‹ L'œuvre de RembrandtChapitre 40 sur 169 · Rembrandt faisant la moue · texte numérisé non relu

Rembrandt faisant la moue

Il est en buste ; la tète est nue, vue de face et (iclairée par la droite. Le froncement des sourcils et le mouvement des lèvres lui donnent l'air d'un homme qui fait la moue. Les cheveux sont abondants, frisés et un peu hérissés. Le buste est couvert d'une fourrure et dirigé vers la gauche. On remarque au sommet de la tête deux petits traits penchés de gauche à droite, et presque parallèles, qui traversent les dernières mèches de cheveux et vont d'un bout de la planche à l'autre.

11 y a trois états de ce portrait.

Premier état. Extrêmement rare. La planche est plus large; elle mesure 74 centimètres de large sur une hauteur égale. On lit la date i63o dans les deux petits traits qui traversent le haut de la planche.

Deuxième état. Il ne reste, de la date iô3o, que les deux chiffres 3o. La planche est réduite, dans sa largeur, à 60 centimètres.

Troisième état. Les deux traits qui traversent le haut de la planche sont effacés. Hauteur, 0.074; lar;;eur, 0,060.

nARTSCH, 10. C[.AUSSrN, 10. \\ILSON, lO.

Le premier état de ce portrait se trouvait dans la vente Verstolk de Soelen. 11 fut racheté par la famille au pri.Y de 2.5 florins.

21 5. Portrait de Rembrandt de forme ovale.

C'est un petit portrait où le maître s'est représenté un bonnet sur la tète. Il est gravé a grosses tailles et d'un ton fort rembruni. Les cheveux sont crépus et les yeux sont perdus dans l'ombre. On le reconnaîtra facilement à l'ovale irrégulier qui l'encadre, et qui est formé de petites entailles très-courtes et très-inégales faites au burin et représentant comme une chaîne de métal.

Ce morceau est extrêmement rare. Il en existe trois états, qui sont décrits ci-après.

Hauteur, o,o65 ; largeur, o,o5[.

BARTSCH, 12. CLAUSSIN, 12, '.VILSON, 12.

On lit dans le Catalogue de Claussin, imprimé en 1824; «Ilyaàla Bibliothèque du roi une épreuve avant l'ovale formé par des points. Peut-être unique. » Voilà bien longtemps que cette épreuve manque dans l'œuvre de la Bibliothèque ; mais il n'y a aucune raison pour mettre en doute l'assertion de Claussin, répétée en i835 par"Wilson, qui peut-être l'avait, à cette époque, vérifiée. Il faut donc mentionner, comme un-premier état, l'épreuve avant l'ovale.

Deuxième état, non décrit. La planche est plus grande; elle porte 92 centimètres de haut sur 54 de large : elle est plus étroite de 4 centimètres dans le bas que dans le milieu. L'ovale y est gravé. A droite, au-dessous de l'ovale, on remarque la trace d'un travail qui aurait été effacé au brunissoir.

Troisième état. La planche est réduite aux dimensions de 65 centimètres sur 5i.

Pierre Yver, dans son Supplément, dit que ce portrait, qui ne lui paraît pas être de Rembrandt, fut vendu dans la vente Amadée de Burgy (faite à La Haye en i755), comme étant connu en Hollande sous le nom du portrait de Titus, fils de Rembrandt. Or, Bartsch fait observer avec raison que la remarque de Pierre Yver se rapporte à une autre estampe, à celle qui porte dans le Supplément de Pierre Yver le numéro i33, et dans le Catalogue de Bartsch le numéro 338. Mais Bartsch se trompe à son tour quand il dit que ce numéro 338 est

le portrait de Titus. En effet, cette estampe, qui représente un jeune homme, est datée très-lisiblement de 1 629 (le chiffre est écrit à rebours) , époque à laquelle Rembrandt n'avait que vingt-trois ans et n'était pas encore marié ; il est donc impossible que le jeune homme représenté soit son fils. On trouvera, du reste, ce portrait décrit ci-après dans le présent Catalogue, sous le numéro 223.

Pour en revenir au Portrait de Rembrandt de forme ovale, bien qu'il soit gravé très-brutalement, je ne crois pas devoir adopter l'opinion de Pierre Yver, qui le regarde comme douteux. Rembrandt, préoccupé de tel ou tel efl^t, le cherchait quelquefois avec le premier instrument venu, et sans s'inquiéter de la finesse du travail. Cependant, si j'ai fait reproduire ici ce morceau d'après un calque fait par moi en Hollande, c'est uniquement' à cause de l'extrême rareté du portrait. Il est à remarquer, au surplus, que presque toutes ces pièces infiniment rares le sont justement à cause de leur imperfection même

ou de leur rudesse, le maître ayant détruit la planche après avoir tiré

trois ou quatre épreuves de ces essais rapides et grossiers.

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