Vieille au capuchon
{Vieille avec voitc noir.)
Une vieille femme en buste, gravée i^ grosses tailles et d'an ton dur. Sa tête est vue de trois quarts, éclairée par la ganciie et dirigée vers la droite. Sa coiffure est recouverte d'un capuchon noir qui lui tombe sur les épaules; sa robe est ouverte par devant et doublée de fourrure. Sous le menton pend comme une guimpe de religieuse. Le fond est clair, à l'exception d'une petite partie ombrée à la hauteur de l'épaule gauche de la vieiiie et contre le menton. Dans le coin supérieur de la gauche on lit : Rl. i G3 i .
Cette estampe est rare; il y en a quatre étais.
Premier état. On peut le regarder comme unique; on ne le connaît que par la meniion qui en est faite au n" 437 du catalogue de Marcus. Il est dit dans ce catalogue que Iccapuchon n'est que faiblement ébauché, ainsi que la tète et le buste ; que la fourrure et les plis de la robe n'y sont pas encore exprimés,
Nous ne savons qui possède cette épreuve, maïs elle n'existe ni au Musée d'Amsterdam, ni au British Muséum, m au Cabinet des estampes de Paris.
Deuxième état, extrêmement rare. Le capuchon, peu chargé de tailles, n'est ombré qu'en demi-teinte. L'épaule ne présente de doubles tailles qu'au milieu de l'ombre.
Troisième état, rare. Le capuchon est comme dans la première épreuve; mais des contre-tailles sont ajoutées i i'ornbre de l'épaule.
Quatrième état. Le capuchon, couvert de tailles et de contre-lailles, est entiiircment noir; on n'y voit plus une échancrure assez prononcée qui, dans les états antérieurs, se trouvait près du bord gauche de la planche. L'ombre de l'épaule gauche a été fortifiée par une troisième taille verticale. L'épaule et la fourrure ont été reprises. Le sourcil au-dessus de l'œil droit a été également retravaillé, ainsi que le nez. Tous ces travaux additionnels, durs et lourds, paraissent faits d'une main étrangère.
Hauteur, o,o58; largeur, 0,054.
B.\iiïscn, 35 5. ci.AUSsiN, 345.\viLSON, 34g.
Il en est de cette estampe comme de beaucoup d'autres qui, après avoir été légèrement gravées par Rembrandt, ont été grossièrement
PORTRAITS. ,25 retouchées après sa mort au profit des marchands qui en possédaient les cuivres. Telle planche qui avait peu tiré, mais qui était charmante dans ses rares épreuves, a été rentrée d'un burin pesant, et dès lors elle a pu résister à un tirage considérable. C'est ce qui explique pourquoi il y a en général tant de différence entre la rareté des premiers états et le nombre des épreuves tirées des troisièmes et des quatrièmes. Aussi peut-on dire qu'il est impossible de bien connaître Rembrandt comme peintre-graveur, si l'on n'a vu les grandes collections dans lesquelles on trouve ses estampes telles qu'il les a gravées de sa main, ou bien avec des retouches qui sentent encore la volonté et le talent supérieur du maître. Il y a aujourd'hui , dans le courant de la circulation, quantité d'eaux-fortes de Rembrandt qui originairement furent de lui, sans aucun doute, mais qui n'en sont presque plus aujourd'hui, tant elles ont été défigurées par les possesseurs du cuivre ou par les artistes médiocres qu'ils ont employés.