ET DE SA FAMILLE
Pour faciliter les reclierclies des amateurs, j'ai cru devoir consacrer un chapitre à part aux portraits de Rembrandt et de sa famille. Dans les catalogues de Bartsch, de Claussin et de Wilson, les portraits de Rembrandt par lui-même sont tous rangés, il est vrai, au commencement de l'œuvre, avec celui de son fils Titus; mais ils sont séparés des portraits de sa mère et de sa femme, lesquels sont disséminés dans la onzième classe. Dans un autre classement, qui me paraissait meilleur uniquement parce qu'il était plus logique, j'ai trouvé un avantage auquel je n'avais pas songé. Je possédais il y a quelques années deux cent quatre estampes originales de Rembrandt" , y compris un certain nombre d'états différents, constituant des doubles. A l'exception des grands morceaux, tels que Jésus présenté au peuple, la Pièce de cent Jlorins, la grande Résurrection de Lazare (dont j'ai en vain cherché une épreuve des premiers états) et certaines raretés d'un prix inabordable pour un simple homme de lettres comme moi, telle que le prétendu Avocat Tolling, sans parler des pièces qu'on ne peut avoir à aucun prix, parce
I. Cet œuvre, que j'avais commencé il y a plus de vingt ans (vers iSSy), je le cddai en i854 à M. Thibaudeau, et on l'a vu figurer dans sa vente, sauf quelques pièces qu'il avait consenti à échanger contre des dessins. Mais il n'est qu'heur et malheur en fait de vente ; celle qui eut lieu après la mort de M. Thibaudeau fut désastreuse. Il semblait qu'il y eflt un concert tacite entre les amateurs et les marchands pour arrêter les enchères. Six mois après, les mêmes estampes se vendaient le triple; aujourd'hui elles ont même quintuplé.
Aussi, après avoir essayé de recomposer un œuvre de Rembrandt, j'ai dii renoncer à ce projet, vu le prix excessif auquel se sont élevées les eaux-fortes de ce maître. Les simples amateurs ont à subir aujourd'hui la concurrence des financiers, dont nous avons fait ainsi l'éducation à notre détriment. Hélas 1 il n'y a plus maintenant que les nations ou les millionnaires qui puissent avoir un bel œuvre de Rembrandt; mais grâce à Phéliogravure, nous en aurons du moins un équivalent parfait.
qu'elles sont immobilisées dans les collections publiques de l'Europe, j'avais un des œuvres les plus nombreux peut-être qu'un amateur ait jamais réunis. Cet œuvre était rangé à peu près dans l'ordre que j'ai suivi pour le présent ouvrage. Il en résulta des rapprochements qui amenèrent des remarques tout à fait nouvelles : celles, par exemple, qui ont trait à la Grande Mariée juive, comme aussi au double Portrait de Jean Corneille Syhniis.