‹ L'œuvre de Rabelais; sources, invention et compositionChapitre 95 sur 216 · Oihirt Livre, Nouveau Prologue, M. L. Il, p · texte numérisé non relu

Oihirt Livre, Nouveau Prologue, M. L. Il, p

LES SCIENCES MEDICALES I33

le chirurgien, le clinicien, etc. Cette division ne répond nullement à lu seule question que nous voulons traiter : la valeur de ces différents éléments dans l'invention et la composition du roman. — D'autre part, les répartir en catégories d'après les effets que Rabelais en a tirés serait procéder bien artificiellement : tel passage de description anatomique est à la fois sérieux en luimême, dans ses termes et comique par la place que l'auteur lui donne dans un récit ou une argumentation. — Il reste que l'on peut distinguer ces développements tirés des sciences médicales, d'après leur importance relative. lien est qui n'ont qu'une valeur secondaire, qui ont été suggérés par le ton ordinaire du récit, appelés par la suite naturelle de la narration ; telle, la description anatomique que Panurge nous donne de la blessure mortelle de son rôtisseur. D'autres ont une valeur capitale ; ils sont traités pour eux-mêmes ; ils fournissent à Rabelais des chapitres, des épisodes distincts et complets par eux-mêmes. La dissertation de Rondibilis sur le naturel des femmes, au Tiers Livre, est le type de cette seconde catégorie.

II. — UliJisalion des sciences médicales dans les développements

accessoires.

A. — Un grand nombre de ces développements sont dus à une habitude du conteur que nous avons déjà signalée ; pour donner à son récit fabuleux -un air spécieux de gravité, il affecte de montrer sa science. L'érudition, étalée complaisamment, lui permet de soutenir ce rôle de conteur qui feint de prendre au sérieux ses « balivernes et plaisantes mocquettes'. » Dans le Pantagruel, la médecine et la pharmacie sont précisément utilisées au cours du récit, pour attirer notre attention sur la gravité feinte de Maître Alcofribas. Ce ne sont point fariboles qu'il nous raconte : il explique gravement, en termes techniques, comment le rôtisseur de Panurge fut tué d'un coup de broche. Les recettes pharmaceutiques dont Pantagruel et Panurge usent dans la guerre des Géants, en imposent par leur terminologie savante et sont d'ail-

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