WILSON
Lorsque Wilson décrivit cette pièce unique, en i835, elle appartenait à lord Aylesford; depuis, elle a passé dans l'œuvre du British Muséum où je l'ai vue. Elle est gravée d'une pointe libre, vraie et sûre, et tout à fait dans le goiit de Rembrandt. Pour mon compte je ne fais pas de doute qu'elle ne soit de sa main.
3o8. Grijfonnement à cinq têtes et demi-figure.
Une feuille de griffonneraents , qui , lorsqu'elle est entière , est presque unique. Elle représente cinq têtes d'homme et le buste d'un vieillard, vu presque de dos, mais la tête de profil, tournée vers la droite. II est coiffé d'un grand bonnet fourré, serré sur le front par une bandelette. Il est couvert d'un habit rapiécé et déguenillé, et ceint par le milieu du corps d'une corde qui pend. Ses mains jointes sont élevées à la hauteur de sa poitrine et appuyées sur un bâton. A droite de ce buste sont deux tètes l'une sur l'autre :
PtJRTRAlTS. ,75
celle d'en haut est de profil, tournée vers la droite et coiffe'e d'un bonnet carré ; celle d'en bas est dirigée vers la gauche, vue de trois quarts, et couverte d'un bonnet irrégulier. C'est la tête d'un vieillard à barbe courte qui a la bouche ouverte comme un homme qui crie. Il porte sur ses épaules une étoffe rayée. A la gauche du buste se voient deux autres têtes, également l'une sur l'autre : celle d'en bas est coiffée d'un haut bonnet fourré; elle est vue de trois quarts et dirigée vers la droite. On remarque au-dessous une tête de chat furieux très-spirituellement indiquée. La tête d'en haut est celle d'un vieillard chauve, à longue barbe , vu de profil. A côté de cette tête il y en avait une autre, vue de face, qui a été biffée avec le brunissoir, dont on voit les marques. Au haut de la planche, vers la droite, est écrit à rebours le monogramme Rt.
Bartsch distingue deux épreuves différentes de ce morceau : la première avant l'effacement de la sixième tète, la seconde après. Mais il nous est permis de croire que l'existence du premier de ces deux états est une pure supposition ; ce qui est certain , c'est que l'épreuve de l'œuvre de Béringhen, qui est aujourd'hui au Cabinet des estampes, et qui est regardée comme presque unique, porte les traces du brunissoir.
Hauteur, 0,009; 'argeur, o.iiy.
B.iRTSCH, 366. CLAUSSIN, 356. WILSON, 36o.
Nous disons que cette pièce est presque unique, mais seulement lorsqu'elle est entière, car la planche a été coupée en cinq morceaux, de sorte que l'on trouve ces petites tètes et le buste de vieillard séparés et disséminés dans l'œuvre de Rembrandt ; ils sont décrits sous les numéros io8, 2go, 2gi, 292 et 293 du présent Catalogue. Il est probable, comme le dit 'Wilson, que presque toutes les épreuves qui a-s-aient été tirées de la planche entière ont été coupées, soit par l'artiste lui-même, soit par les amateurs, et que c'est particulièrement le cas de celles qui sont le moins finies; car ces dernières têtes ont été retravaillées après la division de la planche en cinq morceaux.