De locis iiffectis, liv. VI, chap
3. P. 95 v. « Est eiiim, iil scnl'il Plnlo, in Timeoel ex eo repelil Giileii hh. 6, loconaii affectonini c. S> l'utva iiiatrixque in femiiiis niiiiiial aviJiim geiieranâi, qiianâo prociil a fœtu per œtatis Jtorem, atit ultra diutiiis detiiieliir, aegre ferl moraiii, ac vmllum indignatur, pussiiiique per corpus oherraus viealus spiriliis inlerchidit, respirare non sinit, extremis vexât angusiiis, niorbis deniqne omnibus premit, qiio usque Ciipido amorqne quasi ex arboribns fcrtum, fructmnve producnnl. n
4. A. Paré, XVIIh livre, traitant de la génération de rboinme, recueilli des Anciens et Modernes. Chap. 52. (Ed. de 1575). De la suffocation de la matrice... « Et si lesdites vapeurs montent jusqu'au cer\'eau, causent épilcpsie, catalepsie, léthargie, apoplexie et souvent la mort. Or, pour le dire en un mot, la matrice a ses sentiments propres, etans hors la volonté de la femme : de manière qu'on la dit être un animal. »
Chap. 57. La Cure de la suffocation de la Matrice. S'il est besoin, il sera fait parfum en la matrice avec choses fort odorantes, etc.
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mules do cette tliéorie, elles le sont encore moins chez lui que chez les médecins contemporains; et François Billon', un des défenseurs du sexe fétninin dans la querelle desfennnes, était mal venu à lui reprocher d'avoir « fait anatomie cruelle des qualités et des parties intérieures des Dames, sur bouticque d'imprimerie » ; d'avoir trop complaisamment décrit cet « animal intestin », principe d'égarement et de démence. En effet, aucun scrupule de délicatesse n'arrête le médecin dans sa description, mais il ne cherche point à insister sur les tares et les misères physiologiques de la temme. Il ne dit que ce qui était nécessaire à son argumentation, sans épuiser toute la matière que lui fournissaient sur ce propos les traités spéciaux et même les ouvrages généraux de médecine.
Aucun trait caricatural, aucune déformation artistique n'altère lé caractère grave et philosophique de cette argumentation. Il est remarquable même que Rondihilis ne tombe pas une fois dans l'excès où la joie d'argumenter entraine les personnages de Rabelais : il ne tait pas de sophistique. Il n'a pas d'argument spécieux, d'abus de termes ou de jeux de mots. Tout est solide et de bon aloi dans son discours.
Aussi est-il vain de se demander qui Rabelais a voulu représenter par ce personnage de Rondibilis. Il se peut qu'il ait eu l'intention de rappeler par ce nom le souvenir de Rondelet, son maitre de Montpellier. Mais aucune allusion ne permet d'identifier le portrait du médecin ; il n'est pas individuel : il est idéal. A la gra- \vite des propos, à la richesse de l'argumentation, à la science antique et à la culture humanistique, on voit bien que Rabelais a voulu décrire le médecin de la Renaissance, tel que le concevaient les Humanistes. Rondibilis, possédant également la médecine et les Humanités, disert et bienveillant, grave et indulgent pourtant aux plaisanteries de Panurge, c'est maître François Rabelais. — Sur cette importante question des femmes et du mariage, que Rabelais avait si souvent entendu débattre autour de lui parmi les amis de Tiraqueau, au temps de la seconde édition du De li'i;il'iis coiniiihialibiis, nous sommes donc sûrs de connaître sa vraie pensée : elle est dans le discours de Rondibilis.
î. Sur cette question des rapports du Tifrs Livre avec la Querelle des Femmes au xvF siècle. Cf. A. Lefr.inc, Rev. El. Rab., tome II, p. io6. F. Billon publie en l j5 5, à Paris : Le Foii iiiexfiitriial'le Je l'honneur féminin.
1)1 LES SCIENCES MEDICALES
La description el lu louange de Paiilagniélioii. Tiers Livre, cliap. xlix-lii.
La description du chanvre vulgaire (Caïuiabis saliva Liiinœi) et de sa préparation, la digression sur l'origine de la dénomination des diverses plantes, l'énumération des usages et des « admirables venus ^> de Cette herbe, l'exposition des propriétés étranges de l'asbeste occupent les quatre derniers chapitres du Tiers Livre.
On est frappé de voir que ce développement, si considérable par l'éloquence et la science, ne tient à la trame du récit que par un lien artificiel. Le chanvre n'a de commun avec la G este de Pantagruel que le nom que Rabelais lui donne arbitrairement. Il fait de Pantagruel l'inventeur éponyme du chanvre et de l'asbeste, qu'il dénomme, l'un Pantagruélion et l'autre Pantagruélion asbestin ; et il suppose qu' « entre autres choses », son héros fait charger ses navires, en partance pour le pays de la « Dive Bouteille », d'une « grande foison » de cette herbe.Pantagruélion, « tant verde et crude que conficte et préparée ». Jusqu'alors il n'en avait pas été question dans le roman et il n'en sera jamais plus parlé : ce développement n'a donc aucun rapport ni avec la fable générale, ni avec les sujets particuliers du Tiers et du Quart Livres. Il ne tient à aucune des légendes de Géants que nous connaissons ; il n'a pas d'équivalent dans les productions populaires qui ont influé sur la conception de l'œuvre de Rabelais. ^- Quelle est donc son origine et quel est son objet ?
