C. Bahi„'el-s
Haud ampHus deprcedico illius dotes, Quas œmulor, frustraque persequor versu.
Ce portrait se rencontre rarement, surtout beau d'épreuve, parce que la gravure, en étant peu profonde, n'a pu tenir longtemps à l'impression. C'est au velouté des barbes et à la saleté du fond de la planche, particulièrement dans les coins, que se reconnaissent les premières épreuves *.
Hauteur, 0,277 ; largeur, o, 181,
BARTSCH, 280. CI.AUSSIN, 277. WlLSOfJ, 2S2,
I. Wilsondit, au sujet de cette piaache, que la plus belle épreuve qu'on en connaisse était celle que possédait lord Aylesford. U ajoute que celle épreuve avait appartenu à Sylvius luimême, et qu'elle était passée des mains de sa famille dans celles de M. Bocsh, à la vente duquel elle fut achetée par Josi. Maïs il est impossible qu'une épreuve du second portrait de Sylvius lui ait appartenu à lui-même, carce portrait fut gravé par Rembrandt de souvenir, ou peut-être d'après une peinture, sept ans après la mort de Sylvius. Peut-être l'épreuve avait-elle appartenu au fils de Jean Corneille, Pierre Sylvius, qui exerça le ministère à Sloten. Quoi qu'il en soit nous dirons un mot ici de la collection de lord Aylesford, dont nous avons parlé en plusieurs endroits de cet ouvrage. Bien des fois nous avons entendu des amateurs demander le catalogue de la vente Aylesford, et nous-même nous l'avionii longtemps cherché; mais nous avons su enfin que la vente de cet amateur n'avait jamais élé faite publiquement. L'œuvre de Rembrandt seul et il était loin d'êlre complet , fut vendu par lord Aylesford pour la somme de trois mille livres sterling (75 ,000 francs) au fameux marchand d'estampes Woodburn , celui-là même dont la vente s'est faite à Londres, au mois de juillet 1854.
Croirait-on que cet habile marchand, qui était aussi un fin connaisseur, revendit à M. Hol-
Voici ce que nous savons, du reste, des diverses phases du ministère de Jean Corneille Sylvius. En i5g3, il devint proponeiit , et fut appelé à Tiemmarum et à Firdgum; en iSgy, à Baie et à Harich; l'année suivante, à Minnertsga; en 1602, il passa à Sloten en Frise, et deux ans après à Sloten en Sloterdijck. C'est en 1610 qu'il fut ministre prédicant dans les églises d'Amsterdam. Il avait commencé les fonctions de son ministère à l'hôpital de cette ville; il y mourut à l'âge de soixante-quatorze ans, en i638, quatre ans après le mariage de sa cousine avec Rembrandt.
D'après ce que nous avons dit à l'article précédent, c'est le second portrait de Jean Corneille. Projetant l'ombre de sa tête et de sa main sur les bords de la fenêtre ovale qui l'encadre, ce portrait semble sortir de l'estampe ; mais ce n'est pas seulement par l'énergie du clairobscur et par la délicatesse du travail qu'il est supérieur au premier, c'est par un sentiment admirable d'humilité chrétienne et d'onction, qui semble répondre à ces mots gravés sur le cadre : Spes mea Christus.
M. "Vosmaer nous donne au sujet de Jean Corneille Sylvius un renseignement précieux : « Parmi les portraits de cette année (1644), dit-il, nous distinguons en premier lieu celui que possède M. Ém. Pereire, à Paris. Dans la galerie du cardinal Fesch, il était appelé Juste Lipse. La description donnée par l'auteur du catalogue de cette galerie , le livre des Institutiones Calvini auprès du personnage, me donnèrent un soupçon qui me fit écrire en marge de mes notes : Sylvius? Maintenant que je l'ai vu, je ne doute plus ; c'est bien lui; il a le costume, les cheveux, la moustache, la barbe bifurquée des deux portraits à l'eau-forte de Sylvius. C'est la même physionomie pensive, ce sont les traits accentués, secs, profonds ; ce sont la bouche et le nez mêmes de Sylvius. Les portraits de Rembrandt nous charment ou nous intéres-
ford, pour trois mille cinq cents livres sterling, dix-sept pièces seulement de l'ceuvre de Ayle'sfordl Parmi ces pièces se trouvait une épreuve du Juif à la rampe avec la bague noii importe d'ajouter ijue M. Holford est trente ou quarante fois millionnaire.
sent, alors même que nous ne connaissons pas le nom de ceux qu ils représentent. Cependant il s y ajoute une valeur historique quand nous sommes en état d'en nommer les originaux.
« Ce magnifique portrait porte la date de 1644, et le ministre décéda en i63S; mais nous savons que, outre Teau-fortede i633, Rembrandt en fit encore une en 1645. C'est donc deux fois, après la mort de Sylvius, que le maître fit le portrait du prédicant, soit de mémoire, soit d'après des études. »
Nous ajouterons à ce renseignement qu à la vente Pereire, qui eut lieu en 1 8 7 2, le prétendu portrait de Juste Lipse, — lequel ressemble, en etfet, d'une manière saisissante, à .fean Corneille Sylvius, — fut adjugé au prix de 3S,5oo francs.