‹ L'œuvre de P.P. RubensChapitre 69 sur 213 · LE CHRIST MORT SUR LES GENOUX DE LA VIERGE · texte numérisé non relu

LE CHRIST MORT SUR LES GENOUX DE LA VIERGE

Madrid. Musée, i563.

Toile. H. 201, L. 171.

|a Vierge, drapée dans un manteau bleu clair, est assise, fixant sur le ciel un regard plein d'une profonde douleur. Plus bas, le corps mort du Christ est déposé sur un gros bloc de pierre, le haut du corps renversé sur les genoux de sa mère. La Madeleine soulève une des mains du défunt pour la baiser, l'autre pend inerte à côté du corps. Derrière la Vierge, St. Jean se voit dans une ombre épaisse, relevant un pan de son manteau jusqu'à ses yeux ; par terre, la couronne, les clous et l'écriteau. Le Christ avec sa nuance chaude ressort puissamment sur le linceul d'un blanc plus clair, mais moins transparent que la carnation. Le corps brisé en ligne anguleuse

est bien inerte, bien mort, les bras sont largement écartées et cependant il conserve la beauté de la forme et sa ligne hardie plait au regard. Il domine complètement ; lui seul est dans la lumière, tout le reste est relégué dans l'ombre et sert à faire ressortir le crucifié dans sa funèbre beauté, dans son éclat triomphant de la mort. La tête surtout, avec ses ombres molles, est supérieurement modelée.

Le tableau provient du monastère de l'Escurial auquel Philippe IV l'envoya. Il y ornait les appartements du prieur (i). Il date des derniers temps du maître.

Gravures: V. S. 376, N. Lauwers ; 378, Corn. Galle (Dédicace: Reverendissimo Amplissimoque Domino D. Joanni Chrysostomo vander Sterre Perillustris Ecclesise S. Michaëlis Antverpiœ, Sacri ac Canonici Ordinis Prïemonstratensis Abbati Meritissimo, nec non Reverendissimi Domini Augustini le Schellier totius Ord. Prjemonstratensis Generalis etc., per Brabantiam et Frisiam Visitatori ac Vicario etc. Hoc Pietatis opus D. D. C. O. Cornélius Galle).

La gravure de N. Lauwers est conforme à celle de Corn. Galle; seulement au lieu de la couronne, la tablette de la croix et les clous qui dans la seconde se trouvent par terre, on voit, dans la première, la couronne, les clous et l'éponge dans un plat. Ces deux gravures ont de plus que le tableau un ange qui se trouve debout entre le Christ et la Madeleine. Il pleure et tient un des clous. Par terre, il y a seulement deux clous à côté de l'écriteau et de la couronne d'épines, tandis que dans le tableau il y en a trois.

Robert Theer, de Vienne, a lithographie, d'après une composition attribuée à Rubens, une planche qui présente une grande analogie avec ce tableau. Les figures ne sont vues que jusqu'aux genoux. Le Christ est identique. La Vierge tient un des bras du Sauveur. Au lieu de la Madeleine, c'est une vieille femme qui approche la main ensanglantée de ses lèvres. A la tête du Christ, on voit en outre St. Jean, mais au lieu de se désoler, il soutient le Sauveur sous le bras. Une jeune femme qui pleure se trouve entre Marie et St. Jean.

Voorhelm Schneevoogt (377) attribue à Rubens une composition sur le même sujet, sans nom de peintre, gravée par Henri Snyers.

(i) Franc, de LOS Santos : Descripcion del real monasterio de San Loren^o del Escorial. Madrid, 1698. P. 76.

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