LE CHRIST MORT SUR LA CROIX
Munich. Pinacothèque, 748.
Panneau. H. 148, L. 92.
[Ia tête du Christ est penchée en avant, le menton sur la poitrine ; les cheveux retombent sur la joue, dans le cou et à côté de la figure. Il semble dormir. Sa pose est belle, le linge blanc taché de sang ressort vivement sur la chair jaunâtre. Toute la figure est pâle, avec des
(i) En admettant cette provenance de l'esquisse, nous ne sommes pas d'accord avec Burger c;iui la fait passer du cabinet von Kesselstadt, vendu à Mayence en 1828, dans celui de Weyer. Nous croyons à l'identité de la grisaille de la collection Schamp d'Aveschoot et de celle du musée de Berlin. Smith, qui vit la pièce en i83o, chez Schamp, affirme qu'elle provenait du couvent des Récollets d'Anvers et dit formellement qu'elle est en grisaille, quoique le catalogue de la vente l'appelle une esquisse terminée et « l'une des plus belles que l'on connaisse. » La même divergence d'appréciation se remarque dans les auteurs qui l'ont vue dans le couvent des Récollets : le Guide de Berbie l'appelle tantôt une esquisse, tantôt un dessin ; Michel loue « la légèreté du pinceau et la hardiesse des touches » ; Descamps assure qu'elle est de toute beauté, et l'auteur du Voyage d'un amateur des arts constate qu'elle est « soigneusement finie. » DESCAMPS : Voyage. P. 197. — Beschryvinge der be:{onderste werken van de Schilder-konste der stad Anttverpen. G. BERBIE, 1765. P. 81. — SMITH: Catalogue raisonné. II, 28 ; IX, 320. — W. BURGER : Galerie Suermondt. P. 85.
(2) Historische Levensschets van P. -P. Rubens. Anvers, 1840. P. 394.
(3) Catalogue raisonné. II, 86.
ombres brunes ; mais elle est saisissante par la lumière, la transparence et la fermeté du coloris. La couronne d'épines manque.
Dans le ciel, on voit l'éclipsé ; dans le fond, la ville de Jérusalem. La croix est calée par deux pièces de bois.
La peinture est très serrée et très soignée, quoique le dessin soit large. Les ombres sont très prononcées. C'est un admirable travail, datant de 1612 environ, tout entier de la main de Rubens. Il provient de la galerie de Dusseldorf.
Gravures : Non décrit, Piloty (Lithographie) ; S. T. Engleheart.
Photographie : von Hanfstaengl.
Voir planche io5.