Rembrandt an bonnet plat
( J'orlrait de Rembrandt aux cheveux courts et frisés.)
Buste très-ressemblant à Rembrandt. Il est vu presque de face, le corps tourné vers la droite, d'où vient la lumière. Les cheveux sont courts et frisés ; la tclc est couverte d'une toque molle et plate qui retombe sur l'oreille droite; ia bouche est fort pincée et d'une expression qui s'accorde avec le froncement du sourcil. Il porte un manteau sous lequel paraît un pourpoint un peu ouvert par le haut et attaché avec un petit ruban. Le fond est clair, â l'exception de la gauche, où paraît l'ombre portée de la figure. Dans le bas est une marge irrégulière d'environ un centimètre.
Il y a deux états de ce portrait :
Premier état. On y remarque le nom de Rembrandt, mais si faiblement gravé que, dans certaines épreuves de ce premier état, il est à peine lisible.
Second état. Vers le haut de la gauche, on lit Rembrandt . mais ce nom n'est pas écrit Je la main du maître.
Hauteur, 0,09.1, la marge comprise; largeur, o,o(ii).
BARTSCH, 26. CLAUSSIN, 2 0. W I L S O N , 26,
Ce portrait serait fort recherché s'il était rare; il est en elfet gravé avec beaucoup de goût, de légèreté et d'esprit. Jacques Hazard en a fait une copie en sens inverse, et cette copie vaut mieux que celle de Cumano, qui est très-mauvaise. En général, les copies d'après Rembrandt ne servent qua faire ressortir Taccent magistral des originaux; et c'est seulement à ce titre que les amateurs peuvent admettre ces copies dans leurs œuvres, à moins qu elles n y soient placées pour tenir lieu de Foriginal, quand il est très-rare.
2! 7. Rembrandt aux yeux hagards.
Tète d'homme ressemblant à Rembrandt, vue presque Je face et couverte d'une coque molle et plate, semblable à celle du portrait qui précède; le haut de cette toque est coupé par le bord de la planche. La tète, tournée vers la droite et légèrement penchée en arrière, est éclairée par la gauche; le corps, qui est seulement indiqué, est dirigé vers la droite. Les cheveux sont courts et frisés; les yeux, hagards, très-ouverts et presque ronds, expriment l'étonnement et la frayeur; la bouche est un peu ouverte. Le personnage porte de petites moustaches. Le fond est clair à l'exception d'une ombre trèslégère au bas de la gauche. On voit gravé au milieu du bas, à la hauteur de la poitrine : Rt. i63o; mais ces chiffres sont mal exprimés et indistincts.
Ce morceau n'est pas commun. Nous n'en avons jamais vu qu'un seul état. Cependant le Catalogue de Marcus mentionne une épreuve, sans doute unique ou presque unique, dont la dimension en largeur serait plus grande de 3 millimètres, et qui aurait conséquemment 47 millimètres de large au lieu de 42.
Hauteur, 0,049; lareeur, o,o!3.
BARTSCII, 320. CI.AIiSSIN, 3 3. WILSON, 33,
2i8. Rembrandt rianl.
Un petit buste d'homme qui ressemble a tous les portraits connus de Rembrandt. Il est gravé finement et avec esprit. La tête est vue de face et coifice d'un bonnet. Les cheveux sont abondanls et frisés ; ils couvrent presque entièrement le front. La bouche, ouverte et riante, laisse voir les dents supérieures. Le corps est dirigé vers la droite de l'estampe, d'oii vient le jour, et revêtu d'un manteau qui est fermé par devant avec quatre boutons. Un bout de collet pend au cou du personnage. Au-dessus de son bras droit, on voit, dans le fond, une ombre très-légère, formée de quelques fines hachures non croisées. Au haut de la planche, du même côté, c'est-à-dire ii la gauche du spectateur, on lit le monogramme et la date : Rt. i63o, légèrement gravés. Ce morceau est rare. On en connaît, non pas deux, mais trois états.
Premier état ^ non décrit. La planche est raboteuse et plus haute de 2 millimètres; elle a de plus une forme irrégulière, la largeur étant , dans le haut , de 42 millimètres , et dans le bas, de -j 5.
Deuxième état. Les bords sont nettoyés ; la planche est réduite et remise d'équerre ; elle est gravée assez légèrement et cependant d'un ton coloré.
