I. — Le Pays lai in
La vie des clercs, des « escholiers » et des « maîtres » des Universités et particulièrement de l'Université de Paris, tient dans le roman de Rabelais une place considérable. Le Gargantua et le Pa)itagniel nous les dépeignent dans leur cadre, dans le lacis des « rues, ruelles et traverses ' » de la Montagne Sainte-Geneviève, avec leur costume % dans le détail de leurs occupations quotidiennes. Nous connaissons leurs études, leurs divertissements, les solennités de la vie scolaire, « actes » et « argumentations », les « bons tours » machinés contre le guet et les bourgeois, les rivalités et haines séculaires qui divisent la Faculté des arts et la Faculté de théologie, le jargon affecté des escholiers, et jusqu'au tour ordinaire et « professionnel » de leur plaisanterie. Nous pouvons juger, à l'indignation qui soulève Janotus de Bragmardo contre « les énormes abus forgés ' » en Sorbonne, de l'impopularité de la Faculté de théologie ; nous voyons quelles passions