LA DESCENTE DE CROIX
Arras. Église St. Jean-Baptiste.
Toile. H. 280, L. 2o5.
A croix est très basse. Deux échelles sont dressées contre la traverse ; l'une devant, à droite, l'autre derrière, à gauche. Sur celle-ci. St. Joseph d'Arimathie, vêtu de vert clair, se tient penché par-dessus la croix ;
(i) PÈRE Ignace: Supplément aux Mémoires, p. 566. Manuscrit appartenant à la bibliothèque d'Arras. — LE GENTIL: Le vieil Arras. P. 179.
il soutient le Christ par un bras et par les deux bouts du linceul. St. Jean- Baptiste, vêtu d'une robe rouge, se tient sur l'autre échelle et prend le Christ sous les deux bras. Marie est debout, à droite, les mains étendues, prête à recevoir le corps de son fils ; elle porte une robe blanche et une draperie de la même couleur. Ste. Marie Madeleine est agenouillée au pied de la croix, les bras levés par un mouvement passionné, la tête renversée, les longs cheveux flottants sur le dos ; elle est habillée d'une robe jaune, et d'une draperie vert bronzé. Dans le fond, on aperçoit la ville de Jérusalem. Par terre, une cuvette en cuivre, l'écriteau, un marteau et des clous.
Le Christ a une pose hardie, les pieds descendent en ligne droite, le haut du corps décrit un demi cercle. Marie est tendre, profondément affligée. Madeleine, mue par un élan irrésistible, lève les bras d'un seul jet.
C'est une belle et simple composition, exécutée par un élève, retouchée par le maître dans les chairs et dans le linceul ; elle date de i625 environ.
Le tableau provient de l'église de l'abbaye de St. Vaast, à Arras.
Gravure : V. S. 355, Coenr. Waumans. (Dédicace : 111™"^ et Excell'""^ Dominus Dominus Maximilianus Wilibaldus S. R. I. Dapifer heredit. Comes in Wolfegg, Baro de Walburg, et Dominus in Waldsee, Zeil et Maistetten. S. C. M"5 nec non Serenissimi Electoris Duc. Bavariae, respte Belli ac intimus Consiliarius, Camerarius, Generalis Marechali locum tenens, nec non superioris Palatinatus Gubernator Domino suo Clementissimo perquam cingulariter observand. L. M. D. C. Q.).
La gravure diffère du tableau en ce qu'elle montre l'écriteau attaché à la croix, que les clous et le marteau manquent et que la couronne est autrement posée. St. Jean se trouve plus bas dans la gravure que dans le tableau ; le bras de Nicodème, tenant celui du Christ, est caché derrière la traverse de la croix dans le tableau et passe devant dans la gravure.
Photographie : Grandguillaume.
Voir planche m.
En 1886, on apprit par les journaux qu'un tableau de Rubens venait d'être retrouvé à l'Hôtel-Dieu de Montreuil s/m et que M. Hollevoet, restaurateur à Lille, était chargé de le mettre en bon état. Ce tableau est entièrement conforme à la Descente de Croix de l'église St. Jean d'Arras et n'est probablement qu'une copie de ce dernier.
Il est peint sur toile et mesure 270 centimètres de haut sur 202 de large. Il a été photographié par M. Leclercq.
3i5. LA DESCENTE DE CROIX.
St. Orner. Cathédrale.
Toile. H. 400, L. 3oo environ.
|a composition renferme sept personnages. A la partie supérieure de la croix, trois hommes descendent le corps du Sauveur. Deux d'entre eux sont debout sur deux échelles, le troisième est penché par-dessus un des bras de la croix. Ceux qui sont sur les échelles soutiennent le Christ au moyen du linceul passé sous la poitrine. Le troisième le tient par le bras droit. Le corps mort est descendu jusque tout près de la terre, de sorte que la Madeleine agenouillée entoure du bras gauche les deux jambes, tandis que, de la main droite, elle soutient la poitrine du Christ. Marie, également agenouillée, attire à elle le bras pendant de son fils. St. Jean, debout derrière la Vierge, maintient son maître sous la poitrine. L'apôtre bien aimé porte un vêtement rouge ; Marie Madeleine, une robe couleur d'ambre ; la mère du Sauveur est habillée de noir et de blanc ; l'homme sur l'échelle, à droite, est vêtu de blanc ; celui à gauche, de bleu ; celui qui est juché sur le bras de la croix a le torse nu. Le groupe est bien construit ; mais la pose du Christ est extrêmement disgracieuse, son corps forme un angle droit. L'idée de le faire reposer sur le linceul plié en bande étroite est peu heureuse. Dans le fond, un paysage ; par terre, une cuvette de cuivre renfermant une éponge, la couronne d'épines et un linge ; à côté, l'écriteau et les trois clous.
Le tableau a énormément souffert, il est complètement gâté et repeint. Il reste peu ou point de la peinture primitive.
Si l'on peut se fier à l'annotation d'une chronique manuscrite conservée à la bibliothèque de St. Omer, il fut fait en i5i2 et payé 25o florins à Rubens (i). Ce prix prouverait assez que le tableau était le travail d'un élève retouché sommairement par le maitre. Rien dans le grand retable ne contredit cette hypothèse. La date indiquée est vraisemblable, mais on a le droit de
(i) En ce même mois (de'cembre 161 2) fut raccommodé l'autel de la chapelle St. Jean l'évangéliste dans l'église de Saint Omer où fut apposé un tableau de platte peinture pourtrait de la descente de N. S. Jésus Christ de la croix, et disoit-on qu'il cousta en Anvers deux cent 5o florins, sans ce qu'il cousta à l'amener puis le menuisier et tailleur d'imaige eurent cent cinquante florins. (Bibliothèque de St. Omer. Ms. 808 T. II. p. 433. Note communiquée par M. l'abbé Francis Sagot, curé de Notre Dame à St. Omer.)
s'étonner que ce travail médiocre eut quitté l'atelier de Rubens la même année que la Descente de Croix des Arquebusiers. Photographie : Becquereau.
3i6. LA VIERGE ACCOMPAGNÉE DE DEUX ANGES QUI LUI TIRENT UN GLAIVE DU SEIN.
|a Vierge, vêtue d'une longue robe, est agenouillée, les bras étendus, le regard dirigé vers le ciel où apparait le nom de Jéhovah, en caractères hébreux, entouré de rayons éclatants. Vaincue par la douleur, elle se laisse tomber sur le côté ; un ange, à gauche, la reçoit dans sa chute et la soutient. Un second ange, aux ailes étendues, à droite, touche de la main un glaive qui est enfoncé dans la poitrine de Marie. Sur le premier plan, par terre, se trouvent les instruments de supplice : une croix en forme de T, la lance, la couronne d'épines, deux clous, un paquet de verges.
La gravure de Guillaume de Leeuw porte l'indication Rubens inventor et non Rubens pinxit. Il est assez probable qu'elle fut faite d'après un dessin et non d'après un tableau. Suivant Smith (Catalogue, II, io3o), sir Thomas Lav^rence a possédé le dessin original à la craie fait par Rubens pour cette gravure.
Gravures: V. S. (Vierges) iSg, W. De Leeuw; i6o, Gugl. Piccini.
Le cabinet des estampes de la bibliothèque nationale à Paris possède une gravure de Bolswert d'après une composition anonyme attribuée à Rubens, où l'on voit Marie le cœur percé d'un glaive. Dans le fond, la passion est représentée en vision. La pièce est très suspecte.