DESSINS
Deux Nègres montés sur des mulets et battant des timbales. Ils sont dessinés à la sanguine et lavés de bistre. On porte derrière eux un parasol. Il y avait au temps de Rembrandt, dans l'armée espagnole, des nègres qui marchaient à la tête des régiments et q^ui ressemblaient à ceux que l'on voit encore dans les foires.
Un Cavalier espagnol. Il est vu presque de dos, portant un chapeau élevé et une fraise. Dessin lavé en couleurs; le cheval est indiqué seulement en deux coups de plume.
Très-belle Figure de vieillard assis, en robe fourrée et bonnet. Sur son fauteuil s'appuie une vieille femme dont le corps est inachevé.
Portrait de Titus van Rijn. Il est assis, appuyé sur son bras gauche, la joue dans une main. Il tient de l'autre main un grand chapeau. C'est le portrait qui est gravé dans les Imitations de dessins de PIoos van Amstel.
Paysage lavé en couleurs. On y voit un moulin, un carrosse, une pahssade, une chaumière et un arbre. Il est déjà touché au pinceau et a l'huile. Il s'en faut de peu que ce ne soit un ravissant tableau, clair et blond cette fois.
Figure académique d'homme, debout, le bras gauche appuyé sur un coussin. Étude pour la gravure décrite ici sous le n'' iSg.
Une mère tient son enfant endormi dans ses bras. Morceau d'une exquise délicatesse. A la tristesse du sentiment tendre de la mère, on reconnaît la Vierge.
L'Intérieur de la maison de Rembrandt vu du dedans, avec une presse dans l'arrièrechambrc. — C'est le dessin qui est gravé en fac-similé dans les Imitations de PIoos van Ainstel.
Son Atelier, ou, pour ainsi dire, son établi de graveur. — Il est éclairé par une large fenêtre, qui est celle que l'on voit dans l'estampe de Faustus. Morceau lavé au bistre et poussé à l'effet. Le pupitre est rangé , les bouteilles d'eau-forte sont à leur place • le maître va venir... Gérome avait-il eu connaissance de ce dessin quand il a fait son Rembrandt faisant mordre une planche?
Rembrandt peignant dans son atelier une femme qui est assise et qui pose. Deux figures ; l'une d'elles, debout et en chapeau, se penche pour voir l'ouvrage du peintre.
Rembrandt dans son atelier de graveur. Il est assis, vu de dos et couché sur son pupitre, dessinant une eau-forte. Un rideau passé dans une tringle lui cache une partie du jour éblouissant de la fenêtre.
Nous avons dit que Rembrandt n'avait jamais copié ni personne ni lui-même. Il faut faire ici une exception, la seule qui nous soit connue. On voit au BritishMuseum, dans l'ancien cabinet de feuM. Carpenter, une copie, faite à la plume par Rembrandt, de la fameuse estampe gravée par Mocetto d'après Mantegna, la Calomnie d'Apelles. On se rappelle que Rembrandt possédait l'œuvre de Mantegna, et que cet oeuvre est mentionné dans le triste inventaire que nous avons publié au commencement de notre premier volume. Une chose remarquable,
c'est que Raphaël et Rembrandt ont l'un et l'autre copié Mantegna, et l'un et l'autre très-fidèlement, mais non toutefois sans y mêler quelque chose de leur sentiment personnel. Raphaël y a mis une nuance de grâce involontaire, Rembrandt un peu de souplesse et une chaleur moins contenue. A cela près, Rembrandt, qui connaissait tous les maîtres, n'a copié, n'a imité personne, et c'est pour cela sans doute qu'il est resté lui-même inimitable, La critique moderne l'a placé au nombre des sept astres de la peinture : il méritait cette gloire avec Léonard de Vinci, Michel-Ange, Raphaël, Titien, Corrége et Rubens.