Troisième élot. Lu planche est retouchée. La partie ombrée des cheveux, le côté droit
du visage et l'ombre de l'épaule droite , sont noircis par un travail régulier au burin. Les cheveux, qui présentaient deux clairs sur la gauche, n'en présentent plus aucun.
Hauteur, 0,049; largeur, 0,041.
BARTSCH, .'|6. CLAUSSIN, 2 Q. WILSON, Sg.
Gersaint et Bartsch avaient rangé ce morceau dans la classe des portraits d'hommes, ainsi que le précédent; Claussin et Wilson ont fait passer avec raison ces deux pièces dans la classe des portraits de Rembrandt. Il n'est pas rare que les peintres prennent leur propre figure pour type et s'en servent comme d'un modèle familier, d'autant plus utile que c'est un modèle intelligent et qui peut se plier à tous les caprices de la pensée; mais Rembrandt est celui de tous les peintres qui a le plus souvent posé devant lui-même. Il a observé l'humanité entière dans un homme, et cet hoinme c'était lui. A tous les moments du jour, il s'étudiait devant son miroir et il cherchait à démêler dans les traits de son visage les plis correspondant à la joie ou à la douleur, les rides de la mélancolie, l'expression de la frayeur ou de l'étonnement, les contractions du rire, enfin toutes les altérations produites sur la physionomie par les mouvements de l'âme^ par les variations de l'humeur ou par la permanence du caractère.
Que si les portraits de Rembrandt n'ont entre eux qu'une ressemblance de famille, ressemblance qui même a pu échapper quelquefois aux iconographes, cela tient, on le conçoit, à ce que le peintre a cherché dans sa tête, non pas le modèle d'un portrait rigoureux, mais le motif d'une expression générale. En d'autres termes, Rembrandt poursuivait l'idéal de sa pensée dans la réalité de sa figure. Une chose remarquable, au surplus, c'est que, parmi l'œuvre immense de ce grand homme (tableaux ou gravures de sa main), on ne trouve que deux fois la physionomie de l'hilarité. Une seule estampe de lui et une seule peinture, celle qui est au Musée de Dresde, le représentent la bouche ouverte et riante. Rembrandt était un homme habituellement sérieux, mélancolique et rêveur, et l'on peut juger à l'ensemble de ses ouvrages,
PORTRAITS. 89 que l'expression de la gaieté était, chez lui, plutôt l'étude d'un des aspects de la vie que la manifestation de son propre cœur.
2] 9. Rembrandt à la bouche ouverte.
Ce buste de jeune homme , ressemblant à Rembrandt , est dirigé vers la gauche de t'estampe. Sa tête, vue presque de face, est éclairée par la droite. Ses cheveux sont frisés et hérissés vers le haut; sa bouche ouverte et sa lèvre inférieure saillante es[)riment la douleur et la plainte. Il porte une robe ouverte par le haut; le fond est tout clair, à l'exception du bas de la gauche, où il y a quelques hachures. On Ht au haut du même côté : Rt. i63o. Plus les bords de la planche sont raboteux et marqués, plus l'épreuve est belle.
Cette estampe n'est pas commune ; on en connaît deux états :
Premier état. Très-rare. La planche est plus grande; elle mesure 84 millimètres de haut sur 72 de large.
Second état. La planche est rognée à la gauche et au bas; elle est aussi un peu plus travaillée et réduite aux dimensions ci-dessous :
Hauteur, 0,072; largeur, 0,061.
DARTSCII, l3. CLAUSSi:^, i3. wii.so.\. i3. •
Ce portrait^ fort bien gravé, ne rappelle que de loin la physionomie bien connue de Rembrandt. Si Bartsch, Claussin et Wilson l'ont placé dans la classe des portraits personnels du maître, c'est qu'ils n'ont pas remarqué la ressemblance de cette tête avec celle du Gueux assis sur une motte de terre. Avant de peindre ce gueux, dont l'expression est si vive, si criante, Rembrandt en avait étudié séparément la tête, et en plus grand, pour mieux s'assurer de tous les traits qui devaient peindre le gémissement et la douleur. Une fois ces traits bien saisis, il les a reproduits fort à propos dans la figure d'un mendiant qui implore l'aumône sur les chemins.