‹ L'œuvre de P.P. RubensChapitre 38 sur 213 · LE PORTEMENT DE LA CROIX · texte numérisé non relu

LE PORTEMENT DE LA CROIX

Vienne. Académie, 625.

Panneau. H. 64, L. 4g.

Iette belle esquisse présente des divergences notables avec la précédente. Au milieu du tableau, le Christ est aff"aissé par terre ; derrière lui, trois hommes soulèvent la croix, de dessous laquelle il est entièrement dégagé. L'un de ces hommes porte une jaquette écarlate et s'arc-boute sous la croix ; l'autre, nu, à l'exception d'une ceinture verdâtre, redresse la croix par un des bras, le troisième la tient par le tronc. Devant eux montent trois hommes en cuirasse ; l'un, à cheval, pousse le Christ du bout de sa lance ; le second, un officier en casque, tient d'une main le drapeau et étend l'autre main ; le troisième, qui ouvre la marche, est à cheval et porte un turban. Dans le haut, le rocher du Golgotha où deux hommes travaillent. A gauche, Marie étendant les bras vers le Christ, Véronique montrant le suaire, deux femmes et deux enfants. Plus haut, un bourreau, à buste nu, tire le Christ par les cheveux et le pousse du bout de sa lance ; un autre, en cuirasse, tenant une canne à pommeau d'argent, écarte Marie. Dans le bas, les deux larrons conduits par deux soldats, dont le premier est nu-tête, le second coiffé d'un casque.

Gravure: J. Klaus (Zeitschrift fur bildende Kunst, 1876, p. 352).

Photographie : Victor Angerer.

Une répétition de cette esquisse parut dans la vente de M de Berlin

et du prof. Dahl de Dresde (Bruxelles, 7 mars iSSg). Le catalogue de la vente la reproduit en lithographie.

Dans un inventaire des tableaux appartenant à la famille Lunden d'Anvers, datant de i63g à 1649, on rencontre l'esquisse d'un Portement de la Croix.

Il existe une gravure reproduisant une autre composition sur le même sujet par Rubens. Le Christ se trouve au milieu vu jusqu'à mi-corps. Il regarde le spectateur et porte la croix dont on ne voit qu'un des bras ; derrière lui, à droite, un guerrier romain en cuirasse, nu-téte, tient une corde ; devant

lui, à gauche, Véronique, tenant le linge à la hauteur de la face du Christ. Près d'elle, trois soldats romains en casque, deux nu-tête, quatre hampes de lance, une bannière. C'est une composition calme et raide ; si elle est de Rubens, elle doit dater de son premier temps.

Gravure : V. S. 266, Coenr. Lauwers.

La gravure d'Alex. Voet, représentant le même sujet et rangée par Voorhelm Schneevoogt (n° 26g) dans l'œuvre de Rubens, est faite d'après un tableau d'Antoine van Dyck. La même composition est reproduite par une lithographie de Massart avec l'indication Rubens pinxit.

Un Portement de la Croix, reproduit par une autre estampe (V. S. 272), signée Van Hoeck, est attribué à Rubens. On y voit la Vierge, à l'extrême droite. Nous ne connaissons pas la planche, mais puisqu'elle porte le nom d'un peintre connu, il serait plus simple de la regarder comme l'œuvre de celui-ci que d'en gratifier Rubens.

Voorhelm Schneevoogt (Histoire et allégories sacrées, n°s Sg et 66) range encore dans l'œuvre de Rubens, nous ignorons à quel titre, un St. Suaire gravé sur bois, sans nom de peintre ni de graveur.

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