‹ L'œuvre de Rabelais; sources, invention et compositionChapitre 52 sur 216 · Pantagiiiel, i6, M. L. I., p · texte numérisé non relu

Pantagiiiel, i6, M. L. I., p

2. Cf. Gargantua, 18, M. L. i., p. 68. « Maistre Janotus, tondu à la Césarine, vestu de son lyripipion ». (chaperon particulier aux maîtres de la faculté de Théologie). Les maistres es arts ont des chaperons à " bourrelet. » Pantagruel, 16, M. L. I., 596.

3. Gargantua, 20, M. L. i., p. 75. « Raison ? (dist Janotus) nous n'en usons point céans. Traistres malheureux, vous ne valez rien, etc. >>

52 LA « RESPUBLICA SCHOLASTICA »

agitaient la Rcspiiblica Scholastica, à l'époque où elle comptait parmi ses citoyens ceux qui devaient donner à la pensée humaine de nouvelles orientations, les Humanistes, les Réformateurs et les Contre - Réformateurs : les Budé, les Calvin, les Cop et les Loyola.

On sent que Rabelais a une prédilection pour ce monde de l'Université ; il y prend la matière d'un bon quart du Pantagruel et du Gargantua. A peine a-t-il achevé de nous faire le récit de l'enfance de Pantagruel, qu'il nous introduit au « pays latin » où se passera l'adolescence du géant.

L'idée de faire du géant un élève des Universités était une invention originale où s'accuse la préférence secrète du romancier pour un ensemble de souvenirs familiers. Jusqu'alors, dans la littérature romanesque populaire, ni le géant, ni le héros ne recevait l'éducation des clercs. L'instruction des chevaliers, la. prépara"tioii à la vie guerrière étaient mieux appropriées à leur caractère et à leur rôle. Dans les Macaronées, le héros, Balde, est élevé à la campagne, parmi les rustres qui méconnaissent la générosité de son naturel. La noblesse de ses instincts se révèle lorsqu'on veut le soumettre à la discipline ordinaire des enfants de son ;\ge : il rejette loin de lui le Facet, Donat, Vcrnhvn ; il ne s'intéresse qu'à la lecture des prouesses de Roland '.

Tout autre est la conception de l'éducation du géant dans Tlabelais. Pour « apprendre et passer son jeune âge », Pantagruel est mis à l'Université de Poitiers-. Puis, selon l'usage de beaucoup d'escholiers pérégrinants de cette époque, il fait son tour de France universitaire ; il visite successivement Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Avignon, Valence, Bourges, Orléans et Paris. Nous n'avons pas là l'énumération complète des Universités de France au temps de François I", et l'on a soupçonné que Rabelais n'avait parlé que de celles qu'il avait lui-même visitées ou fréquentées. On allègue à l'appui de cette hypothèse l'abondance de détails précis qu'il nous donne sur chacune des villes qu'il cite : la Pierre Levée de Poitiers, les « gabarriers jouans aux luettes sur la grève » de Bordeaux, la mention des divers exercices en honneur parmi les étudiants de ces Universités.

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