‹ L'œuvre de Richard Wagner à Paris et ses interprètesChapitre 20 sur 23 · PI. XX · texte numérisé non relu

PI. XX

représentations, on doit une mention particulière au ténor Verdier, d'une grande variété d'expression, avec beaucoup de liberté, d'adresse, dans Siegfried, à André Gresse, solidement farouche dans Hagen, à Roselly, qui fut le meilleur Gunther. Quant au personnage de Brunnhilde, il a bénéficié d'au moins trois évocations aussi intéressantes que diverses : Félia Litvinne a épanoui de nouveau la vivante ampleur de sa voix, l'ardeur de sa conviction. Marcelle Demougeot a déployé une vaillance infatigable, et c'est peut-être le rôle qui a été le plus à son avantage, qui lui a fait le plus d'honneur; Lucienne Bréval a donné au personnage ce grand caractère, cette beauté souveraine qui déjà avaient tellement exalté ici la Valkyrie encore déesse.

Tous ces interprètes concoururent, tantôt dans un rôle, tantôt dans un autre, à l'attrait des représentations cycliques de rAnneau du Mbelung, dont la direction de l'Opéra tint à honneur de donner un aperçu en Mil I. liMi .d MM;}. On n'adressera à celle-ci qu'un reproche, dans la réalisation de ce beau dessein : c'est qu'elle ait cru devoir convier à les diriger des Kapellmeister allemands. Certes, nous avions plus d'une fois applaudi Weingartner et Nikisch, mais dans des concerts indépendants et dont ils étaient en quelque sorte responsables. Xotre première scène nationale n'avait aucune raison de faire appel à d'autres musiciens que ceux mêmes qui lui appartiennent. En s'effaçant ainsi. M. Messager semblait jeter un discrédit sur sa propre direction et sur celle de M. Henri Rabaud, qui le suppléait

avec une autorité si personnelle et si musicale. Et lorchestre, heureusement, n'en était ni moins bon ni meilleur pour cela.

L'interprétation fut extrêmement variée, mais généralement bonne. L'unité d'évocation des personnages essentiels du drame est pourtant toujours souhaitable, et il n'eût pas été impossible de la réaliser plus complètement. Ces représentations eussent acquis un attrait particulier s'il n'avait été exceptionnel, par exemple, de voir Delmas incarner Wotan, chaque fois, dans se« trois épisodes successifs, et Duclos Alberich; plus encore, en IIM:], que Brunnliildt', ait paru également trois fois sous le même aspect, celui de Eélia Litvinne, et Siegfried deux fois, sous celui de Dalmorès....

En somme, il n'y eut ainsi que quatre représentations de la tétralogie, hors série : deux en 1911, dirigées, la première par Weingartner, la seconde par Nikisch ; une en 1912, dirigée par Weingartner; une encore en 1913, mais pour laquelle, enfin, M. Messager reprit sa place au pupitre.

Le Crépuscule des Dieux, pour sa part, a obtenu en tout, à l'Opéra, 39 soirées, en six ans, dont 21 dans sa première course. 11 en avait eu \\ au (-hàtoau-d'eau.

Page 1