‹ L'œuvre de P.-V. GallandChapitre 53 sur 54 · DESSIN POUR LE DIPLOME DE L’EXPOSITION DE · texte numérisé non relu

DESSIN POUR LE DIPLOME DE L’EXPOSITION DE

i;orivi;k de p.-v. g\ll\nd.

condamnable. N’était-ce pas, en effet, subordonner le principal à l’accessoire, que de créer une JMinerve simplement pour aboutir à utiliser le reflet d’un objet en métal?

Il prit donc le parti de faire un tableau spécial, uniquement consacré à mettre en valeur, dans un milieu calme, apaisé, dont le « petit jour » rappelât le crépuscule en plein air, des cuivres étincelants, et pour que leur 'éclat ne choquât pas le spectateur, il résolut de l’expliquer par un récent récurage.

C’est ainsi que le Jour des cuivres prit naissance et devint, par suite de transformations successives, la délicieuse composition que l’État devait acquérir. Mais ces transformations ne s’effectuèrent pas rapidement. Nous avons vu, au quatrième chapitre de ce livre, qu’en 1883 Galland était déjà à l’œuvre et qu’il avait un acquéreur, M. Fourdinois. Nous avons dit également que la toile, à la mort de Galland, n’était pas tout à fait achevée. Ne soyons donc pas trop surpris ([u’au cours de ce long enfantement, les cuivres destinés, dans le principe, à fournir le motif principal, soient peu à peu passés, par une réaction en quelque sorte fatale, au second plan de la composition.

En dépit de l’impression vivace et persistante de Fontainebleau, l’Architecte et le Décorateur, en effet, ne pouvaient manquer de reparaître en Galland. Aussi le goût avec lequel est architecturé le décor de cette jolie cour flamande est-il vraiment irréprochable. Le départ et la cage du petit escalier, qui aboutit à un palier suspendu, sont d’un dessin à la fois savant et pittoresque. Les meneaux des fenêtres et le fronton de la porte, considérés en raccourci, offrent une perspective juste et savante. Les personnages font des taches heureuses qui tiennent exactement la place à laquelle elles ont droit. Les costumes pittoresques sont suffisamment vrais pour qu’on n’éprouve aucune sensation d’anachronisme. Les cuivres, enfin, nombreux et variés de formes et d’aspect, plateaux, bassins, fontaines, cendriers, étouffoirs à braise, buires, coquemars, lanternes, cages, rafraîchissoirs, chandeliers, tous les ustensiles, en un mot, que comporte un ménage flamand se trouvent là réunis en des modèles choisis, et bien du temps des personnages mis en scène; abondants sans être encombrants, et donnant sans indiscrétion cette note éclatante, point de départ de l’œuvre et sa raison d’être.

Si l’on ajoute qu’aucun détail intéressant ou typique n’a été omis ou négligé, que les meubles sont copiés sur des modèles anciens, qu’il n’est pas jusqu’au support de la cloche et aux consoles des tablettes qui, étudiés avec un soin tout spécial, ne puissent être traduits en ferronnerie; si l’on signale encore la facture délicate de cet ensemble charmant, sa coloration exquise obtenue à l’aide de demi-tons d’une distinction rare, on demeurera d’accord que le talent patient du j)eintrc et sa persistante volonté aboutissaient, au moment où la mort vint le frapper, à la création d’un aimable chef-d’œuvre.

Dans un tout autre ordre d’idées, le Diplôme de l' Exposition de 1889 n’exigea pas moins d’études acharnées. C’est par centaines que se comptent les croquis

L’ŒUVUE DE l‘.-V. GALLAND.

chargés d’en préparer la finale exécution, tous morceaux curieux, intéressants. On dirait que Galland, pris de court, a voulu suppléer, par l’acharnement du travail, au temps qui cette fois lui faisait défaut. 11 regardait, en effet, comme un très grand honneur d’avoir été choisi pour l’exécution de cette précieuse récompense.

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