‹ L'œuvre de P.P. RubensChapitre 5 sur 213 · A SALOMÉ · texte numérisé non relu

A SALOMÉ

Galerie du comte de Carlisle à Castle Howard. Toile. H. i32, L. 122.

ROUPE de trois personnages. Au milieu Salomé tenant des deux mains un grand plat d'étain sur lequel est déposée la tête de St. Jean. Sur les cheveux dénoués, elle porte un tour de perles ; la robe jaune est largement ouverte ; un collier de pierres précieuses descend sur le corsage ; une draperie rouge écarlate est jetée sur les épaules. C'est une robuste femme bâtie en virago, dépassant de la moitié de la tête le bourreau qui se trouve à côté d'elle. Celui-ci tient par les cheveux la tête de St. Jean qu'il dépose d'une main sur le plat, tandis que de l'autre il tient encore le glaive. Il est tête nue, porte une cuirasse et a les traits durs. De l'autre côté de Salomé se trouve une jeune fille vêtue de bleu, probablement une suivante, qui d'une main aide à tenir le plat. La scène se passe dans la prison, dont on voit, dans le fond, les murs épais et la partie inférieure d'une fenêtre circulaire, fermée par de gros barreaux de fer.

Smith appelle ce- tableau une peinture d'un coloris brillant et d'une facture très soignée (2).

Waagen en parle dans les mêmes termes ; il croit que l'œuvre appartient

(i) Cruzada VilLAAMIL : Rubens diplomatico espahol. P. 3o8. (2) Smith : Catalogue. IX, 23o.

à la période postérieure de Rubens et qu'elle est l'original des nombreuses copies qui en existent (i).

Le tableau provient de la collection de Joshua Reynolds.

En le composant, Rubens paraît s'être souvenu d'une œuvre de Paul Véronèse, où l'on voit Judith prenant la tête d'Holopherne pour la déposer dans un sac tenu par une suivante.

Gravures : V. S. 162, S. a Bolswert ; i63, Anonyme ; 164, Petrus de Loisy ; i65, J. Pecini (Venetiis) ; 166, F. Ragot ; 167, Anonyme (Danckerts exe).

Dans cette dernière planche, les figures sont en pied, le corps de St. Jean est couché à terre. A gauche, on voit la salle de festin d'Hérode ; cette partie du tableau ne rappelle en rien le style de Rubens, elle a été ajoutée par le graveur, comme cela est arrivé dans mainte estampe d'après Rubens publiée en Hollande.

Voir planche 82.

24i'"s. LE BOURREAU REMET LA TÊTE DE ST. JEAN A SALOMÉ.

Anvers. Collection Koninckx.

Toile. H. 146, L. 120.

ÈME composition que le numéro précédent. Le travail assez rude a été commencé par un élève et en partie recouvert par Rubens. Les quatre têtes sont du maître ; il a terminé les bras et retouché les draperies et la cuirasse. Le tableau, qui avait souffert, présente des repeints nombreux. C'est une toile éclatante de couleur, déclamatoire de ton, sans profondeur dans le sentiment, sans distinction dans les figures. La tête de St. Jean, supérieurement traitée, en forme la partie la plus remarquable.

Contrairement à Waagen, nous croyons que l'œuvre date de 1620 environ.

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