Le Bouquet de bois
Ce paysage est entièrement gravé à la pointe sèche. On voit sur la gauche de l'estampe deux grands arbres placés l'un derrière l'autre, tracés d'une main rapide et à l'état d'ébauche. Celui qui est derrière n'a point de feuilles; tout près de ces arbres est un bois touffu et percé, qui s'étend vers la droite jusqu'aux deux tiers environ de la planche. Au milieu de ce bois paraît une petite baraque à demi cachée par le feuillage. La partie du devant, à commencer du bas de la gauche jusqu'à l'extrémité de la droite, est presque toute blanche. Le lointain de la droite n'est gravé qu'au trait. On lit au bas du même côté : Rembrandt f, i652.
Ce morceau est fort rare : il en existe trois états.
Premier état, d'une extrême rareté. La planche est plus haute; elle porte i55 milli-
mètres au lieu de i2j. Elle n'est que légèrement ébauchée et presque au trait. Le lointain de la droite n'est pas indiqué, et il n'y a sur la planche ni nom ni année.
Deuxième état. Même dimension. On n'y voit non plus ni le nom ni. l'année, mais la planche est plus terminée et la manière noire y est fort brillante.
Troisième état. La planche, coupée par en bas, est terminée comme elle est décrite ci-dessus, c'est-à-dire avec le lointain de la droite, le nom de Rembrandt et l'année.
Nota. On a une copie assez trompeuse de ce deuxième état, faite par Richard Wilson. On la reconnaît à une petite différence dans la largeur. La copie a 198 millimètres de' large, tandis que l'original en a 211.
Hauteur, o,!23; largeur, o,2i[.
nARTSCH, -IZI. CLAUSSIN, 219. WILSON, 2ig.
Ce paysage inachevé a quelque chose de fantastique, et il semble que Rembrandt Tait vu dans son imagination plutôt que dans la réalité. Les arbres et la cabane en bois qu'abrite leur feuillage n'ont pas ici le caractère des choses dessinées d'après nature, mais plutôt celui des objets dont on retrace le souvenir. Ainsi placé au milieu d'une plaine aride, exprimée par l'absence de tout travail, ce bouquet de bois a l'air d'une oasis dans le désert. Les grands maîtres sont éloquents jusque dans leurs réticences.