Tiers Livre
se trouve dans les I-nceliœ de Pogge ', dans la V"^^ satire de l'Ariostc et dans les Ceiil Nouvelles Nouvelles sous le titre de VEiicens au diable '. Le « jugement de Seigny Joan ' » est rapporté
d'abord par les juristes que cite Rabelais lui-même •• ; ensuite dans un recueil français de nouvelles anonymes antérieur au xvi'= siècle, conservé dans la Bibliothèque du \'atican'; dans un recueil italien du xiii'-' siècle, les Ninelle anliche (Novella ix) '^^ ; dans la 5r/ivir Niiptialis de Jean de Xcvizan ' et dans De legihus connuhialihus de Tiraqucau (éd. de 1546) ^ Ces anecdotes, contes et nouvelles jouissaient donc d'une grande faveur à l'époque de Rabelais. S'il est naturel qu'il ait songé à enrichir son livre de ce genre d'ornements, il y a lieu de remarquer combien il s'est peu soucié de renouveler le fonds commun des conteurs, d'apporter de l'inédit. Là encore son originalité n'est point dans l'invention de l'anecdote, du conte ou de la nouvelle ; elle est dans l'art de traiter une matière commune.
Cet art est assez différent de celui des Recueils de nouvelles italiens ou français qu'il pouvait connaître. Dans les CeiU Nouvelles Nouvelles, dans le Paraugon des nouvelles Immêtes et délectables'', dans le Décamérou de Boccace dont Antoine le Maçon venait de donner une traduction en 1548, la nouvelle est un récit, narré pour lui-même, indépendamment de toute argumentation et de toute tiièse générale. Chez Rabelais, au contraire, (à l'exception du Diable de Papefiguière) tous les contes et toutes les nouvelles sont appelés par le développement d'une argumentation ou dépendent d'une autre narration. Il en résulte