‹ L'œuvre de Rabelais; sources, invention et compositionChapitre 118 sur 216 · M. L. II, p · texte numérisé non relu

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lé8 l'humanisme

par l'opinion de Platon lih. V, De Rep. ', tantôt des thèmes narratifs, satiriques ou comiques empruntés à Lucien, tantôt des sini^ularités, extraites de l^linc ou de \'alère-Maxime, tantôt des traductions, des paraphases ou des adaptations de Plutarque et de Pline '.

Sous l'influence de riiumanisme, les caractères des personnages principaux se sont modifiés; la joyeuse humeur du Géant, bon vivant et franc buveur, est devenue le Pantagruélisme, dont la définition fait songer à une formule d'ataraxie épicurienne, à une traduction du Nil niirari. Le langage des Géants s'est anobli : Gargantua et Pantagruel pensent en philosophes couronnés, autorisant leurs propos de citations, d'exemples, d'apophtegmes empruntés aux anciens. Pour égaler la gravité des pensées, le style de leurs lettres et harangues s'efforce à reproduire la majesté de l'éloquence antique, leur phrase se rythme sur la cadence cicéronienne.

Les parties du roman, simplement plaisantes ou comiques, ne doivent pas moins à l'érudition antique de Rabelais. Au médecin, qui cherchait par ses propos joyeux à soulager les « goutteux fieffés » et tous autres malades, l'antiquité offrait un riche trésor d'anecdotes, de sentences, de dits notables, de cas singuliers, propres à amuser la curiosité des lecteurs. Maître Alcofribas y a largement puisé.

Les caractères et conditions du genre qu'il cultivait n'ont ni limité, ni orienté son choix dans ces emprunts aux littératures anciennes. Nulle tradition, nulle règle n'interdisait au conteur d'introduire sa science dans ses « narrés » et ses propos. Les origines populaires du roman n'étaient point un obstacle à Cet enrichissement par la vulgarisation de l'érudition antique ; poun'u qu'il intéressât, peu importait la matière du conte : curiosités naturelles, mœurs antiques ou « prouesses épouvantables ». Rabelais a donc pu suivre librement son génie et utiliser dans son roman ses connaissances d'Humaniste.

Aussi sera-t-il intéressant de dresser l'inventaire de ces emprunts pour déterminer la nature et les caractères de son Humanisme. Xous jugerons par le nombre et l'importance des citations

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