Gargantua, 41, M. L. I, p
est un « tyrouer ' » ; — sur les heures « à l'usage deFecan, à trois psaumes et trois leçons "^ » ; — les métaphores extraites de la marmite monacale, comme cette « exposition de caballe monastique en matière de bœuf salle « qui remplit le chapitre X^' du Tiers Livre. Encore nous échappe-t-il certainement beaucoup de traits comiques en cette matière : quand nous lisons par exemple que Frère Jean et Gargantua récitant les sept psaumes de la pénitence pour appeler le sommeil s'endormirent « sur le point du Bcali quoniin '■ » nous avons besoin, pour comprendre le sens de ce détail, qu'une note nous avertisse que Beati qiioruin sont les premiers mots du second psaume.
Ainsi c'est avec une indulgence amusée que Rabelais considère généralement les mœurs des moines. Ni le souvenir des vexations endurées au couvent de Fontenay-le-Comte, ni le mépris qu'inspirait l'ignorance à tout Humaniste, ni la tristesse que donnait à de bons chrétiens la décadence de l'institution monastique n'ont changé son tranc éclat de rire en ironie ou en sarcasme. Il n'est donc pas étonnant qu'ayant à placer dans la suite de son héros principal un « officier » qui incarnât l'activité et le dévouaient au Souverain, il l'ait choisi parmi les moines. Nous avons vu que le rôle de Frère Jean parmi les compagnons de Gargantua et de Pantagruel correspond à celui que tenaient les géants Morgant, auprès de Roland et Fracassus, auprès de Balde. Il est fait surtout d'intrépidité, d'énergie et de belle humeur. Il convient au type traditionnel de l'homme de guerre ; il représente les qualités ordinaires du soldat. Mais les « gens d'armes » étaient assurément, de toutes les classes de la société, celle que Rabelais connaissait le moins vers 1534. Il a préféré prendre son personnage parmi les moines dont il avait pu étudier de près le caractère et les mœurs.