernestine-Françoise de Ligne-Arenberg. Mais ici se présente une grande difficulté qu'aucun de ces écrivains ne signale. Le maria.ge des donateurs eut lieu le 4 mai i656 et la femme mourut le 11 octobre i563. C'est donc entre ces deux dates que la donation eut lieu. Le couvent des Carmes déchaussés ou Petits Carmes ayant été mal construit, de 1610 à 1614, fut rebâti et l'église ouverte de nouveau en i552. Les époux de Bournonville eurent un fils Alexandre- Charles-François, né le 2 avril lôSg, mort le 21 septembre 1660. C'est probablement à l'occasion de ce décès qu'ils firent construire l'autel de Ste. Thérèse et le tombeau de la famille. Dans son testament, fait le 6 février

i666, Alexandre de Bournonville dit : " Je souhaite que mon corps enfermé en un luseau de plomb soit posé sous, l'autel de Ste. Thérèse aux Carmes déchaussés de Bruxelles, auprès de celui de ma chère femme en la cave et sépulture que nous y avons (i). ^ Alexandre de Bournonville mourut le 20 avril i6go. Comment admettre que des tableaux faits par Rubens pour orner un autel, aient pu être mis en place vingt ans seulement après la mort du peintre ? Cette difficulté nous force de recourir à l'hypothèse que le retable et les prédelles furent faits par Rubens pour un autre autel, qu'Alexandre de Bournonville s'en rendit acquéreur et en orna sa chapelle mortuaire. Ils furent probablement faits pour un autel de l'église primitive des Carmes déchaussés de Bruxelles, achevée en 1614.

Dans la nouvelle église, ils se trouvaient sur l'autel de Ste. Thérèse, à gauche du chœur. Le tableau principal fut soustrait en 1793 et transporté en Angleterre (2). Il fut adjugé dans la collection de La Hante (Londres, 1814), à 290 guinées. Les deux prédelles furent cédées par les religieux à un peintre de Bruxelles, nommé Pery, qui avait fait quelque travail pour eux. Il les emporta en Russie, où il demeura plus de quinze ans. En 1771, il était retourné à Bruxelles et possédait toujours, au dire de Mois, les deux panneautins (3). l^' Enterrement de Ste. Catherine fut vendu 410 florins dans la collection Slingeland (Dordrecht, lySS) et 3o guinées dans la collection Harritz (Londres, 1810). Cette dernière prédelle appartenait en i83o à Edward Gray (4).

Gravures : (Ste. Thérèse à genoux devant Jésits-Christ) V. S. 6g, F. de Roy (Inscription : " Gravé d'après le tableau original qui est dans l'église des R. R: P. P : petittes Carmes à Bruxelles) ; 70, A. Cardon, 1792. (Ste. Thérèse agenouillée devant le St. Esprit) V. S. 56, Pet. Verschippen.

Voorhelm Schneevoogt mentionne, sous le n" 71, une Ste. Thérèse agenouillée devant un autel. Au mur est un tableau avec l'inscription ^ Misericordias Domini in aeternum cantabo. ^ L'estampe signée P. P. Rubens pinx. porte le nom de C. Galle qui a remplacé une inscription antérieure. L'attribution à Rubens est fausse. Les mots : - P. P. Rubens pinx. - ont été gravés vers 1840 par un graveur anversois pour le propriétaire de la planche.

(i) Manuscrits de la Bibliotiièque royale de Bruxelles. Extrait communiqué par M. Charles Ruelens.

(2) HENNE ET Wauters : Histoire de Bruxelles. III, 392.

(3) MOLS : M. S. 5733, p. i5i.

(4) Smith : Catalogue. II, 690.

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