Il est probable que le principe de ce développement, le noyau autour duquel toutes les autres parties sont venues se grouper et s'organiser, c'est le discours sur les « admirables vertus » du Pantagruélion. L'esprit de Rabelais, toujours curieux de l'argumentation qui a l'air de défier le sens commun ou l'opinion moyenne, a dii concevoir comme une sorte de paradoxe piquant à développer, cette apologie du chanvre, de la plante vulgaire dont les usages sont si nombreux, si communs, si indispensablement associés à notre vie que nous ne nous avisons pas de les remarquer. L'éloge de cet humble agent de la civilisation, dont les ser\àees sont méconnus, pouvait faire l'objet d'un discours aussi ingénieux que
l'apolot^ic de la Dilapidation et des dettes. L'idée en a été suggérée à Rabelais par la lecture de Pline l'Ancien, qui, dans le Proœmium de son XIX"' livre, remarque le premier qu'une des plantes les plus utiles, tant sur terre que sur mer, le lin, n'arrête pas l'attention des écrivains et naturalistes, comme elle le mérite. Pourtant, ditil, dans quelle partie de la vie ne le rencontre-t-on pas ? « Sed in ijiii! non occiirrct viUv parle? » C'est cette herbe qui rapproche rEg}-pte de l'Italie, qui met Gadès à sept jours d'Ostie, l'Espagne citérieure à quatre jours, la province Narbonnaise à trois jours, l'Afrique à deux seulement... C'est cette humble semence qui transporte le globe de côté et d'autre ', etc. Pline n'insiste guère que sur le rôle du lin dans la navigation à voiles ; mais Rabelais n'avait qu'à développer sa première phrase, pour découvrir tous les usages du chanvre dans la vie.
Si le principe de cet éloge de Pantagruélion doit être rapporté à Pline, la matière principale en est tirée d'une science médicale : la botanique. C'est elle qui fournit à Rabelais la description de Pantagruélion et l'énumération de ses propriétés pharmaceutiques ■ ; c'est elle encore qui remplit la longue digression du chapitre l : sur l'origine de la dénomination des plantes. Or, cette science lui était familière : il avait certainement été amené à l'étudier par le progrès naturel de sa curiosité dans le domaine médical. De tout temps, en effet, les médecins avaient étudié les « simples » et les propriétés des plantes qui entrent dans la composition des médicaments.
Au début du xvi" siècle, particulièrement, la botanique est en faveur auprès des médecins humanistes. Les naturalistes anciens ont même pour commentateurs des Humanistes qui ne s'occupent guère de médecine. Pline est interprété et corrigé par Hermolaus
1. « Oiiocliv iiiiracuhiin uni jus, hcrhuiii l'sse giix adnwvcul ^Eirypliiiii Italur... hcilmiii esse qiix Gadxis ad Hercules cchimuas septiiiio die Osliaiu afferal, et cileriorem Hispaniain quarto, prwiucimn Narbonenseiii tertio. Africain altero : quod etiaui molJissivio fiatu contigit C. Flacco legato Fahii Crispi ProconsuUs? etc.. »
2. Chap. 51. "Je vous h\isse à dire comment le jus d'icelle, exprimé et instillé dedans les acreilles, tue toute espèce de vermine... La racine d'icelle cuicte en eaue, remollist les nerfs retirez, les jointures contractes, les podagres schirrhotiques et les gouttes nouées. Si promptement voulez guérir une bruslure, soit d'eaue, soit de l'eu, applicLpez y du Pantagruélion crud... » m. l. 11, p. 256.
Barbarus', par Danùs-, 15udéc, Erasme, Nicolas Béraud, Chrispphe Longueil >. — La botanique est, comme l'histoire naturelle, un lie ces domaines communs où se rencontrent philologues et savants, puisque, d'après la conception commune à la plupart des savants de l'époque, il ne peut y avoir de progrès pour les sciences que dans un retour aux livres antiques, mieux compris et mieux interprétés. — Aussi voyons-nous que la réputation des médecins humanistes est souvent fondée sur quelques commentaires des traités anciens. Léonicenus, le médecin ferrarais, compose un recueil des erreurs de Pline et aiilres îtiâlccitis '. Jean Manard qui lui succéda à l-"errare est loué de Symphorien Cli;un|MLr'> etdeTiraqueau " pour avoir contribué dans ses Episliihv iiicJeciiialt's à une interprétation plus exacte des botanistes anciens. De fait, c'est d'annotations à une traduction de Dioscoride parMarcellusVirgilius qu'est composée la plus longue de ses lettres (220 pages) que Rabelais publia à Lyon, en 1 5 3 2. Un autre médecin de renom, Ruellius, était connu pour son commentaire sur Dioscoride '. — Ainsi Rabelais était encouragé à l'étude de la botanique par l'exemple des médecins et des humanistes. L'édition des Lettres de Manard lui avait sans doute fourni l'occasion d'étudier Discoride. Il connaissait Théophraste, qu'il cite plusieurs lois et dont le traité était généralement imprimé à la suite d'Aristote *'. Il avait pour Pline une prédilection dont nous verrons maintes